( 28 septembre, 1895 )

Louis PASTEUR -Décédé

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Louis PASTEUR

Biologiste, Chimiste, Microbiologiste et Scientifique (Francais)
Né le 27 décembre 1822
Décédé le 28 septembre 1895 (à l’âge de 72 ans)
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Pasteur a obéi toute sa vie à l’idéal le plus pur, à un idéal supérieur de science. L’avenir le rangera dans la radieuse lignée des apôtres du bien et de la vérité.  » C’est avec ces mots que Poincaré accompagne la dépouille mortelle de Louis Pasteur, en ce 5 octobre 1895. La France pleure alors un de ses plus grands scientifiques. Né le 27 décembre 1822, Louis Pasteur fréquente l’école puis le collège d’Arbois. Elève doué, il s’installe en octobre 1838 dans une pension du Quartier Latin qui prépare à l’entrée à l’Ecole Normale. Mais le jeune homme supporte difficilement cette nouvelle vie et rentre à Arbois pour y finir sa rhétorique et poursuivre ses études au collège royal de Besançon. Il est bachelier ès lettres en 1840 puis passe l’option qui lui permet d’obtenir le baccalauréat ès mathématiques deux ans plus tard. Conforté par ses réussites scolaires, Pasteur s’installe de nouveau à Paris et est reçu quatrième au concours de l’Ecole Normale Supérieure en 1843.

Il passe alors ses dimanche après-midi avec le préparateur du célèbre chimiste Jean-Baptiste Dumas. Il y acquiert de nombreuses connaissances tant en chimie qu’en physique et en cristallographie. Il soutiendra d’ailleurs deux thèses en 1847, l’une en chimie et l’autre en physique. Ses recherches se portent alors sur la polarisation de la lumière par les cristaux. Il découvre que certains cristaux de structures identiques ne dévient pas la lumière de la même façon. Certains la dévient vers la droite, d’autres vers la gauche. Pasteur vient de mettre en évidence l’isomérie.

Après avoir enseigné à Dijon puis à Strasbourg, Pasteur est nommé professeur et doyen de la nouvelle faculté des sciences de Lille. Il y établit de nombreuses relations avec l’industrie et fait une découverte capitale : les levures sont des êtres vivants à part entière responsables de la fermentation et non des sous-produits de celle-ci, comme de nombreux chimistes le croient. En octobre 1857, Pasteur devient administrateur de l’Ecole Normale Supérieure et directeur des études scientifiques.

Il demande alors la mise à sa disposition d’une partie du grenier de l’école afin d’y installer son propre laboratoire et de pouvoir multiplier les conditions d’expériences. Il y poursuit ses études sur la fermentation pendant trois ans et écrit un opuscule sur les causes de la fermentation butyrique. Mais depuis 1858, Pasteur est en bute aux partisans de la génération spontanée et plus particulièrement à Félix Archimède Pouchet. Ce naturaliste rouennais communique une note à l’Académie des Sciences en décembre 1858 sur des proto-organismes nés spontanément dans l’air. Pasteur lui réplique aussitôt qu’il a tort. Pendant six ans les expériences dans les caves, sur les sommets des montagnes et les glaciers, les conférences et les articles se succèdent. Chaque partie refuse d’admettre les arguments de l’autre. Mais le 7 avril 1864, Pasteur donne une conférence à la Sorbonne. Ses expériences conquièrent le public, la commission d’experts et les médias. Pouchet est vaincu et avec lui la thèse de la génération spontanée.

Pourtant, si Pasteur remporte de franc succès sur le terrain scientifique, il n’en va pas de même dans ses fonctions à l’Ecole Normale. Taxé d’autoritarisme, il se heurte à de nombreuses contestations et son poste est finalement supprimé. Il peut alors s’investir entièrement dans ses recherches. A partir de juin 1865, Pasteur passe quatre ans à Alès pour y étudier la maladie qui décime les élevages de vers à soie. Ses observations lui permettront d’identifier les papillons malades et ainsi de détruire leurs œufs avant que tout l’élevage ne soit infesté.

Après l’abdication de Napoléon III et la guerre contre la Prusse, Pasteur, fervent napoléonien, ne reprend que lentement ses recherches. Il entame une série d’études sur la bière et ses problèmes de fermentation.En 1875, après cinq ans d’expériences, il publie les Etudes sur la bière et les conseils aux brasseurs. L’année suivante, Pasteur est candidat aux élections sénatoriales. Mais son programme, basé sur la défense de l’enseignement supérieur et de la recherche, ne satisfait pas les électeurs et il est battu. Ce revers n’entame pourtant pas son enthousiasme et les deux années suivantes se révèlent fastes.

En Angleterre, un médecin voit apparaître des micro-organismes dans un flacon d’urine bouillie et protégée de l’atmosphère. Ces problèmes de contamination seront rapidement réglés par l’équipe de Pasteur qui met au point le filtre Chamberland (un filtre en porcelaine qui retient les germes de l’eau), l’autoclave et le flambage des vases. En Allemagne, Robert Koch prouve par ses expériences qu’un type donné de microbe provoque un certain type de maladie. La découverte du staphylocoque par Pasteur suivra. Pendant six ans, le Français et l’Allemand étudient les maladies et leurs microbes. Les techniques permettant la culture pure des micro-organismes se perfectionnent. Koch développe la culture sur des milieux artificiels, technique dont la maîtrise échappe encore à Pasteur. Ce dernier s’intéresse donc plus aux maladies qu’il peut cultiver sur des organes : charbon des moutons, choléra des poules, rage des chiens.

En été 1879, Pasteur et ses collaborateurs, Roux et Duclaux, découvrent que les cultures vieillies du microbe du choléra injectées aux poules ne déclenchent pas la maladie. De plus, elles résistent à de nouvelles infections. Par ailleurs, Chamberland et Roux testent les effets de la chaleur sur la virulence des microbes du charbon et la durée de cet effet. Leurs résultats sont particulièrement probants et une démonstration est organisée. Le 5 mai 1881, un troupeau de moutons est vacciné. Le 2 juin, les résultats sont là : un véritable succès.

Pasteur a débuté ses recherches sur la rage en 1880, à la mort d’un enfant à l’hôpital Sainte-Eugénie. Mais alors que l’étude de la virulence de la maladie avance, l’agent pathogène lui échappe encore. Il semble pourtant que la moelle infectée et desséchée protège de la maladie. Le 6 juin 1885, Pasteur reçoit la visite de Marie-Angélique Meister dont le fils Joseph a été mordu par un chien soupçonné de porter la rage.

Il commence les injections et trois mois plus tard, l’enfant sauvé, Pasteur présente ses travaux à l’Académie des Sciences qui lui offre un accueil enthousiaste. Le 1er mars 1886, sur 350 personnes vaccinées, une seule est décédée. L’Académie propose alors de créer un établissement destiné à traiter la rage après morsure. L’Institut Pasteur naît en 1888. Outil de recherche, de formation et de soins, l’établissement s’exporte rapidement en Australie et au Viêt-nam. Pasteur restera à la tête de l’Institut jusqu’à sa mort, le 28 septembre 1895

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( 25 décembre, 1893 )

Victor Schoelcher -Décédé

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Victor Schoelcher -Décédé

Victor Schoelcher

Victor Schoelcher est un homme d’État français, né à Paris le 22 juillet 1804 et mort à Houilles le 25 décembre 1893. Il est connu pour avoir impulsé l’abolition définitive de l’esclavage en France, via le décret signé par Lamartine le 27 avril 1848.

Biographie 
Enfance
Victor Schoelcher naît le 22 juillet 1804 à Paris dans une famille bourgeoise originaire de Fessenheim en Alsace. Son père est propriétaire d’une manufacture de porcelaine.

Il fait de courtes études au lycée Condorcet, côtoyant les milieux littéraires et artistiques parisiens, faisant connaissance avec George Sand, Hector Berlioz et Franz Liszt.

Son père l’envoie au Mexique, aux États-Unis et à Cuba en 1828-1830 en tant que représentant commercial de l’entreprise familiale. Lorsqu’il est à Cuba, il y est révolté par l’esclavage.

L’engagement
De retour en France, il devient journaliste et critique artistique, publiant des articles, des ouvrages, multipliant ses déplacements d’information. Il adhère à la franc-maçonnerie, à la loge « Les Amis de la Vérité » puis à « La Clémente Amitié ». En 1847 il rédige, pour le compte de la « Société pour l’abolition de l’esclavage » fondée en 1834, la “Pétition pour l’abolition complète et immédiate de l’esclavage” adressée à MM. les membres de la Chambre des pairs et de la Chambre des députés. Il revendra rapidement la manufacture dont il hérite en 1832 à la mort de son père pour se consacrer à sa carrière politique.

Le discours abolitionniste de Schoelcher évolue au cours de sa vie. En effet, au début de son engagement, il s’oppose à l’abolition immédiate de l’esclavage. En 1830, dans un article de la Revue de Paris, « Des Noirs », il demande ouvertement de laisser du temps aux choses. Cette vision de l’abolition se retrouve en 1833, dans son premier grand ouvrage sur les colonies : De l’esclavage des Noirs et de la législation coloniale. Pour lui, il serait dangereux de rendre instantanément la liberté aux noirs, parce que les esclaves ne sont pas préparés à la recevoir. Il souhaite même le maintien de la peine du fouet, sans laquelle les maîtres ne pourraient plus travailler dans les plantations. Il faut attendre un nouveau voyage dans les colonies pour qu’il se tourne vers une abolition immédiate.

Nommé sous-secrétaire d’État à la Marine et aux colonies dans le gouvernement provisoire de 1848 par le ministre François Arago, il contribue à faire adopter le décret sur l’abolition de l’esclavage dans les Colonies. Le décret signé par tous les membres du gouvernement paraît au Moniteur le 5 mars.

De 1848 à 1850, il siège à gauche comme député de la Martinique et de la Guadeloupe.

Article détaillé : Décret d’abolition de l’esclavage du 27 avril 1848.L’esclavage avait déjà été aboli en France à l’initiative de l’Abbé Henri Grégoire, pendant la Révolution française (4 février 1794, 16 pluviôse an II), puis rétabli par Napoléon Ier par la loi du 20 mai 1802. Victor Schoelcher, nommé par Lamartine président de la commission d’abolition de l’esclavage, il est l’initiateur du décret du 27 avril 1848 abolissant définitivement l’esclavage en France.

Lors du coup d’État du 2 décembre 1851, il fut un des députés présents aux côtés de Jean-Baptiste Baudin sur la barricade où celui-ci sera tué. Républicain, défenseur des droits de la femme, adversaire de la peine de mort, il est proscrit durant le Second Empire par le coup d’État de Louis Napoléon Bonaparte. Il s’exile en Angleterre où il rencontre fréquemment son ami Victor Hugo ; il y devient un spécialiste de l’œuvre du compositeur Georg Friedrich Haendel, rassemble une collection très importante de ses manuscrits et partitions et rédige une de ses premières biographies, mais celle-ci n’est éditée que dans sa traduction anglaise. En 1870, il revient en France suite à la défaite de Sedan. Après l’abdication de Napoléon III, il est réélu gràce aux réseaux maçonniques des Antilles député de la Martinique à l’Assemblée nationale (1871). Le 16 décembre 1875, il est élu sénateur inamovible.

En 1877, Victor Schoelcher dépose une proposition de loi pour interdire la bastonnade dans les bagnes. La commission d’initiatives refuse la proposition, mais les peines corporelles seront abolies en 1880. Sous la Troisième République, le gouvernement Ferry promulgua la loi du 30 juillet 1881, dite de « réparation nationale », qui allouait une pension ou rente viagère aux citoyens français victimes du coup d’Etat du 2 décembre 1851 et de la loi de sûreté générale. La Commission générale chargée d’examiner les dossiers, présidée par le Ministre de l’Intérieur, était composée de représentants du ministère, de conseillers d’État, et comprenait huit parlementaires, tous d’anciennes victimes : quatre sénateurs (Victor Hugo, Jean-Baptiste Massé, Elzéar Pin, Victor Schœlcher) et quatre députés (Louis Greppo, Noël Madier de Montjau, Martin Nadaud et Alexandre Dethou). En 1884 et 1885 il tente de s’opposer, sans succès, à l’institution de la relégation des forçats récidivistes en Guyane.

La fin de sa vie 
À la fin de sa vie, comme il ne s’était jamais marié et qu’il n’avait pas eu d’enfant, il décida de donner tout ce qu’il possédait. Victor Schoelcher est mort le 25 décembre 1893 à l’âge de 89 ans dans sa maison au 24 rue d’Argenteuil, devenue depuis l’avenue Schoelcher, à Houilles dans les Yvelines. Enterré à Paris au cimetière du Père-Lachaise, ses cendres furent transférées par décision de l’Assemblée nationale et du Président du Conseil de la République, Gaston Monnerville au Panthéon le 20 mai 1949 en même temps que celles du Guyanais Félix Éboué (premier noir à y être inhumé).

Postérité

En hommage à son combat contre l’esclavage, la commune de Case-Navire (Martinique) prit le nom de Schœlcher en 1888.

En 1952, un billet de 5 000 francs à l’effigie de Victor Schoelcher est mis en circulation en Martinique.

La commune de Fessenheim a fait de la maison de la famille Schoelcher un musée qui porte son nom.

le 21 juillet : jour de Victor Schoelcher (commémoration de la naissance, le 22 juillet 1804 du député qui fut à l’origine de l’abolition de l’esclavage), en Guadeloupe et Martinique,
10 mai : Journée annuelle de la mémoire de l’esclavage, commémoration de la reconnaissance par le Parlement français de l’esclavage comme crime contre l’humanité ; elle s’ajoute à celles de l’abolition de l’esclavage dans les régions d’outremer
Œuvres
1830 : « Des Noirs », Revue de Paris, tome XX, 1830, pp. 71-83.
1833 : De l’esclavage des Noirs et de la législation coloniale 1833.
1840 : Abolition de l’esclavage. Examen critique du préjugé contre la couleur des africains et des sang-mélés, 1840
1842 : Des colonies françaises. Abolition immédiate de l’esclavage.- Publié par Pagnerre, 1842.- Exemplaire Université de Harvard.- Copie numérisée le 13 déc 2005.- Consulté le 11 avril 2009.
1843 : Colonies étrangères et Haïti. Résultats de l’émancipation anglaise : Colonies Danoises — Haïti — Du droit de visite — Coup d’œil sur l’état de la question d’affranchissement.- Tome second. Publié par Pagnerre, 1843.- Exemplaire la New York Public Library. Copie numérisée le 19 déc 2007.- Consulté le 12 avril 2009.
De la pétition des ouvriers pour l’abolition immédiate de l’esclavage. 1844
1847 : Histoire de l’esclavage pendant les deux dernières années.- Publié par Pagnerre, 1847.- Exemplaire de la Bibliothèque cantonale et universitaire de Lausanne, Copie numérisé le 7 fév 2008. Consulté le 11 avril 2009.
1857 : Life of Haendel, Londres : Trübner (traduction de son manuscrit français par James Lowe)
1874 : Le Deux décembre, les massacres dans Paris, Paris : Librairie de la Bibliothèque démocratique, 1874
Voir aussi
Bibliographie 
Alexandre-Debray, Janine, Victor Schoelcher ou La mystique d’un athée, Perrin, 2006
Anne Girollet, Victor Schoelcher, abolitionniste et républicain : approche juridique et politique de l’œuvre d’un fondateur de la République, Éditions Karthala, 2000 www.girollet.com
Anne Girollet, Victor Schoelcher, républicain et Franc-Maçon, Paris, Éditions maçonniques de France, collection « Encyclopédie maçonnique », 2000 www.girollet.com
Schmidt Nelly, Victor Schoelcher et l’abolition de l’esclavage, Fayard, Paris, 1994
Federini Fabienne, L’abolition de l’esclavage 1848 : une lecture de Victor Schoelcher, L’Harmattan, Paris, 1998
Rodolphe Robo, L’ Abolition de l’esclavage, la République et Victor Schoelcher, Cayenne, 1983
1995 : La correspondance de Victor Schoelcher. Présentée par Nelly Schmidt, Paris : Maisonneuve et Larose, 1995
1998 : Des colonies françaises. Abolition immédiate de l’esclavage, (1842).- Nouvelle édition, les Éditions du CTHS, 1998
Liens externes 
Victor Schoelcher sur Commons
Dossier « Victor Schoelcher, sénateur philanthrope » sur le site du Sénat
Les tombeaux de Victor Schoelcher
Bicentenaire de la naissance de Victor Schoelcher
Transfert de Victor Schoelcher au Panthéon

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( 16 avril, 1879 )

Bernadette SOUBIROU-Décédé

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 Bernadette SOUBIROU-Décédé

Bernadette SOUBIROUS
Biographie de Bernadette SOUBIROUS :

Bernadette Soubirous (Bernadeta Sobirons en Gascon), de son vrai nom Marie-Bernarde Soubiroux (Maria Bernada Sobeirons), née le 7 janvier 1844 à Lourdes, et décédée le 16 avril 1879 à Nevers, est une sainte catholique, célèbre pour avoir vu des apparitions de la Vierge dans une grotte de sa ville natale.
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Ses parents, François Soubirous (1807-1871) et Louise Castérot (1825-1866), exploitent le moulin de Boly, où elle est née, jusqu’en 1854. Les Soubirous qui avaient, dit-on, fait un mariage d’amour, ont eu au total neuf enfants dont cinq sont morts en bas-âge. Bernadette est l’aînée. À cette date, l’entreprise familiale est ruinée (trop artisanale pour cette époque d’industrialisation, et sans doute mal gérée). Bernadette connaît la faim et la maladie, elle sait à peine lire et écrire. De santé fragile (elle est notamment asthmatique), elle paraît moins que son âge. Elle est par ailleurs belle fille, selon les témoignages de l’époque et comme en attestent les photographies qui ont été prises d’elle. Son sentiment religieux est déjà très fort même si elle ignore à peu près tout du catéchisme (« [...] si la Sainte Vierge m’a choisie, c’est parce que j’étais la plus ignorante ! » dira-t-elle plus tard).

Les parents de Bernadette l’envoient chez sa marraine et tante, Bernarde Castérot (1823-1907), qui l’emploie comme servante à la maison et au comptoir de son cabaret.

Les Soubirous déménagent pour une cellule de l’ancienne prison de la rue Haute, surnommée Le cachot (que l’on peut visiter actuellement) et où ils logent à six dans 3,77 x 4,40 m. En 1857, François Soubirous est accusé (apparemment à tort) du vol de deux sacs de farine. Il est envoyé en prison. La famille Soubirous est dans une période de détresse noire.

Bernadette témoigne d’apparitions de la Vierge à partir de 1858. Lors de sa neuvième apparition, elle suit les indications de la Vierge et découvre une source d’eau au pied de la grotte de Massabielle, à Lourdes. Entre le 11 février et le 16 juillet 1858, la Vierge lui apparaît dix-huit fois.

Apparitions :

1. Jeudi 11 février 1858. Avec sa sœur Marie (1846-1892), dite Toinette, et Jeanne Abadie, une amie, Bernadette se rend le long du Gave pour ramasser des os et du bois mort. Du fait de sa santé précaire, elle hésite à traverser le Gave, gelée, comme sa sœur et son amie. Elle est alors surprise par un bruit et lève la tête vers la grotte de Massabielle : « J’aperçus une dame vêtue de blanc : elle portait une robe blanche, un voile blanc également, une ceinture bleue et une rose jaune sur chaque pied ». Bernadette récite une prière, la dame disparaît.

2. Dimanche 14 février 1858. Ses parents interdisent à Bernadette de retourner à la grotte. Elle insiste, ils cèdent. Sur place, elle récite des chapelets et voit apparaître la dame. Elle lui jette de l’eau bénite. La dame sourit, incline la tête et disparaît.

3. Jeudi 18 février 1858. Bernadette, sous la pression d’une dame de la bourgeoisie lourdaise, demande à la dame de lui écrire son nom. Celle-ci lui répond : « Ce n’est pas nécessaire ». Puis elle ajoute « Je ne vous promets pas de vous rendre heureuse en ce monde mais dans l’autre. Voulez-vous avoir la grâce de venir ici pendant quinze jours ? »

4. Vendredi 19 février 1858. Bernadette vient à la Grotte avec un cierge béni et allumé (ce qui est devenu, depuis, une coutume). La dame apparaît brièvement.

5. Samedi 20 février 1858. La dame apprend une prière personnelle à Bernadette qui, à la fin de sa vision, est saisie d’une grande tristesse.

6. Dimanche 21 février 1858. Une centaine de personnes accompagnent Bernadette. La dame se présente (à Bernadette seule) et le commissaire de police Jacomet l’interroge sur ce qu’elle a vu. Bernadette se contente de répéter : « aquerò » (cela)

7. Mardi 23 février 1858. Accompagnée de cent cinquante personnes, Bernadette se rend à la grotte où l’apparition lui révèle un secret « rien que pour elle ».

8. Mercredi 24 février 1858. La dame transmet un message à Bernadette : « Pénitence ! Pénitence ! Pénitence ! Priez Dieu pour les pécheurs ! Allez baiser la terre en pénitence pour les pécheurs ! »

9. Jeudi 25 février 1858. Trois cents personnes sont présentes. Bernadette explique que la dame lui demande de boire à la source : « Allez boire à la fontaine et vous y laver. Vous mangerez de cette herbe qui est là. ». Bernadette racontera plus tard : « Je ne trouvai qu’un peu d’eau vaseuse. Au quatrième essai je pus boire. ». La foule l’accuse d’être folle et elle répond : « C’est pour les pécheurs ».

10. Samedi 27 février 1858. Huit cents personnes accompagnent Bernadette. L’Apparition reste silencieuse, Bernadette boit l’eau.

11. Dimanche 28 février 1858. Deux mille personnes assistent à l’extase de Bernadette qui prie, baise la terre, rampe sur les genoux. Le juge Ribes la menace de prison.

12. Lundi 1er mars 1858. Mille cinq cents personnes accompagnent Bernadette, dont, pour la première fois, un prêtre. La même nuit, Catherine Latapie, une amie de Bernadette, se rend à la Grotte et trempe son bras déboîté dans l’eau de la source : son bras et sa main retrouvent toute leur souplesse.

13. Mardi 2 mars 1858. La foule est très importante. La dame demande à Bernadette : « Allez dire aux prêtres qu’on vienne ici en procession et qu’on y bâtisse une chapelle ». L’abbé Peyramale, curé de Lourdes veut connaître le nom de la dame et exige en sus une preuve précise : il veut voir fleurir le rosier/églantier de la Grotte en plein hiver.

14. Mercredi 3 mars 1858. Trois mille personnes accompagnent Bernadette. La vision ne vient pas. Plus tard, Bernadette se sent appelée et retourne à la grotte où elle demande son nom à la Dame qui lui répond par un sourire. Le curé Peyramale insiste : « Si la Dame désire vraiment une chapelle, qu’elle dise son nom et qu’elle fasse fleurir le rosier de la Grotte »

15. Jeudi 4 mars 1858. Environ huit mille personnes attendent un miracle à la grotte. La vision est silencieuse. Pendant vingt jours, Bernadette ne ressent plus l’invitation à se rendre à la grotte.

16. Jeudi 25 mars 1858. L’apparition se montre à Bernadette et dit en Gascon bigourdan — la langue que parlait Bernadette —, levant les yeux au ciel et joignant ses mains : « Que soy era immaculada councepciou ». Bernadette retient ces mots, qu’elle ne comprend pas, et court les dire au curé, qui est troublé : quatre ans plus tôt, le pape Pie IX a fait de l’ »Immaculée Conception de Marie » un dogme et Bernadette dit ignorer qu’elle désigne la Vierge. Le rosier n’a toujours pas fleuri.

17. Mercredi 7 avril 1858. Le docteur Douzous constate que la flamme du cierge que tient Bernadette pendant l’apparition entoure sa main sans la brûler.

18. Jeudi 16 juillet 1858. C’est la dernière apparition. Une palissade interdit l’accès à la grotte. Bernadette franchit le Gave et voit la vierge exactement comme si elle se trouvait devant la grotte.

Le 28 juillet 1858, soit douze jours seulement après la dernière apparition, Mgr Laurence, évêque de Tarbes, réunit une commission d’enquête destinée à établir le crédit que l’Église doit apporter aux affirmations de Bernadette Soubirous. Cette commission est chargée de vérifier la validité des « miracles » annoncés, en recueillant des témoignages divers et les avis de scientifiques ou de gens d’Église. Elle est aussi chargée d’interroger Bernadette dont la sincérité semblera « incontestable » (dixit) à l’évêque : « Qui n’admire, en l’approchant, la simplicité, la candeur, la modestie de cette enfant ? Elle ne parle que quand on l’interroge ; alors elle raconte tout sans affectation, avec une ingénuité touchante, et, aux nombreuses questions qu’on lui adresse, elle fait, sans hésiter, des réponses nettes, précises, pleines d’à propos, empreintes d’une forte conviction ». Le fait que la jeune fille répète des mots dits par la Vierge qu’elle ne pouvait (pense-t-on alors) pas connaître eu égard à son manque d’instruction, sera un argument décisif.

Entre-temps, la foule des pèlerins venant voir la grotte et y demander de l’aide à Marie ne cesse de croître, il vient des gens de toute l’Europe et de nouveaux témoignages de miracles s’accumulent. « Si l’on doit juger l’arbre par ses fruits, nous pouvons dire que l’apparition racontée par la jeune fille est surnaturelle et divine ; car elle a produit des effets surnaturels et divins »

Quatre ans plus tard, le 18 janvier 1862, l’évêque rend son avis — favorable : « Nous jugeons que l’Immaculée Marie, Mère de Dieu, a réellement apparu à Bernadette Soubirous, le 11 février 1858 et les jours suivants, au nombre de dix-huit fois, dans la grotte de Massabielle, près de la ville de Lourdes ; que cette apparition revêt tous les caractères de la vérité, et que les fidèles sont fondés à la croire certaine. Nous soumettons humblement notre jugement au Jugement du Souverain Pontife, qui est chargé de gouverner l’Église universelle ».

C’est ainsi que Lourdes, modeste chef-lieu des Pyrénées, soigneusement évité par le tourisme thermal alors en pleine explosion — son eau n’avait pas les propriétés curatives attribuées à celles de Luchon, Cauterets ou Bagnères-de-Bigorre — est vite devenue la ville touristique la plus fréquentée de la région. Un fait souvent oublié : à Garaison (aujourd’hui, Monléon-Magnoac, à 70 km de Lourdes), une jeune fille nommée Anglèze de Sagasan avait affirmé avoir entendu la vierge lui demander de construire une chapelle près de la source. Cela se passait vers 1520. La chapelle a bien été construite et la ville a été un lieu de dévotion et de tourisme religieux aux siècles suivants.

Bernadette souhaitait faire sa communion et pour cela, elle devait apprendre à lire et à écrire en Français. Elle est donc admise à « l’école des indigents », à l’hospice de Lourdes, tenu depuis 1836 par les Sœurs de la Charité de Nevers. Là, elle s’instruit, apprend à lire et apprend le catéchisme et un métier. Les observateurs de l’époque notent que son recueillement en prière est impressionnant, mais qu’elle est aussi gaie, enjouée, espiègle et plutôt autoritaire avec ses compagnes — qui l’apprécient néanmoins beaucoup. Après réflexion elle choisit la congrégation des Sœurs de la charité de Nevers pour vivre son désir de vie religieuse. La Maison-Mère de la congrégation est à Nevers. Avec ses supérieures, elle est d’une obéissance à toute épreuve, comme en témoigne une anecdote : on avait interdit à Bernadette de retourner à la grotte et on lui demanda : « Si la Vierge t’ordonnait d’y aller, que ferais-tu ? ». Bernadette répondit : « Je reviendrais demander la permission à Monsieur le Curé ».

À l’extérieur, on commence à rendre un inquiétant culte à la jeune bigourdane. Sa photo s’achète, les journaux parlent d’elle, on veut la voir. Le plus sage est de l’éloigner de Lourdes. Certaines personnes, comme l’essayiste britannique Ruth Harris (Lourdes. La grande histoire des apparitions, des pèlerinages et des guérisons, Jean-Claude Lattès, 2001), n’hésitent pas à affirmer que Bernadette devait, en quelque sorte « disparaître » de son vivant afin que l’Église puisse maîtriser totalement la capitalisation des miracles lourdais.

Pour une jeune fille sans dot, la vie de sœur était difficilement envisageable, mais Bernadette est désormais célèbre et divers couvents sont prêts à l’accueillir.

Elle quitte donc les Pyrénées qu’elle ne reverra jamais. Elle rejoint le 7 juillet 1866, la congrégation des Sœurs de la Charité à Nevers. Elle y reste treize années pendant lesquelles elle sera traitée sans égards spéciaux. Elle occupe les postes d’aide-infirmière, de responsable de l’infirmerie et de sacristine. Les quatre dernières années, elle est surtout malade.

Atteinte d’une tuberculose osseuse, et souffrant de son asthme chronique contracté à l’âge de 11 ans, lors de la grande épidémie de choléra dans les Hautes-Pyrénées, elle meurt le 16 avril 1879 à Nevers à l’âge de trente-cinq ans.

Pour les besoins du procès en canonisation, son corps doit être reconnu. Son cercueil sera ouvert 3 fois et son corps retrouvé intact.

Elle repose depuis 1925 dans une châsse de verre et de bronze dans la chapelle de l’Espace Bernadette à Nevers. Lors des exhumations, son corps fut lavé et le contact avec les « détergents » avait noirci sa peau : le corps de la vénérable Bernadette est intact, le squelette complet, les muscles atrophiés mais bien conservés ; la peau parcheminée paraît seule avoir subi l’humidité du cercueil. Elle a pris une teinte grisâtre et est recouverte de quelques moisissures et d’une certaine quantité de cristaux de sels calcaires (…) (Dr Talon et Dr Comte, chargés de l’examen du corps après 1923), cités par Dominique Lormier dans Bernadette Soubirous, éd. CMD, 1999. Dans le même livre on apprend que quelques années plus tard, la peau de Bernadette a noirci. Le visage de Bernadette et ses mains ont donc été recouverts d’un très fin masque de cire pour la présentation publique.

Bernadette Soubirous a été béatifiée le 14 juin 1925 puis canonisée le 8 décembre 1933.

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( 17 décembre, 1869 )

Raspoutine-Décédé

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Raspoutine-Décédé

Guérisseur (Russe)
Né le 10 janvier 1869
Décédé le 17 décembre 1916 (approximativement) (à l’âge d’environ 47 ans)

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Raspoutine, surnommé « le débauché », de son vrai nom Grigori Efimovitch Raspoutine, est né le 10 janvier 1869 et mort assassiné dans la nuit du 16 au 17 décembre 1916. Originaire des confins de la Sibérie, c’est un mystique errant, un « staretz », proche de la secte des « Khlysty ». « Staretz » était un titre donné à des mystiques, laïcs ou religieux, qu’on venait consulter. Il était d’une stature moyenne mais avec une carrure imposante. Il était de nature sale et grossière, mais dégageait un magnétisme envoûtant et étrange. Il portait des cheveux et une barbe longs et hirsutes mais possédait avec ses yeux bleus clairs, très perçants, un curieux regard hypnotique qui semblait avoir le pouvoir de transpercer l’âme de ses interlocuteurs. Son père était fermier dans le village sibérien de Pokrovskoïé, du district de Tioumen, dans la province de Tobolsk, à 2 500 km à l’Est de la capitale russe Saint-Pétersbourg. Le 23 janvier 1871, un météore avait traversé le ciel au-dessus du village de Pokrovoskoïé, et ce phénomène annoncait, disait-on, la venue au monde d’un personnage exceptionnel.

La vie était rude, l’existence rustique, la vodka une boisson courante, l’instruction n’existait pas. Grigori n’apprendra les rudiments de la lecture et de l’écriture qu’au cours de ses voyages, à l’âge adulte, mais, très vite, les gens se rendent compte qu’il est « différent » car il montre un pouvoir d’apaisement, voire de guérison sur les animaux. Suite à une baignade dans une eau glacée, son frère aîné et lui sont victimes d’une pneumonie dont son frère meurt. Grigori guérit, mais traverse des périodes de dépression et de surexcitation incontrôlables. Il aide son père dans les travaux de la ferme, et conservera de cette enfance les manières frustes des paysans sibériens, les vêtements amples et peu soignés, et les mains calleuses.

Il a aussi des moments de mysticisme et va à la rencontre des moines sages, les « staretz » pour suivre leur enseignement religieux, mais il fait aussi preuve de débordement d’énergie et des pulsions diverses dont une sexualité débordante qu’il assouvit facilement. Dès l’âge de dix-huit ans, sujet à de grandes crises mystiques, il se fait appeler Raspoutine, un surnom polysémique dont l’origine demeure obscure. En 1887, à l’âge de 19 ans, il épouse une jeune paysanne du voisinage Praskovja Doubrovina, et aura avec elle cinq enfants : Mikhail et Georguij décèdent prématurément, Dimitri né en 1895, Matrona en 1898 et Varvara en 1900. Il aimait véritablement sa femme, et malgré de multiples incartades sexuelles, il reviendra toujours auprès d’elle.

n jour en 1894, alors qu’il travaillait dans les champs il eut la vision, d’une vierge lumineuse. L’ermite Makari, à qui il en parle, lui conseille alors de s’investir plus dans la religion orthodoxe, et de se rendre au Mont Athos, en Grèce, ce qui signifie un long voyage à pied de plus de 3000 km. Il décide cependant de s’y rendre, et quitte sa femme, pour un voyage qui va durer plus de dix mois, mais le Mont Athos et ses moines le décevront. Sur la route du retour il fait halte dans de nombreux monastères et c’est plus de deux ans après son départ qu’il retrouve sa femme et découvre son jeune fils Dimitri, né en 1895.

Cependant il continue à vivre des périodes de mystique et d’ermite, parcourant la Sibérie occidentale, et survivant grâce à la charité et à l’aumône, frappant aux portes des monastères et acquérant au fur et à mesure de ses pérégrinations une réputation de sage et de guérisseur, mais il dira toujours « Ce n’est pas moi qui guérit, c’est Dieu ». Il effectue de nombreux pèlerinages, particulièrement à Kazan et à Kiev, et les gens commencent à venir de toute la région pour écouter ses prêches. Le clergé orthodoxe s’inquiète de son succès, mais ne peut rien trouver à y redire. De plus en plus de fidèles viennent à ses réunions amenant des malades sur lesquels il exerce un réel talent de « guérisseur ». Sa réputation s’étend, mais en même temps il continue une vie de débauche, de buveur, de bagarreur, de séducteur, et même de voleur.

Durant toutes ces années, il entre en contact avec de multiples sectes qui fleurissaient sur le terreau de la religion orthodoxe. Il se rapproche en particulier des sectes Khlysty qui mêlent, par la danse et l’extase, érotisme et religion… ce qui convient parfaitement à sa nature. Son mysticisme devient doctrinaire et le conduit à l’élaboration d’obscures théories sur la régénération par le péché et les excès en tous genres. À l’invitation de la grande-duchesse Militza, qui l’avait rencontré à Kiev, il décide de se rendre à Saint-Pétersbourg, capitale de l’empire russe depuis Pierre le Grand. Son descendant, le tsar Nicolas II y règne depuis 1894. En cours de route, à Sarov, il assiste à la canonisation du moine Séraphim, et devant l’assistance réunie, Raspoutine entre en transe et prévoit la naissance d’un héritier mâle au trône impérial. Le 12 août 1904, naîtra le tsarévitch Alexis, malheureusement souffrant d’hémophilie.

Il arrive au printemps 1904 dans la capitale des Tsars, Saint-Pétersbourg. Son but était de rencontrer le tsar et la tsarine qui étaient trop occidentalisés à ses yeux, et il voulait les initier à la véritable âme russe. Son protecteur le vicaire de Kazan lui avait remis une lettre de recommandation destinée à l’évêque Sergui qui s’inquiétait aussi de la dangereuse crise spirituelle qui minait la Russie. Conquis par Raspoutine, l’évêque le prit sous sa protection et le présenta au patriarche Théophane, confesseur de la tsarine Alexandra Fedorovna, au père Jean de Kronstadt, et à l’évêque Hermogène de Saratov. Il furent tous stupéfiés par la ferveur religieuse de Raspoutine et par son talent de prédicateur. Ils le bénirent, le considérèrent comme un staretz, même comme un « envoyé de Dieu », et l’introduisirent auprès de la grande-duchesse Militza et de sa sœur la grande-duchesse Anastasia, filles du roi Nicolas Ier du Monténégro. Elles étaient mariées à deux frères, respectivement le grand-duc Pierre Nicolaiévitch et le grand-duc Nicolas Nicolaiévitch, cousins d’Alexandre III. Cependant Raspoutine retourna dans son village sibérien et ne reviendra à Saint-Pétersbourg qu’en 1905 au début de la tourmente révolutionnaire.

La tsarine, dont la piété était excessive et qui attirait autour d’elle de nombreux mystiques, fut séduite par la simplicité de Raspoutine, d’autant plus qu’un ancien prédicateur français, qui lui avait annoncé quelques années auparavant la naissance de son fils Alexis, lui avait aussi annoncé la venue d’un autre grand prédicateur qu’il avait nommé « Notre Ami ». Par l’intercession de la grande-duchesse Militza et de sa sœur, la grande-duchesse Anastasia, le « staretz » est présenté à la famille impériale au grand complet, le 1er novembre 1905, où il offre à chacun de ses hôtes des icônes. Le jeune tsarévitch Alexis souffrant d’hémophilie, Raspoutine demanda à être conduit au chevet du jeune malade, lui imposa les mains, et parvint à enrayer la crise et à le soulager.

Selon certains, cela s’expliquerait facilement, car la médecine de l’époque ignorait les propriétés de l’aspirine qui était donnée au jeune malade. Celle-ci est un anticoagulant et donc aggravante de l’hémophilie. Le simple fait de bousculer et jeter les « remèdes » donnés au malade (dont l’aspirine !) ne pouvait qu’améliorer son état. Le tsar et la tsarine furent séduit par les dons de guérisons de cet humble moujik qui semblait aussi avoir celui de prophétie. La tsarine Alexandra se convainquit de ce que Raspoutine était un messager de Dieu, qu’il représentait l’union du tsar, de l’Église et du peuple et, qu’il avait la capacité d’aider son fils par ses dons de guérisseur et par sa prière.

Son don de guérison permit effectivement à Raspoutine de se rendre indispensable, il prit très vite un ascendant considérable sur le couple impérial. Invité à de nombreuses réceptions mondaines, il fit la connaissance de nombreuses femmes riches. Robuste, les cheveux longs et la barbe en désordre, chaussé de ses grandes bottes vernies et enveloppé dans un vieux manteau, Raspoutine inquiète et fascine. Son regard perçant est difficile à soutenir pour ses admiratrices et beaucoup cèdent à son charme hypnotique, et le prennent pour amant et guérisseur.

L’une d’entre elles, Olga Lokhtina, épouse d’un général influent mais crédule, devint sa maîtresse, le logea chez elle et le présenta à d’autres femmes d’influence, comme Anna Vyroubova, princesse de Hesse, amie et confidente de la tsarine, et Mounia Golovina, nièce du tsar. Grâce à d’habiles mises en scène, il se produit à Saint-Pétersbourg ou au palais impérial de Tsarskoie Selo, la résidence principale des tsars, dans des séances d’exorcisme et de prières. Des récits de débauches, prétendues ou avérées, commencent alors à se multiplier et à faire scandale.

En 1907, le tsarévitch Alexis, suite à des contusions, eut des hémorragies internes que les médecins n’arrivaient pas à contrôler et qui le font énormément souffrir. Raspoutine fut appelé en désespoir de cause, et après avoir béni la famille impériale, il entre en prière. Au bout de 10 minutes, épuisé, il se relève en disant « ouvre les yeux, mon fils ». Le tsarévitch se réveille en souriant et, dès ce moment, son état s’améliore rapidement.

À partir de ce moment là, il devint familier de Tsarskoié Sélo, la résidence impériale, et fut chargé de veiller sur la santé des membres de la famille impériale, ce qui lui donnera des entrées permanentes au palais. Il sera reçu officiellement à la Cour. Cependant, malgré la pleine confiance du tsar, il se rendit vite très impopulaire auprès de la Cour et du peuple, et fut vite considéré comme leur « mauvais ange ». Il était à la fois aimé, détesté et redouté, et ne se préoccupait pas de s’assurer une fortune personnelle, le seul luxe qu’il avait, était une chemise de soie confectionnée par la tsarine Alexandra et une magnifique croix, offerte aussi par l’impératrice, et qu’il portait autour du cou.

Il continuait toujours à mener une vie dissolue, de beuveries et de débauches, et il conservait ses cheveux graisseux et sa barbe emmêlée. Raspoutine organisait des fêtes dans son appartement, le sexe et l’alcool en étaient les éléments primordiaux. Il prêchait sa doctrine de rédemption par le péché parmi ces dames et, elles étaient impatientes d’aller au lit avec lui pour mettre en pratique sa doctrine, ce qu’elles considéraient comme un honneur.

Raspoutine se heurta aussi, après la révolution de 1905 et le dimanche Rouge du 25 janvier 1905, au président du Conseil Piotr Arkadievitch Stolypine. Nommé en juillet 1906, réformateur énergique, celui-ci voulait moderniser le vieil empire russe, en permettant l’acquisition des terres par les paysans, une meilleure répartition de l’impôt et davantage de pouvoirs pour la Douma, le parlement russe. Il réussit aussi à arrêter les vagues de terrorisme, améliora le système ferroviaire, et la production de charbon et de fer prit de l’ampleur. Ce fut une telle période de grands progrès pour la Russie que le leader bolchévique en exil, Vladimir Ilitch Oulianov Lénine craignait de ne jamais pouvoir se réinstaller en Russie. Mais Stolypine ne comprenait pas l’influence de ce moujik mystique sur le couple impérial, tandis que Raspoutine reprochait au Premier ministre sa morgue de la classe des grands propriétaires terriens dont il était issu.

Lors de l’affaire des Balkans, en 1909, Raspoutine se rangea dans le parti de la paix, aux côtés de la tsarine et d’Anna Vyroubova contre le reste du clan Romanov. Raspoutine pensait que l’armée impériale était sortie affaiblie par la défaite de 1905 contre le Japon, et n’était pas prête à se lancer dans un nouveau conflit. Il ne put arrêter les évènements, mais lorsque la France et l’Angleterre, intervinrent contre la Russie, il réussit à convaincre le tsar de ne pas étendre le conflit à toute l’Europe.

Le président du Conseil Piotr Arkadievitch Stolypine fit surveiller Raspoutine par l’Okhrana, la police secrète du Tzar. Les rapports accablèrent le staretz et en 1911, Raspoutine fut écarté de la cour, et exilé à Kiev, mais lors d’une transe il prédit la mort prochaine du ministre : « La mort suit sa trace, la mort chevauche sur son dos ». Il se décida alors à partir en destination de la Terre sainte, mais revint à la Cour dès la fin de l’été.

Le 14 septembre 1911, alors que Stolypine venait d’obtenir l’abolition du servage, et que toute la Russie célébrait cette réforme historique, le Premier ministre fut assassiné par un jeune anarchiste Mordka Bogrov, à l’opéra de Kiev, en présence de toute la famille impériale, des ministres, des membres de la Douma et de Raspoutine. Cet assassinat marqua la fin des réformes sociales, alors que la situation internationale devenait instable.

Lors de l’été 1912, le tsarévitch Alexis, en déplacement en Pologne, suite à un accident, est victime d’une nouvelle hémorragie interne très importante risquant d’entraîner sa mort et il reçoit même l’extrême-onction. Raspoutine, aussitôt averti, se met en extase devant l’icône de la vierge de Kazan, puis quand il se relève, épuisé, il expédie au palais le message : « N’ayez aucune crainte. Dieu a vu vos larmes et entendu vos prières. Ne vous inquiétez plus. Le Petit ne moura pas. Ne permettez pas aux docteurs de trop l’ennuyer ». Dès la réception du télégramme, l’état de santé du tsarévitch Alexis se stabilise et dès le lendemain commence à s’améliorer, l’enflure de sa jambe se résorba, et l’hémorragie interne arrêta. Les médecins purent bientôt le déclarer hors de danger, et même les plus hostiles au « staretz » durent convenir qu’il s’était produit là quelque chose de quasiment miraculeux.

Un dessin de 1916 suggérant dénonçant l’influence de Raspoutine sur le Tsar et la TsarineDerrière le démembrement de l’Empire ottoman et la question des Balkans se mettaient en place les conditions d’une guerre mondiale. Raspoutine et ses alliés de la paix freinaient la marche de la Russie vers la guerre. Le 28 juin 1914, l’archiduc héritier du trône d’Autriche-Hongrie est assassiné à Sarajevo par un anarchiste, la guerre semble devenir inévitable, d’autant plus que le lendemain, 29 juin, Raspoutine est lui-même poignardé par une mendiante Jina Guseva, ancienne prostituée, au sortir de l’église de son village sibérien. L’enquête a montré que l’ordre était venu du moine Iliodore qui lui reprochait ses croyances Khlysty.

Après cet attentat et son rétablissement, l’importance de Raspoutine devint primordiale et son influence s’exerçait dans tous les domaines, il intervenait dans les carrières des généraux, des métropolites et même dans la nomination des ministres, mais la peur l’avait envahi. Il se mit encore plus à boire de l’alcool, et à participer à encore plus de nombreuses soirées de débauche et d’orgies dans les cabarets tsiganes. Il n’était plus le staretz ascétique que tout le monde respectait. Cependant, malgré une vie de plus en plus débauchée et son aspect de moins en moins engageant, ses conquêtes féminines furent de plus en plus nombreuses dans la haute-société.

Le 1er août l’Allemagne déclare la guerre à la Russie. Le patriotisme russe s’exalte, surtout en raison des premiers succès, et Raspoutine voit sa faveur nettement diminuer. Mais la situation militaire se détériore rapidement : hiver rigoureux, manque d’armement, d’approvisionnement, commandement indécis. Le tsar, décide de prendre la situation en mains et s’installe sur le front laissant la régence à la tsarine et à son conseiller privé Raspoutine.

Il se crée de plus en plus d’ennemis, en particulier chez les politiques, les militaires et dans le clergé orthodoxe qui, au début, l’avait pourtant bien reçu mais que son inconduite révolte. Les pires calomnies vont alors se répandre en même temps que la guerre tourne au désastre. En 1916, à la « Douma », la tsarine et Raspoutine sont ouvertement critiqués et accusés (la tsarine étant d’origine allemande) de faire le jeu de l’ennemi.

Les inimitiés du clan Romanov se cristallisèrent contre lui et une conjuration aboutit à son assassinat dans la nuit du 29 au 30 décembre 1916 (16 et 17 décembre du calendrier russe), alors qu’il était l’invité du Prince Félix Ioussoupov. Il fut empoisonné sans aucun succès (le cyanure utilisé ayant été neutralisé par le sucre des pâtisseries qui le contenaient), puis blessé de trois coups de trois pistolets différents, dont le dernier fut probablement fatal. Même si les deux premiers tireurs sont des membres du complot (Ioussoupov et Pourichkevitch), le troisième tireur, plus expérimenté que les deux autres, tira précisément au centre du front. Contrairement à la croyance populaire, la trainée de sang très droite laissée par son passage laisse entendre qu’il ne se serait même pas rendu dehors par lui-même. L’autopsie de son corps retrouvé 4 jours plus tard révéla la présence d’eau dans ses poumons; ce qui signifie qu’il respirait encore lorsqu’il fut jeté dans l’eau…

Parmi les principaux conjurés, se trouvaient le Grand-duc Dimitri Pavlovitch, cousin du tsar Nicolas II, le député d’extrême droite Pourichkevitch, l’officier Soujotine, le docteur Lazovert et le prince Félix Ioussoupov chez qui fut commis le crime, et dont il publia, en 1927 le récit détaillé mais un peu arrangé. (Voir le livre La fin de Raspoutine, par le prince Youssoupov). Il fut retrouvé le 1er janvier 1917 et inhumé le 3 janvier (22 décembre du calendrier russe) dans une chapelle en construction, près du palais de Tsarskoïe Selo, la résidence de la famille impériale.

Raspoutine avait fait une prédiction au Tsar : « Je mourrai dans des souffrances atroces. Après ma mort, mon corps n’aura point de repos. Puis tu perdras ta couronne. Toi et ton fils vous serez massacrés ainsi que toute la famille. Après le déluge terrible passera sur la Russie. Et elle tombera entre les mains du Diable. ». Le 27 février 1917, Alexandre Kerenski défia le gouvernement et le tsar : « Pour éviter la catastrophe, le tsar doit être déposé, et par des méthodes terroristes s’il n’en existe pas d’autres ». À partir du 9 mars, la foule envahit les rues, et la première fusillade se produisit au Palais Nevsky, la révolution commençait, et le 15 mars le tsar abdiqua en faveur de son frère, le grand-duc Mikhail, qui fut, durant une seule journée, le dernier tsar de la dynastie des Romanov.

Au soir du 22 mars, sur ordre du Gouvernement révolutionnaire, le corps de Raspoutine fut exhumé et brûlé, mais la légende raconte que seul le cercueil brûla: le corps de Raspoutine resta intact sous les flammes. Comme il l’avait prédit, la famille impériale ne survécut pas à son assassinat, la révolution bolchévique obligea le tsar Nicolas II à abdiquer, puis toute la famille fut massacrée dans les caves de la villa Ipatiev, à Iekaterinbourg dans la soirée du 14 juillet 1918.

Après 1917, son image a été largement utilisée par la propagande bolchevique pour symboliser la déchéance morale de l’ancien régime honni. Puis fut reprise, déformée, amplifiée, dès 1917 par la littérature puis, à partir de 1928 par le cinéma et la télévision, qui en ont fait l’exploitation à la limite du fantastique et de l’érotisme. Un pénis momifié de 30 cm qui serait le sien, est conservé et exposé au Musée de l’érotisme de Saint-Pétersbourg.

Au cours des années, Raspoutine est finalement devenu un mythe, servant de prétexte à beaucoup de dirigeants politiques russes et européens de s’exonérer de leurs propres responsabilités dans les événements tragiques survenus en Russie. Ainsi, l’ombre de Raspoutine a servi à occulter bien des trahisons et des iniquités. Le 17 juillet 1998, lors des obsèques de la famille impériale russe à Saint-Pétersbourg, le Président Boris Ieltsine a déclaré : « …Nous sommes longtemps restés silencieux sur ce crime monstrueux ; coupables sont ceux qui ont perpétré ce meurtre haineux et ceux qui l’ont justifié pendant des décennies, nous tous. Nous devons dire la vérité : le massacre du tsar est devenu l’une des pages les plus honteuses de notre histoire. En enterrant ces victimes innocentes, nous voulons expier les péchés de nos ancêtres. Nous devons terminer ce siècle qui est devenu le siècle du sang et du non-droit pour la Russie, par la repentance et la réconciliation… ».
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( 6 août, 1867 )

Faustin Soulouque-Décédé

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 Faustin Soulouque-Décédé

Faustin Elie Soulouque: Un Profil
Faustin Soulouque naquit à Petit-Goâve le 15 août 1782 (1) et gouverna Haiti du 1er mars 1847 au 15 janvier, tout d’abord comme président, et ensuite comme empereur sous le nom de Faustin 1er.

Avant son élection, il fut un membre respectable et respecté de la garde présidentielle sous les gouvernements de Pétion et Jean Pierre Boyer. Il dut son élection à l’avidité des agents de la veille garde boyériste qui n’arrivaient pas à se mettre d’accord sur l’un des deux candidats en lice, les généraux Jean-Paul et Souffrant, homme de grande éducation. Ils jetèrent alors leur dévolu sur cet homme sans ambition politique mais doté d’un don inné d »observation et d’une intelligence très subtile.

Dans les premiers mois de sa présidence, il fait semblant de jouer la partition qui lui a été assignée en conservant les membres influents du cabinet de son prédécesseur, donnant ainsi un certain sentiment de sécurité à la veille garde. Celle-ci fut prise au dépourvu quand il commença à dévoiler son vrai visage et à s’affermir en faisant appel à des hommes complètement dévoués.

Ceux de la vieille garde qui se remuaient trop ou affichaient trop ouvertement leur désapprobation furent réduits au silence de la mort, surtout après les émeutes du 16 avril 1948 qui se terminèrent par une tuerie, et par une repression sanglante non seulement à Port-au-Prince, mais aussi dans les régions méridionales du pays. Dans cette entreprise, il fut aidé par les Zinglins (ou Zenglen), une milice créée pour contrecarrer l’action ou empêcher la resurgence des piquets, ce mouvement de paysans dirigé par Jean-Jacques Acaau et qui avait été à l »origine de coups d’état. Le rôle des Zinglins fut d’identifier les ennemis réels, potentiels ou imaginaires du gouvernement et de les éliminer sans aucune forme de procès. Elie dubois écrira plus tard « [Sous Soulouque] arrêter, c’était juger; juger c’était condamner et l’exécution de la condamnation ne pouvait être douteuse. » [Dubois, Elie François. Deux ans et demi au ministère. Port-au-Prince : Imprimerie de "l'Opinion nationale", 1862; p. 230.]

Au pouvoir, il entreprit plusieurs expéditions vers l’Est, avec l’idée de rétablir l’unité de l’île rompue le 27 février 1844. Ses premiers succès furent vite offusqués par une cuisante défaite lors de la bataille de la Rivière Ocoa. D’autres tentatives de réunification échouèrent notamment celles de 1855 et de 1956. A chaque échec, des officiers devinrent des boucs émissaires et certains furent condamnés à mort.

Soulouque gouverna avec autorité. Il changea jusqu’à la forme de gouvernement en instituant un second empire et en se faisant proclamer Empereur d’Haiti par les deux chambres de l’Assemblée Nationale. Une constitution impériale fut promulguée le 20 septembre 1849. La constitution de 1846 qu’il hérita avait été déjà revisée en décembre 1848. Son sacre n’eut lieu que le 18 avril 1952, Soulouque voulant que le Pape envoya un prélat pour la célébration du couronnement. Les festivités de couronnement débutèrent de deux semaines plus tôt (du 4 au 18 avril 1851).

La presse étrangère mû par un racisme visqueux trouva dans ce sacre un vrai regal et s’en donna à coeur joie en peignant l’Empereur d’Haiti comme un souverain ridicule et sanguinaire.

La peur inspirée par Soulouque et le désordre administratif qu’il engendra finit par exaspérer plusieurs notables haitiens dont des militaires jusque là dévoués. Le 22 décembre 1858, une insurrection éclata aux Gonaïves et l’Empereur fut contraint d’abandonner le pouvoir et de s’exiler le 15 janvier 1859. La république fut réinstallée avec une présidence à vie.

Il revint en Haiti après le départ de son successeur, Fabre Geffrard, et rendit l’âme quelques mois plus tard le 6 août 1867 dans sa ville natale, petit Goâve, presque dans l’anonymat.

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( 22 janvier, 1858 )

Cyrille Bissette-Décédé

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Cyrille Bissette-Décédé

Cyrille Bissette

Cyrille Charles Auguste Bissette est un homme politique Martiniquais, né à Fort-Royal (actuellement Fort-de-France) le 9 juillet 1795 et mort le 22 janvier 1858 à Paris. Il fut un des grands artisans de l’abolition de l’esclavage en France. Antiesclavagiste dès 1823 en Martinique, il a été élu député de la Martinique en 1848 et de 1849 à 1851.

Biographie
Son père, Charles Borromée Bissette, un mulâtre originaire du Marin épouse en 1794 une métisse libre Elizabeth Mélanie Bellaine, fille illégitime du béké Joseph-Gaspard de Tascher de La Pagerie, le père de Joséphine de Beauharnais. De cette union naîtra six enfants – neveux et nièces indirects de l’Impératrice, dont l’aîné Cyrille deviendra le plus célèbre.

En 1816, Cyrille Bissette épouse Augustine Séverin, ils auront ensemble quatre enfants. Bissette devient à partir de 1818 négociant à Fort de France. Il participe à la répression de la révolte d’esclaves du Carbet en 1822. A ce moment-là, il n’est pas encore engagé dans la lutte contre l’esclavage.

« L’affaire Bissette » 
Au début du mois de décembre 1823, circule à la Martinique un opuscule intitulé « De la situation des gens de couleur libres aux Antilles Françaises » écrit par Cyrille Bissette. L’objet de cette brochure est de dénoncer le système esclavagiste en exposant en détail les injustices dont sont victimes les esclaves. Outre l’obtention des droits civiques pour les Noirs libres des colonies antillaises, elle propose notamment le rachat progressif des esclaves, des écoles gratuites en faveur des nouveaux affranchis et la suppression des châtiments corporels à l’égard des esclaves.

Un certain Morando va dénoncer Bissette auprès du Procureur du Roi. La maison de Bissette est alors perquisitionnée et l’on découvre plusieurs pétitions à son domicile. Il est immédiatement arrêté et écroué à Fort-Royal, en compagnie de supposés complices parmi lesquels figurent Louis Fabien et Jean-Baptiste Volny. Lors du procès en première instance Bissette est condamné au bannissement à perpétuité du territoire français[2], il fait appel et la Cour Royale de Martinique, dont le procureur par intérim, Richard de Lucy, est un fervent partisan des thèses racistes, le condamne à la marque des lettres GAL et aux galères perpétuelles. Le jugement est appliqué et il est marqué au fer rouge et exposé. Bissette est alors transporté avec quarante-six autres condamnés pour le fort de Brest où il se pourvoit immédiatement en cassation. La Cour de Cassation casse l’assignation au territoire métropolitain de la Cour Royale de la Martinique et renvoie Bissette et ses complices devant la Cour Royale de la Guadeloupe. Cette même Cour le condamne à dix ans de bannissement des colonies françaises.

Sa lutte contre l’esclavage 
À Paris, la position de Bissette sur la question de l’abolition se radicalise. En 1832, il propose avec Louis Fabien et Mondésir Richard dans le Journal des débats une solution négociée qui éviterait toute effusion de sang[5]. Il fonde peu après une « Société des hommes de couleur » et, en 1834, la Revue des colonies dont il devient le directeur. Elle paraîtra jusqu’en 1843. Le but de la nouvelle revue est de combattre l’esclavage par une abolition immédiate dans les colonies françaises.

En 1844, il s’oppose au projet de loi Mackau sur l’esclavage, car il tend à violer la loi du 24 avril 1833 sur le régime législatif des colonies.

Carrière politique 
Quelques mois après l’application du décret d’abolition de l’esclavage du 27 avril 1848, Bissette se présente aux élections législatives d’août. Il est élu député avec 19 850 voix. Mais l’Assemblée nationale constituante invalide son élection pour cause d’incapacité personnelle, parce qu’il avait été condamné pour faillite. Pourtant, le 11 avril 1849, le Tribunal de Commerce de la Seine déclare nul et non avenu le jugement qui l’avait condamné en faillite, ce qui lui permet de briguer un nouveau mandat de député lors des législatives suivantes.

À partir de 1849, Bissette cesse de pourfendre la ploutocratie béké. Il se prononce pour la fusion des différentes composantes ethniques des Antilles, dont il est lui-même issu, et pour l’oubli du passé. Au mois de mars 1849, revenant de l’exil et de la guerre, il est accueilli à Saint-Pierre par une foule en liesse. Dans son discours il déclare : « Consentons donc à un mutuel oubli du passé et jetons loin de nous nos funestes divisions, nos préjugés d’un temps qui n’est plus, les vieilles récriminations qui ne font jamais l’affaire des partis et bien moins encore le bonheur du pays qui doit dominer et faire taire toutes les passions ».

Une alliance est conclue entre Bissette et le béké Auguste Pécoul en vue des élections législatives de juin. Les résultats consacrent l’écrasante victoire du tandem Bissette-Pécoul qui obtiennent respectivement 16 327 voix et 13 482 voix. Victor Schoelcher est battu et ne recueille que 3 617 voix.

L’association de Bissette et de Pécoul provoque la colère et l’indignation des gens de couleur libres qui accusent Bissette d’avoir trahi sa race et de s’être vendu aux blancs. Bissette fera l’objet d’une campagne de haine et de dénigrement de la part de la bourgeoisie mulâtre et plus particulièrement des partisans de Victor Schoelcher. Par contre, si l’on en croit sa popularité, le peuple continuait à lui faire confiance. Elu le 3 juin 1849, il occupe son siège jusqu’au 2 décembre 1851.

Rivalité entre Bissette et Victor Schoelcher 
La rivalité entre Bissette et Schoelcher commence véritablement après la parution du livre de Schoelcher[8] intitulé Des Colonies Françaises que Bissette avait sévèrement critiqué.

Jusqu’au coup d’État de décembre 1851, la lutte entre les partisans de Bissette et de Schoelcher est une constante du débat politique martiniquais. Après l’élection à la députation de Bissette les deux hommes s’affrontèrent encore plus violemment, soutenus chacun par des organes de presse. Bissette se sert du Courrier de la Martinique et Schoelcher et ses alliés du journal La Liberté dans lesquelles ils échangent réciproquement insultes et injures.

À partir de 1852, Bissette entame sa retraite sur le plan politique et l’antagonisme entre le Bissetisme et le Schoelchérisme s’estompe. De cette rivalité entre les deux abolitionnistes, c’est Victor Schoelcher en fin de compte qui sortira gagnant, car c’est à lui qu’on attribua l’abolition de l’esclavage dans les colonies françaises des Antilles.

Bibliographie 
Cyrille Bissette est le Martiniquais qui a le plus combattu l’esclavage et ses effets néfastes au XIXe siècle. Au lieu de la vengeance, il prôna la réconciliation entre les races. Victime de l’édification du schoelchérisme de la part d’une bourgeoisie intellectuelle assimilationniste, Cyrille Bissette a été banni de l’histoire en raison de son alliance avec le béké Auguste Pécoul, que les mulâtres à l’époque qualifiaient de trahison. Son histoire est traitée dans très peu d’ouvrage et beaucoup de Martiniquais ignorent son existence. Paradoxalement, son nom a été donnée en 2008 à un rond-point de la commune de Schœlcher.

Œuvres de Cyrille Bissette 
1831 : Cyrille-Charles-Auguste Bissette, Calomnies devenues vérités, ou Réponse au pamphlet de MM. Lacharière et Foignet,… par Bissette : XVIIIe ‑ XIXe siècle : 1795-1831, imprimerie de A. Mie, Paris, 1831 .(Notice BNF no FRBNF301081284)
1842 : Cyrille-Charles-Auguste Bissette, A M. Jollivet,… 6 juillet 1842 : XVIIIe ‑ XIXe siècle : 1795-1842, impr. de E.-J. Bailly, Paris, 1842 . (Notice BNF no FRBNF30108123d)
1844 : Cyrille-Charles-Auguste Bissette, Réfutation du livre de M. V. Schoelcher sur Haïti, par C.-A. Bissette : XVIIIe ‑ XIXe siècle : 1795-1844, Ébrard, Paris, 1844 .(Notice BNF no FRBNF30108165b)
1845 : Cyrille-Charles-Auguste Bissette, Colonies. Esclavage. Lettre à M. le ministre de la Marine et des colonies, ce 9 janvier 1845 : XVIIIe ‑ XIXe siècle : 1795-1845, imprimerie de Poussielgue, Paris, 1845 .(Notice BNF no FRBNF30108129g)
1850 : Cyrille-Charles-Auguste Bissette, A mes compatriotes. Lettre de C.-C.-A. Bissette sur la question de la liberté politique et civile dans les colonies : XVIIIe ‑ XIXe siècle : 1795-1850, imprimerie de Poussielgue, Paris, 1850 .(Notice BNF no FRBNF301081195)
Ouvrages biographiques [modifier]
Stella Pame, Cyrille Bissette, un martyre de la liberté, Editions Désormeaux, 1999, 279 p.www.crdp.ac-martinique.fr
Webgraphie 
1995 : Lawrence C. Jennings, « Cyrille Bissette, Radical Black French Abolitionist » sur OxFord Journals French History, Society for the Study of French History, 1995
2006 : Le Blog pourpre, « Cyrille Charles BISSETTE, un activiste de la liberté » sur Le Blog pourpre, recrutement.over-blog.com, s.d. 2006 ?
2008 : Gilles Gauvin, Il était une fois…Cyrille Charles Auguste Bissette « marqué aux fers rouges pour son combat anti-esclavagiste » : XIXe siècle, – Témoignages, Ile de la Réunion, mardi 27 mai 2008 .
2009 : Edouard De Lepine, Notes sur les paradoxes du néo-bissettisme(source MEETAW):XXIe siècle, Montray Kreyol, Martinique, samedi 11 avril 2009 .
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( 7 avril, 1803 )

Toussaint LOUVERTURE-Décédé

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Toussaint LOUVERTURE

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Biographie de Toussaint LOUVERTURE :
Gouverneur, Homme d’état, Homme politique et Révolutionnaire (Francais)
Né le 20 mai 1743
Décédé le 07 avril 1803 (à l’âge de 59 ans)
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Toussaint Louverture (né François-Dominique Toussaint le 20 mai 1743 dans une habitation près de Cap-Français ; mort le 7 avril 1803 au Fort de Joux, à La Cluse-et-Mijoux en France) est le plus grand dirigeant de la Révolution haïtienne, devenu par la suite gouverneur de Saint-Domingue (le nom d’Haïti à l’époque).

Il est reconnu pour avoir été le premier leader Noir à avoir vaincu les forces d’un empire colonial européen dans son propre pays. Né esclave, s’étant démarqué en armes et ayant mené une lutte victorieuse pour la libération des esclaves haïtiens, il est devenu une figure historique d’importance dans le mouvement d’émancipation des Noirs en Amérique.

Son grand-père, Gaou-Guinou, serait un Africain né au Dahomey (actuel Bénin), issu d’une famille royale d’Allada. Déporté à Saint-Domingue, son père Hippolyte Gaou fut vendu comme esclave au gérant de l’habitation du Comte de Bréda, dans la province du Nord, près du Cap-Français. C’est dans la plantation de ce domaine que naquit Toussaint, prenant alors le nom de son propriétaire, Bréda, comme le voulait l’usage. Son maître, M. Baillon de Libertat, était relativement humain. Il encouragea Toussaint à apprendre à lire et à écrire et en fit son cocher et le commandeur (c’est-à-dire le contremaître) de l’habitation.

Toussaint, malgré une petite taille et une laideur qui lui valait le surnom de Fatras-Bâton, gagna une réputation d’excellent cavalier et de docteur feuille, maîtrisant la médecine par les plantes. Il épousa une femme libre du prénom de Suzanne dont il eut deux fils : Isaac et Saint-Jean. Il adopta aussi un premier fils de Suzanne, le métis, Placide, et eut une nombreuse descendance illégitime. Il fut affranchi en 1776, à l’âge de 33 ans. Selon les archives coloniales, il loua une ferme de café d’une demi quinzaine d’hectares avec treize esclaves.

La Révolution française provoqua d’énormes répercussions dans l’île. Dans un premier temps, les grands Blancs (riches propriétaires, administrateurs et aristocrates locaux) envisagèrent l’indépendance, les petits Blancs (paysans, artisans et employés) revendiquèrent l’égalité avec les premiers et les gens de couleur libres.

En août 1791, les esclaves de la plaine du Nord se révoltèrent suite à la cérémonie de Bois-Caïman. Toussaint Bréda devint aide-de-camp de Georges Biassou, commandant des esclaves qui, réfugiés dans la partie orientale de l’île, s’allièrent en 1793 aux Espagnols qui l’occupaient pour renverser les français esclavagistes. Toussaint fut initié à l’art de la guerre par les militaires espagnols. À la tête d’une troupe de plus de trois mille hommes, il remporta en quelques mois plusieurs victoires. On le surnomma dès lors Louverture. Il devint général des armées du roi d’Espagne.

Le 29 août 1793, Toussaint lança sa proclamation où il se présentait comme le leader noir :

« Frères et amis. Je suis Toussaint Louverture ; mon nom s’est peut-être fait connaître jusqu’à vous. J’ai entrepris la vengeance de ma race. je veux que la liberté et l’égalité règnent à Saint-Domingue. Je travaille à les faire exister. Unissez-vous, frères, et combattez avec moi pour la même cause. Déracinez avec moi l’arbre de l’esclavage. »
Votre très humble et très obéissant serviteur, Toussaint Louverture, Général des armées du roi, pour le bien public.

Mais il excita la jalousie de ses chefs, Jean-François et Biassou, qui fomentèrent un complot auquel il échappa, mais où il perdit son jeune frère Jean-Pierre. Le peu d’attention que lui montrèrent les Espagnols acheva de le convaincre que ceux-ci n’entendaient pas abolir l’esclavage.

La situation était différente avec les autorités françaises. Les commissaires de la République française, Léger-Félicité Sonthonax et Etienne Polverel, étaient en effet arrivés à Saint-Domingue en septembre 1792 pour garantir les droits des gens de couleur. L’île était envahie par la marine britannique et les troupes espagnoles, auxquelles s’étaient ralliés de nombreux blancs royalistes. Le 29 août 1793, le même jour que la proclamation de Toussaint, Sonthonax émancipa l’ensemble des esclaves pour que ceux-ci se joignent à la Révolution. Le 16 pluviôse an II (4 février 1794), la Convention ratifiait cette décision en abolissant l’esclavage dans tous les territoires de la République française.

Par l’intermédiaire du général en chef Etienne Laveaux, les commissaires tentèrent de convaincre Toussaint de rejoindre la République. Ce n’est que le 5 mai 1794, que Toussaint effectua une volte-face. L’armée sous son commandement — qui comptait des soldats noirs, mulâtres et même quelques blancs — défit en quinze jours ses anciens alliés espagnols et enleva une dizaine de villes.

En un an, il refoula les Espagnols à la frontière orientale de l’île et vainquit les troupes de ses anciens chefs qui leur étaient restés fidèles. En juillet 1795, la Convention l’éleva au grade de général de brigade.

En mars 1796, il sauva Laveaux, malmené pour sa rigueur lors d’une révolte de mulâtres au Cap Français. En récompense, celui-ci le nomma lieutenant général de la colonie de Saint-Domingue. Le Directoire l’éleva au grade de général de division en août 1796.

Son talent n’était pas que militaire. Partout où il passait, il confirmait l’émancipation des esclaves. Il organisait la remise en marche des plantations en invitant les colons à revenir, y compris ceux qui avaient combattu contre la République, et ce, malgré l’avis des représentants de l’autorité française.

La lutte contre les Britanniques fut plus difficile. Toussaint ne put les déloger du Nord et de l’Ouest. Au Sud, le général mulâtre André Rigaud les contenait courageusement, mais sans les repousser.

Le retour de Sonthonax comme commissaire civil en mai 1796 constitua une ombre à l’ambition de Toussaint de diriger seul. Il réussit en septembre 1796 à faire élire Lavaux et Sonthonax comme députés auprès du Directoire afin des les renvoyer en métropole : le premier dès octobre, le second en août 1797.

Pour rassurer la France, il envoya ses deux fils aînés, Isaac et Placide, étudier à Paris à l’École de Liancourt (rebaptisée « Institut des colonies ») sous la direction de l’abbé Coisnon.

Grâce aux armes arrivées avec la commission de 1796, Toussaint disposait d’une armée de 51 000 hommes (dont 3 000 blancs). Il reprit la lutte contre les Britanniques et connut quelques succès, mais pas décisifs. Fatigués d’une telle résistance, les Britanniques se décidèrent à négocier. Toussaint sut écarter des négociations le dernier commissaire civil Julien Raimond, comme le dernier général en chef Hédouville, arrivé en mars 1798. Le 31 août 1798, les Britanniques abandonnèrent Saint-Domingue.

Pour se débarrasser d’Hédouville, Toussaint alerta les noirs du Nord. Le général ayant ordonné le désarmement des noirs, ceux-ci se révoltèrent le 16 octobre 1798, obligeant Hédouville à rembarquer précipitamment pour la métropole avec de nombreux blancs.

Délivré de tout contrôle, Toussaint se tourna contre son rival, le chef des mulâtres Rigaud. Profitant d’un incident, il le provoqua. Rigaud engagea les hostilités en juin 1799. Toussaint, secondé par Jean-Jacques Dessalines et Henri Christophe vainquit les troupes de son adversaire en un an au prix d’un bain de sang.

Décidé à remettre l’économie sur pieds, Toussaint publia le 12 octobre 1800 un règlement reconduisant le travail forcé des noirs sur les plantations tel qu’il avait été organisé par Sonthonax, Laveaux et Hédouville. Il y eut de nombreux mécontentements. À la fin octobre 1801, les noirs du Nord se révoltèrent, allant jusqu’à égorger les blancs. En quelques jours, Toussaint dispersa les révoltés et fit fusiller treize meneurs, dont son propre neveu, le général Moïse. Pour rallier les blancs à sa cause, il rappela les émigrés et proclama le catholicisme religion officielle.

Puis, voulant unifier l’île, il se tourna vers la partie espagnole de l’île qu’il conquit en un mois, en janvier 1801.

Le 9 mai 1801 il proclama une constitution autonomiste qui lui donnait les pleins pouvoirs à vie.

Malgré les proclamations de loyauté de Toussaint Louverture, Bonaparte s’inquiète du risque de perdre une colonie rentable, et cède aux arguments des grands propriétaires et des négociants qui veulent rétablir l’esclavage. Il décide alors d’envoyer son beau-frère, le général Leclerc, reprendre le contrôle de l’île à la tête d’une troupe de 30 000 hommes.

Le 20 janvier 1802, l’expédition de Saint-Domingue débarque sur l’île et se porte à l’assaut des partisans de Toussaint Louverture. Malgré quelques succès, le combat devient rapidement inégal et certains de ses officiers décident de rallier le camp des Français. Le 7 mai 1802, Louverture signe à Cap-Haïtien avec les Français un traité qui stipule notamment que l’esclavage ne sera pas rétabli sur l’île. Il se retire alors dans son domaine d’Ennery.

Trois semaines plus tard, sur une dénonciation de Dessalines, Leclerc arrête Toussaint Louverture, soupçonné de complot et de rébellion, ainsi que sa famille. Le vaisseau le Héros les conduit alors en France. Le 25 août 1802, Toussaint est emprisonné au Fort de Joux, dans le Doubs, où il sera maintenu isolé et soumis à des interrogatoires répétés. Il y mourra d’une pneumonie le 7 avril 1803. Sa famille fut exilée à Bayonne, puis à Agen.

Certains de ses partisans jugés comme dangereux ou susceptibles de créer de l’agitation furent envoyés en France. Ceux qui ne furent pas assignés à résidence furent emprisonnés, notamment en Corse. Ils constituèrent plus tard une partie des hommes et officiers du Bataillon des Pionniers Noirs.

Malgré l’exil de Louverture, la révolte continua sous les ordres de Dessalines et les Français (menés par le général Donatien de Rochambeau) durent évacuer Cap Français en novembre 1803 après la bataille de Vertières. Dessalines proclama l’indépendance d’Haïti le 1er janvier 1804.

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( 10 janvier, 1755 )

MONTESQUIEU-Décédé

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 MONTESQUIEU-Décédé

Biographie de MONTESQUIEU :
Artiste, écrivain et Philosophe (Francais)
Né le 18 janvier 1689
Décédé le 10 janvier 1755 (à l’âge de 65 ans)

Ecrivain et philosophe français. Charles de Secondat, baron de la Brède et de Montesquieu est né en 1689 d’une famille de magistrats de bonne noblesse au château de la Brède près de Bordeaux, dont il porte d’abord le nom et auquel il sera toujours très attaché. Ses parents ont choisi un mendiant pour être son parrain pour que toute sa vie il se souvienne que les pauvres sont ses frères.
Après ses études de droit, il devient conseiller auprès du parlement de Bordeaux en 1714. En 1716, il hérite de la fortune de son oncle, la charge du président à mortier (bonnet de velours) du parlement et le nom de Montesquieu. Délaissant sa charge dès qu’il le peut, il s’intéresse au monde et au plaisir. Il se passionne pour les sciences et mène des expériences (anatomie, botanique, physique…) puis oriente sa curiosité vers les hommes et l’humanité à travers la littérature et la philosophie. Dans les « Lettres persanes », qu’il publie anonymement en 1721 en Hollande, il dépeint admirablement, sur un ton humoristique et satirique, la société française à travers le regard de visiteurs perses.

Après son élection à l’Académie française (1727), il réalise un long voyage à travers l’Europe (Hongrie, Italie, Hollande, Angleterre), de 1728 à 1731, où il observe attentivement la géographie, l’économie, la politique, les moeurs des pays qu’il visite. De retour au château de la Brède, il accumule de nombreux documents et témoignages pour préparer l’oeuvre de sa vie, « l’Esprit des lois » (1748) qui rencontre un énorme succès.

Etablissant les principes fondamentaux des sciences économiques et sociales, Montesquieu tente de dégager la logique des différentes institutions politiques par l’étude des lois considérées comme simples rapports entre les réalités sociales. Il envisage trois types de gouvernement : la république, la monarchie et le despotisme. Cette œuvre inspire les auteurs de la Constitution française de 1791 et est à l’origine du principe de séparation des pouvoirs législatifs, exécutifs et judiciaires.

Tandis que sa mère très pieuse l’a élevé dans le respect du christianisme, ses études classiques et romaines l’ont préparé à l’indifférence et à l’incrédulité. En matière religieuse, Montesquieu peut-être considéré comme un déiste et un libre-penseur allant parfois jusqu’à l’irrévérence et à l’hostilité envers la foi chrétienne.

En 1711, dans « La damnation éternelle des païens » il montre que les philosophes de l’Antiquité n’ont pas mérité l’enfer. Dans « Dissertation sur la politique des Romains » (1716), il dénonce la religion comme moyens qu’utilisent les puissants pour pérenniser leur domination sur les humbles.

Son étude de la société le conduit néanmoins à respecter les croyances religieuses, plus pour des considérations pratiques que pour elles-mêmes. Montesquieu prend soin de ne pas mêler de considérations théologiques à ses écrits politiques. Ce qui ne l’empêche pas d’être attaqué par les jésuites et jansénistes pour éloge de la religion naturelle dans « L’Esprit des lois » que le pape fait mettre à l’index dès sa publication.

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