( 28 avril, 1958 )

Emile LODEON-Décédé

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 Emile LODEON-Décédé

LODEON Emile
Ancien sénateur de la Martinique

Appartenance politique
Groupe de la Gauche Démocratique et du Rassemblement des Gauches Républicaines
Etat-civil
Né le 2 novembre 1899
Décédé le 28 avril 1958
Profession  Avocat
Département  Martinique

Election
Elu le 7 novembre 1948
Réélu le 19 juin 1955
Fin de mandat le 28 avril 1958 (Décédé)
Extraits de la table nominative :
1949 , 1950 , 1951 , 1952 , 1953 , 1954 , 1955 , 1955 à 1956 , 1956 à 1957 , 1957 à 1958 Biographie
1940-1958 (Extrait du Dictionnaire des parlementaires français) 1940-1958
LODÉON (Emile)

Né le 2 novembre 1889 à Fort-de-France (Martinique)

Décédé le 27 avril 1958 à Fort-de-France

Sénateur de la Martinique de 1948 à 1958

Emile Lodéon fait ses études au lycée Schoelcher puis à l’école préparatoire de droit à la Martinique avant de venir à Paris pour passer sa licence de droit. Il commence alors une carrière d’avocat civiliste. Sa réussite professionnelle est rapide comme en témoigne son élection au Conseil de l’Ordre des avocats dont il devient le bâtonnier quelques années plus tard. Il obtient également une chaire professorale à l’école préparatoire de droit où il avait été étudiant. Il mènera ainsi en parallèle ces deux professions d’avocat et de professeur de droit.

Pendant la guerre, il est démis de sa fonction de bâtonnier par le gouvernement de Vichy, mais, à la Libération, la reprend à la demande de ses confrères.

En 1948, ses amis du groupe radical socialiste le poussent à se présenter aux élections au Conseil de la République. Emile Lodéon est élu le 7 novembre 1948 et sera réélu le 19 juin 1955.

A son arrivée au Palais du Luxembourg, il entre à la Commission de la marine et des pêches et à la Commission des moyens de communication, des transports et du tourisme, dont il devient vice-président en 1956. En 1950, il fait partie de la Commission supérieure chargée d’étudier la codification et la simplification des textes législatifs et réglementaires. Elargissant encore son domaine d’intervention, Emile Lodéon est nommé membre de la Commission de l’intérieur ainsi que membre suppléant des commissions de la justice et de la reconstruction en 1953.

L’activité parlementaire d’Emile Lodéon s’étend à des domaines aussi variés que la justice, la sécurité sociale, la culture ou les transports. Mais surtout, et c’est la raison pour laquelle il a été élu au Conseil de la République, il tient à défendre les intérêts de ses compatriotes et plus généralement ceux des populations de l’Union Française. Ainsi, en 1950, il dépose une proposition de résolution puis rédige un rapport pour que le gouvernement vienne en aide aux victimes d’un incendie survenu dans une commune de la Martinique. Il intervient de même en 1951 pour les sinistrés d’un violent cyclone ou en 1952 pour les habitants de l’anse de Kourou en Guyane qui ont essuyé une forte tempête. Il intervient également en faveur de l’extension de la sécurité sociale aux TOM et sur l’organisation de la police dans les DOM. Il rédige en 1950 un rapport sur les conditions de rémunération et les avantages accordés aux fonctionnaires au service de la Martinique, de la Guadeloupe, de la Guyane et de la Réunion, qu’il juge insuffisants. Trois ans plus tard, il insiste sur cette question et demande au Président du Conseil quelles mesures celui-ci compte prendre afin que les fonctionnaires et les agents civils au service de ces territoires obtiennent une rétribution juste, équitable et conforme au coût de la vie qui mettrait fin à une grève générale qui pose de nombreux problèmes sociaux et économiques. Cette question concerne aussi l’Algérie, qu’Emile Lodéon tient à soutenir au même titre que les autres territoires. Ainsi, il rédige en 1952 un rapport sur le traitement des fonctionnaires algériens qu’il est nécessaire de fixer à parité avec les métropolitains. Sur l’Algérie encore, il intervient afin d’y étendre la législation sur les accidents du travail.

Sur d’autres plans également, Emile Lodéon apparaît tout aussi rigoureux et précis. La fin de son mandat est en grande partie consacrée aux problèmes de justice. Ainsi rédige-t-il plusieurs rapports soutenant l’amnistie pour des infractions commises dans certains TOM, en Tunisie, au Cameroun ou encore l’amnistie des faits de collaboration économique avec l’ennemi ayant entraîné des condamnations de personnes étrangères appartenant à des pays neutres. Selon lui, « le pardon n’est pas un signe de faiblesse, mais au contraire de grandeur et de force ».

Cultivé, décoré des Palmes académiques et amoureux de sa région des Antilles, Emile Lodéon aura été très soucieux d’entretenir et de développer les relations entre la culture métropolitaine et les cultures de l’Union Française. Selon lui, « des liens indissolubles doivent nous unir aux TOM ». Un de ses rapports invite le Gouvernement à favoriser la diffusion de la pensée française dans l’Union Française et à l’étranger.

La notoriété d’Emile Lodéon dépasse largement la Martinique : il a été fait citoyen d’honneur de la République d’Haïti et membre honoraire du barreau de ce pays.

Les 10 années d’Emile Lodéon au Conseil de la République auront révélé un homme actif et tolérant. Celui qui devient en 1953 secrétaire du Conseil de la République aura rédigé en tout vingt neuf rapports. Gaston Monnerville, après le décès d’Emile Lodéon le 27 avril 1958, rappelle dans son éloge funèbre le courage de cet homme affecté depuis longtemps par une grave maladie. Le président du Conseil de la République assure que tous ceux qui ont connu Emile Lodéon garderont « le souvenir d’un homme de bien, d’un parlementaire estimé, d’un Français irréprochable ».
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( 1 novembre, 1957 )

Victor Sévère-Décédé

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 Victor Sévère-Décédé

Victor Sévère

Victor Sévère, né le 1er novembre 1867 à Case-Pilote (Martinique)

  Mort le 24 octobre 1957, est un homme politique martiniquais et ancien maire de Fort-de-France.

Brillant élève, Victor Sévère poursuit ses études secondaires au lycée de Saint-Pierre où il obtient son baccalauréat. Puis, il entame des études de droit en France. Après avoir terminé ses études supérieures, titulaire de la licence, il s’inscrit comme avocat au barreau de Cayenne. En Guyane, il est élu conseiller général de 1893 à 1896. Ensuite, il retourne définitivement en Martinique son île d’origine et s’inscrit au barreau de Fort-de-France.

Carrière politique

1900 : Victor Sévère est élu maire de Fort-de-France lors des municipales. Il occupera ce poste jusqu’en 1945 avec quelques interruptions de 1907 à 1908, de 1919 à 1924 et de 1941 à 1943. Sa présence à la tête de la municipalité est marquée par de nombreuses réalisations.
1906 : Victor Sévère est élu Député dans la circonscription Nord. À la Chambre des députés il s’inscrit au groupe des radicaux-socialistes.
1910 : Victor Sévère est réélu député mais cette fois-ci dans le Sud, mandat qu’il occupera jusqu’en 1914.
1924-1928 : Victor Sévère est député de la circonscription Sud.
1934-1940 : Victor Sévère est conseiller général à Fort-de-France.
1936-1940 : Victor Sévère est Député de la circonscription Nord.
Pendant la Seconde Guerre mondiale

Au début de l’Occupation, alors que la Martinique est administrée par l’amiral Robert, Victor Sévère s’oppose farouchement à ce dernier et au Régime de Vichy. En 1941, il est écarté de la mairie de la capitale et l’amiral Robert nomme à sa place Jean de Laguarigue. Son appartenance à la Franc-maçonnerie n’est pas étrangère à cette mesure. En 1942 il participe à la Résistance et se fait particulièrement remarquer après le débarquement en Afrique du Nord. En 1943, il contribue à la formation du Comité de libération nationale qui assure le ralliement des Antilles aux Forces françaises libres.

Après la Seconde Guerre mondiale
En 1945, il ne brigue pas un dernier mandat à la mairie de Fort-de-France et à 78 ans se retire de la vie politique. Il s’installe pendant quelques années dans son domaine de Choiseul à Case-Pilote. Victor Sévère meurt le 24 octobre 1957 à l’âge de 90 ans et est inhumé dans le cimetière de Case-Pilote.
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Mandats à l’Assemblée nationale ou à la Chambre des députés
20/05/1906 – 31/05/1910 : Martinique – Gauche radicale-socialiste
24/04/1910 – 31/05/1914 : Martinique – Républicains radicaux-socialistes
11/05/1924 – 31/05/1928 : Martinique – Radical et radical-socialiste
03/05/1936 – 31/05/1942* : Martinique – Républicain radical et radical-socialiste

BIOGRAPHIE
Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1889 à 1940 (J.Joly)

Né le 1er novembre 1867 à Case Pilote (Martinique).

Député de la Martinique de 1906 à 1914, de 1924 à 1928 et de 1936 à 1942.

Avocat à la Guyane, puis à Fort-de-France, conseiller général de la Guyane de 1893 à 1896, puis de la Martinique en 1889, maire de Fort-de-France en 1900, Victor Sévère se présenta aux élections de 1906 dans la 2e circonscription de la Martinique. Sur 13.972 inscrits et 7.112 votants, il n’obtient au premier tour que 3.311 voix contre 3.476 à Clerc, mais devancera ce dernier au deuxième tour par 4.773 voix contre 4.223, sur 9.030 votants.

Inscrit au groupe des radicaux-socialistes de la Chambre, il participe aux travaux de diverses commissions.

En 1907, il dépose un ordre du jour motivé à la suite de l’interpellation de M. Puech sur les scandales de la Guinée française. En 1909, il demande à interpeller le ministre des Colonies sur l’instruction du meurtre de M. Siger, maire de Fort-de-France. Il prend part à la discussion du projet et des propositions de loi concernant les conseils de guerre. La même année, il demande à interpeller le ministre des Colonies sur l’administration de la justice dans les colonies. Il adresse une question écrite à ce même ministre sur l’application outre-mer de la loi sur les accidents du travail et une seconde sur les faits relevés à la charge de l’administration du Congo.

Victor Sévère interviendra également dans la discussion des budgets des exercices 1907, 1908 et 1909.

Aux élections de 1910, Victor Sévère retrouve son siège à la Chambre des députés, obtenant 9.158 voix contre 5.450 à Duquesnoy et 33 à Dorléans, sur 25.266 inscrits et 14.409 votants. Secrétaire du 8e bureau et membre de diverses commissions, il dépose une proposition de loi tendant à dégrever les cafés et cacaos des colonies françaises soumis au tarif général des douanes (1911) ; il est également l’auteur d’une proposition de loi relative au régime bancaire de la Martinique, de la Guadeloupe, de la Réunion et de la Guyane.

Pendant cette même législature, Victor Sévère rapportera un projet de loi relatif à l’établissement du régime douanier colonial. Il sera entendu dans la discussion du projet de loi concernant l’exploitation des services maritimes postaux entre la France, les Antilles et l’Amérique centrale. Il prend part également à la discussion du projet de loi portant fixation du budget général de l’exercice 1912 et à la discussion du projet de loi portant prorogation du privilège des banques coloniales. Il intervient dans la discussion de la proposition de loi adoptée par le Sénat ayant pour objet d’assurer le secret et la liberté du vote (1912). Il demande, comme rapporteur, la déclaration de l’urgence du projet de loi relatif à l’établissement du régime douanier colonial et participe à la discussion du projet de loi portant fixation du budget général de l’exercice 1913.

Victor Sévère ne sollicitera à nouveau les suffrages de ses concitoyens que dix ans plus tard, aux élections de 1924. Il est élu sur la liste de l’union républicaine avec Alcide Delmont, par 24.444 voix sur 51.833 inscrits, 39.994 votants et 11.839 abstentions (majorité absolue : 19.971), battant la liste du parti de l’entente républicaine.

Victor Sévère concentre son activité sur les travaux de la commission des comptes définitifs et des économies et de la commission de la marine militaire. Les électeurs de la 1re circonscription de la Martinique apportent à nouveau leurs suffrages à Victor Sévère aux élections de 1936. Le maire de Fort-de-France obtient au premier tour, sur 24.967 inscrits et 7.316 6 votants, 5.456 voix contre 1.355 à Lapompe. Il est élu au deuxième tour de scrutin par 7.888 voix sur 8.376 votants.

A la Chambre des députés, le représentant de la Martinique siège sur les bancs de la commission de l’Algérie, des colonies et des pays de protectorat.

En 1936, il rapporte le projet de loi rendant applicable à la Guadeloupe, à la Martinique et à la Réunion les deux lois du 4 juillet 1908 sur la liberté de la presse. L’année suivante, il signe une proposition de loi tendant à l’établissement de l’inscription maritime à la Martinique. Il rapporte le projet de loi modifiant la loi du 10 juillet 1931 autorisant les gouvernements de la Réunion, de la Martinique, de la Guadeloupe et de la Guyane à contracter des emprunts. En 1936 encore, il demande à interpeller le Gouvernement sur la politique sociale qu’il entend suivre aux colonies et sur les dispositions qu’il se propose de prendre pour y appliquer les lois sur les conventions collectives du travail, la limitation de la durée du travail et les congés payés. Il prend part à la discussion du projet de loi relatif à l’exécution du plan de grands travaux destiné à lutter contre le chômage et à la discussion du projet de loi portant fixation du budget général de l’exercice 1937 et 1938.

Sévère ne prit pas part au vote du 10 juillet 1940 sur l’attribution des pouvoirs constituants au maréchal Pétain.

* : Un décret de juillet 1939 a prorogé jusqu’au 31 mai 1942 le mandat des députés élus en mai 1936

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( 30 mars, 1950 )

Léon BLUM-Décédé

 

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 Léon BLUM-Décédé

Léon BLUM

Biographie de Léon BLUM :
Homme d’état, Homme politique, Ministre et Socialiste (Francais)
Né le 09 avril 1872
Décédé le 30 mars 1950 (à l’âge de 77 ans)
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Il fit ses études au Lycée Henri IV. 1890, Léon Blum entre à l’École normale supérieure. 1891, Il est licencié en lettres. 1892, Il collabore à la Revue blanche. 1894, Il est licencié en droit. 1895, il est nommé Auditeur au Conseil d’État en décembre 1895. 1895, Il prend parti pour Alfred Dreyfus. 1897, Première rencontre avec jean Jaurès. 1899, il adhère au Parti socialiste (SFIO). Le 31 juillet 1914 Assassinat de Jean Jaurès. 1914, Il est nommé chef de cabinet de Marcel Sembat, ministre des Travaux publics. 1906/1914, il publie « En lisant : réflexions critiques », « au théâtre », « du mariage » et une biographie de Stendhal. 1919, Il est élu député de la Seine, il sera secrétaire, puis président du groupe parlementaire socialiste à l’assemblée. 1920, Congrès de Tours, la majorité des adhérents socialiste sont pour l’adhésion à L’internationale communiste, Léon Blum ainsi que quelques autres s’y opposent, la scission est inévitable, le Parti communiste est crée et est majoritaire, la SFIO se retrouvant minoritaire.

1924, Victoire du Cartel des gauches. Léon Blum soutient Édouard Herriot radical de gauche et nouveau président du conseil.1929 Il est élu député de Narbonne en 1929, réélu en 1932 et 1936. 1934, Création du Front Populaire alliances des différents partis de gauche socialiste et du parti communiste. 3 mai 1936 Victoire du Front Populaire aux élections législatives. 5 juin 1936, Léon Blum nommé président du conseil forme son gouvernement, les communistes ne font pas parti du gouvernement, mais ils le soutiennent, pour la première fois des femmes sont ministres, elles sont 3. 6 juin 1936, Léon Blum présente son gouvernement à l’assemblée, l’extrême droite se déchaîne notamment Xavier Vallat, député de Droite, proche de l’Action française qui l’apostrophe en ces termes « Votre arrivée au pouvoir marque incontestablement une date historique. Pour la première fois, ce vieux pays gallo-romain va être gouverné par un juif.

J’ose dire à haute voix ce que le pays pense en son for intérieur ; il est préférable de mettre à la tête de ce pays un homme dont les origines appartiennent à son sol… qu’un subtil talmudiste. » , on sent en France l’influence de l’ Allemagne Faciste qui va mener la France au Pétainisme. 7 juin 1936, Signature des accords de Matignon : Hausse des salaires de plus de 10%, Institutions des congés payés (2 semaines), La semaine de travail passe de 48 à 40h. Un sous-secrétariat d’État aux Sports et aux loisirs est créé, il fut tourné en dérision par la droite qui le qualifiait de « ministère de la paresse », Le radical Édouard Daladier qui le remplaça en 1938 dira qu’il faut  » remettre la France au travail  » singulier écho, car la même phrase sera prononcée par Mr Raffarin en 2003 à Québec suite à la reforme du temps de travail par les socialistes !!!. 1936, Des journaux d’extrême droite lance une campagne de presse contre Roger Salengro ministre de l’Intérieur du frant populaire en inventant une condamnation pour désertion en 1916, Bien que reconnu non coupable, Roger Salengro se suicidera.

1936, Léon Blum décide de ne pas intervenir dans la guerre civile espagnole. 21 juin 1937, Léon Blum démissionne, il sera rappelé en mars 1938, mais n’arrivera pas à former un gouvernement. Juin 1940, Léon Blum fait partie des 80 membres de l’assemblée qui vote contre les pleins pouvoirs au maréchal Pétain. 15 septembre 1940, Léon Blum est arrêté par la police de Vichy sur ordre du Maréchal Pétain et sera transféré devant la Cour de Justice de Riom en qualité de « responsable de la défaite « , le procès se passe mal pour l’accusation, Léon Blum assure sa défense avec brio, 7 avril 1942 le procès est suspendu et il sera condamné à la prison à vie, d’abord incarcèré à la prison de Bourrasol, il sera livré par Pierre Laval en 1943 aux Allemands qui le déporteront à Buchenwald, il en sortira en 1945 à la libération du camp par les Américains.

1944/1945 Pendant sa déportation il écrit un ouvrage qui sera publié à la libération « à l’échelle humaine ». 1945, Il reprend sa collaboration avec le journal « Le Populaire » pour lequel il écrit des articles. 1945, Il revient au pouvoir pour un mois comme président du gouvernement provisoire, il laisse sa place à Vincent Auriol premier président de la quatrième république. 1946/1950, Il se retire à Jouy-en-Josas près de Versailles ou il décède le 30 mars 1950.

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( 10 juin, 1940 )

Marcus GARVEY-Décédé

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Marcus GARVEY
Biographie de Marcus GARVEY :
Homme politique (Jamaïcain)
Né le 17 août 1887
Décédé le 10 juin 1940 (à l’âge de 52 ans)

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 http://www.dailymotion.com/video/x5wkni
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Marcus Mosiah Garvey (17 août 1887, Saint Ann’s Bay, Jamaïque-10 juin 1940, Londres) est un leader noir du XXe siècle et est considéré comme un prophète par les adeptes du mouvement rastafari d’où son surnom Marcus « Moses » Garvey ou « The Black Moses », Moses se traduisant par Moïse en français.

Précurseur du panafricanisme, il se fait le chantre de l’union des noirs du monde entier à travers son journal The Negro World et le promoteur obstiné du retour des descendants des esclaves noirs vers l’Afrique (ce qu’on appelle le « Back to Africa »).

Né en Jamaïque en 1887, un an après l’abolition de l’esclavage à Cuba, dans l’île opprimée, où la ségrégation raciale (apartheid) règne ; les conditions de travail n’ont pas vraiment changé depuis l’abolition de l’esclavage. Beaucoup de Jamaïcains ont émigré à Panama pour travailler sur le chantier du célèbre canal. L’Afrique est en proie à la colonisation européenne à cette époque, mais certains Afro-caribéens parviennent tant bien que mal à y partir, notamment au Libéria.

Marcus Garvey est un musicien qui joue de l’orgue à l’église, et bien qu’entouré d’analphabètes il est passionné de lecture. Ce chrétien descendant des Marrons est employé chez un imprimeur et participe à un syndicat qui l’élit meneur lors d’une grève. Il devient vite un orateur de premier plan, un journaliste (il fondera bientôt le journal Garvey’s Watchman) et un activiste politique.

De 1910 à 1914 il voyage en Amérique latine et en Europe.

Il arrive aux États-Unis en 1916 où il rencontre tous les mouvements visant à émanciper les Afro-américains.

L’année suivante, en 1917, il fonde l’Association universelle pour l’amélioration de la condition noire (United Negro Improvement Association, UNIA, toujours en activité). La devise de cette association était Un Dieu ! Un But ! Une Destinée! (One God! One aim! One destiny!). Il devient un des premiers meneurs importants de la cause noire.

Installé à Harlem au lendemain de la Première Guerre mondiale, de 1918 à 1922, Marcus Garvey est mondialement connu.

Tandis que la révolution russe bat son plein, il se rallie à la lutte des classes à sa manière. Il soutient Ho Chi Minh, Gandhi, et salue avec respect l’œuvre de Lénine et Trotsky. Mais tandis que Trotsky considère comme essentielle l’unification de tous les hommes opprimés, et ce sans les diviser par la couleur de leur peau, la vision de Garvey passe par la race d’abord, une doctrine « nationaliste noire » radicale qui l’oppose aux mouvements intégrationistes de gauche. Ne croyant pas que les Afro-américains pourraient vivre libres et respectés hors d’Afrique, il veut unifier les Noirs internationalement, et réclame le droit au « rapatriement » en Afrique (au Libéria le plus souvent) des Afro-américains de tous pays.

Cette démarche ressemble beaucoup à celle des sionistes qui émigrent alors déjà en Palestine, ayant eux aussi perdu leur espoir d’intégration. Combattu par les Afro-américains partisans de l’intégration sans doute (menée par Du Bois), la stature de Garvey n’aura sans doute pas d’équivalent au XXe siècle dans la lutte pour la liberté de « son peuple ».

Des réseaux de garveyites s’organisent dans le monde entier. Le père de Malcolm X, un pasteur qui aurait d’après ses proches été assassiné en 1931 par la Black legion, une organisation proche du Ku Klux Klan, est un de ses adeptes les plus convaincus. D’ailleurs le Klu Klux Klan encourageait les revendications de Marcus Garvey, et aurait même assisté à certains de ses meetings. Il crée en 1919 la Black Starline, compagnie maritime censée servir le projet de rapatriement (clin d’œil à la White Star Line, l’armateur du Titanic qui a sombré quelques années plus tôt). Ses bateaux, financés par des actionnaires noirs, desservent toutes les Antilles, les États-Unis, et se préparent à emmener tout le monde en Afrique.

Il fait la tournée du pays pour promouvoir son initiative et recueillir des investissements dans le but de créer une véritable économie parallèle et souterraine. Il est suivi par 250 000, voir 300 000 sympathisants. Les autorités fédérales commencent alors à s’intéresser à lui.

Garvey fonde des usines, des réseaux de distribution ainsi que deux journaux. Le plus important est the Negro World. Il donne des nouvelles de l’UNIA partout où elle se trouve, des discours de Garvey, et des nouvelles qui ne sont pas rapportées dans les autres journaux. Tous les gouvernements coloniaux s’opposent au Negro World pensant qu’il incite les gens à se rebeller contre eux. Ainsi dans plusieurs pays africains et caraïbéens le journal est interdit.

Garvey est accusé d’escroquerie envers les actionnaires de la Black Star Line.

En 1922, après la banqueroute de la Black Star Line, Garvey et trois de ses associés sont poursuivis par les tribunaux. Accusé de fraude postale, il reste en liberté surveillée.

En 1925, sa condamnation est alors confirmée. Il est emprisonné au pénitencier fédéral d’Atlanta.

Le président Coolidge commue sa sentence en 1927 et Garvey est envoyé en exil en Jamaïque et interdit de séjour aux États-Unis.

Bien que d’abord rejeté dans son pays, il devient le grand héros national jamaïcain, et un exemple retentissant dans toute l’île. Les Jamaïcains écoutent avec beaucoup d’enthousiasme les meetings de Garvey, organisés dans les mois qui suivent son retour. La vie politique de l’île s’en trouve bouleversée.

En dépit de cette ambiance sympathique et animée, Garvey se trouve à l’étroit et, en 1935, il part pour l’Angleterre. De là, il surveille la régression internationale de son mouvement. Il meurt d’une crise cardiaque le 10 juin 1940 à Londres sans jamais atteindre l’Afrique.

Garvey, dans ses discours, fait souvent allusion à l’Éthiopie. Il écrit ainsi dans son principal ouvrage Philosophy & Opinions: “Laissons le Dieu d’Isaac et le Dieu de Jacob exister pour la race qui croit au Dieu d’Isaac et de Jacob. Nous, les Nègres, croyons au Dieu d’Ethiopie, le Dieu éternel, Dieu le Fils, Dieu le Saint-Esprit, le Dieu de tous les âges. C’est le Dieu auquel nous croyons, et nous l’adorerons à travers les lunettes de l’Ethiopie”.

En 1921, le révérend James Morris Webb prononce un discours cité par le quotidien conservateur Daily Gleaner : “Regardez vers l’Afrique, où un roi noir sera couronné, qui mènera le peuple noir à sa délivrance”. Garvey reprendra cette prophétie qui lui sera par la suite attribué.

La presse coloniale dénonce alors cette doctrine éthiopianiste « vulgaire » qu’ils attribuent à Garvey. Mais le 2 novembre 1930, en Éthiopie, Tafari Makonnen, le Ras Tafari, est coiffé de la couronne sacrée du Négusa Negast (roi des rois) sous le nom de Haïlé Sélassié Ier (“Puissance de la Trinité”). Il est le chef d’une des premières nations officiellement chrétiennes de l’histoire, l’Abyssinie. Selon le livre sacré Gloire Des Rois (Kebra Nagast), retraçant l’histoire de son antique dynastie, Sélassié est le descendant direct du Roi Salomon et de la Reine Makeda de Saba. Il sera le messie des rastafaris.

L’un des premiers Rastas à chanter sa mémoire est Burning Spear, qui lui dédie son chef-d’œuvre, l’album Marcus Garvey (1975) où plusieurs morceaux lui sont consacrés ainsi que la version dub de l’album Garvey’s Ghost.

Les Mighty Diamonds (Them Never Love Poor Marcus, 1976) et Culture (Garvey Rock, 1976, Black Starliner Must Come, 1978, Down In Jamaica, 1979) sont parmi ses plus fervents admirateurs.

Dans la chanson « So much things to say » de Bob Marley and the Wailers (sur l’album Exodus), celui-ci chante: « I’ll never forget no way: they stole Marcus Garvey for rights. » (« Je n’oublierai jamais, pas moyen : ils ont dépossédé Marcus Garvey de ses droits. »). Cette chanson est reprise par Lauryn Hill en 2001 sous le titre de Never Forget, lors de l’enregistrement de son album acoustique MTV Unplugged N° 2.0.

The Negro World est un journal diffusé par Marcus Garvey, il pronaît un pouvoir noir, ce journal fut interdit dans les pays coloniaux qui voyaient en lui une menace.

La Black Star Line est une compagnie maritime transatlantique, créée par Marcus Garvey en 1919 qui avait pour but de « servir de lien entre les peuples de couleur du monde dans leurs rapports commerciaux et industriels ».

Elle fut entièrement financée par « la souscription et l’émission d’actions acquises par des personnes noires ordinaires, attirées par l’idée d’une émigration vers la ‘nation negre independante’ conceptualisée par Garvey ». Cet élan de solidarité permit rapidement à Garvey l’acquisition de quatre paquebots transatlatiques (dès 1922).

Ceci répandit une onde de choc parmi l’establishment blanc international : « Voilà un homme qui, non seulement avait compris que la seule voie vers l’accession au pouvoir politique passait par la puissance économique, mais utilisait les deux avec une habilité stupéfiante. La mise en route de la Black Star Line constituait le couronnement de son action et laissait entrevoir ce qu’une nation noire unie pouvait effectivement accomplir sous l’influence d’un leader entreprenant et créatif ». Ce fut la goutte d’eau qui fit déborder le vase. Il existait une loi tacite, qui stipulait qu’ »on peut laisser la bride sur le coup du peuple noir mais que s’il tire trop sur la corde, celle-ci finira par se transformer en nœud coulant », de ce fait, Garvey fut discrédité, emprisonné, et déporté en Jamaïque.

Citations de Marcus Garvey :

* « Un Dieu, un but, une destinée ! »

* « Un peuple ignorant de son histoire est comme un arbre sans racines ».

* « Lève-toi, race puissante, accomplis ce que tu désires ».

* « Si tu n’as aucune foi en toi-même tu es doublement vaincu dans la course de la vie. Avec la foi tu as gagné avant même d’avoir commencé ».

* « Dieu et la Nature nous ont fait ce que nous sommes, mais à travers notre génie créateur nous faisons de nous-mêmes ce que nous voulons être ».

* « Ce que tu fais de valeureux aujourd’hui inspire les actions des autres dans le futur ».

* « L’éducation est le moyen par lequel un peuple se prépare pour la création de sa civilisation propre et aussi l’avancement et la gloire de sa propre race ».

* « Soyez autant fiers de votre race aujourd’hui que l’étaient vos pères dans le passé. Nous avons une histoire magnifique, et nous allons en créer une autre dans l’avenir qui étonnera le monde».

* « Trop nombreux sont ceux parmi nous qui trouvent des prétextes pour fuir la race noire parce que nous sommes amenés à croire que notre race n’a aucune valeur – qu’elle n’a jamais rien accompli. Laches que nous sommes ! C’est nous qui n’avons pas de valeur, parce que nous ne contribuons pas à l’élévation et à la construction de cette race noble ».

* « Pendant plus de trois cents ans l’homme blanc a été notre oppresseur, et il ne nous accordera pas de bon gré la vraie liberté… Nous devrons nous libérer nous-mêmes ».

* « Une race sans aucune autorité et sans aucun pouvoir est une race qui ne se respecte pas ».

* « La seule protection contre l’injustice de l’homme est le pouvoir physique, financier, scientifique »

* « Il est possible que nous vivions pas tous la réalité d’un empire africain si fort, si puissant qu’il imposerait le respect à l’humanité, mais nous pouvons cependant durant notre vie travailler et œuvrer à faire de ce projet une réalité pour une autre génération ».

* « Peut-on le faire ? Nous pouvons le faire ! Nous le ferons ! ».

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( 24 juillet, 1939 )

Alexandre Stellio-Décédé

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 Alexandre Stellio-Décédé

C’est le 16 avril 1885 à huit heures du soir, sur le territoire de la commune des Anses-d’Arlets au sud ouest de
la Martinique, qu’une jeune cultivatrice âgée de 22 ans, Louise Pierre-Lucien, met au monde dans sa demeure située au lieu-dit « Le Flandrin » un enfant du sexe masculin qu’elle prénomme Fructueux. Elle ira le déclarer à l’État-Civil le 18 mai suivant comme en a gardé trace l’acte de naissance n° 56 rédigé devant deux témoins par Victor Genty, maire des Anses-d’Arlels. Cet acte de naissance reste cependant totalement muet quant à l’identité du père. On sait peu de choses sur l’enfance de celui qui, en dépit de ses origines bien modestes, allait devenir le plus célèbre interprète et compositeur de musique martiniquaise. Quelques informations nous sont données par son épouse Adéla, décédée en janvier 1992 à l’âge de 94 ans. Louise Pierre-Lucien ne tarde pas à quiller les Anses-d’Arlets pour aller vivre à Saint-Pierre où, vraisemblablement, il lui était plus facile d’assurer la subsistance de sa petite famille. Nul doute que le jeune Fructueux ait été profondément marqué par l’effervescence musicale qui régnait en permanence à Saint-Pierre, centre culturel, politique et commercial de
la Martinique jusqu’à l’éruption de

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la Montagne Pelée qui détruisit la ville en 1902. Très tôt, le garçon s’exerce à reproduire les airs populaires sur une petite flûte. C’est pendant celle période, en 1892, qu’il est reconnu par son père, Émile Alexandre, un marin pêcheur alors âgé de cinquante ans. En 1898, après semble-t-il un séjour de deux années à Fort-de-France, la mère s’embarque avec ses enfants pour
la Guyane et s’installe à Cayenne, dans une maison appartenant aux parents de Gaston Monnerville, qui fut Président du Sénat de 1947 à 1968. Tout jeune témoin de cet épisode, Gaston Monnerville se rappelle que Fructueux avait un frère aîné et deux soeurs. Pour gagner sa vie et aider sa famille, le jeune homme apprend le métier de cordonnier. C’est alors qu’il se prend de passion pour la clarinette, instrumeut qu’il étudie opiniâtrement en autodidacte, et dont il acquiert peu à peu une étonnante maîtrise. Quelques années après la catastrophe de 1902, il se joint à des musiciens locaux et devient une célébrité de Cayenne en se produisant au « Petit Balconl », le principal dancing de la ville. La capitale guyanaise, où avait émigré depuis longtemps une importante colonie martiniquaise, joua de toute évidence un rôle essentiel dans la survivance du patrimoine musical de Saint Pierre, constitué comme on le sait de biguines, valses, mazurkas créoles, chansons satiriques et politiques (se reporter à J’album BIGUINE, double CD, réf. FA007). Dès cette époque, le clarinettiste se forge un style personnel, identifiable dès la première note, caractérisé tant par la sonorité incisive si particulière obtenue de son instrument que par le lyrisme flamboyant de ses interprétations. Un admirateur lui donne bientôt le surnom de STELLIO, surnom qu’il portera toute sa vie et qui deviendra son second patronyme. Fructueux Alexandre s’appellera désormais Alexandre Stellio, l’étoile de la musique créole.

A Cayenne, Stellio joue aussi dans une petite salle de cinéma exploitée par un homme d’affaires martiniquais installé en Guyane, René Didier. Le musicien a été engagé pour agrémenter la projection des films muets en créant sur le vif l’ambiance correspondant à chaque scène. Après la fin de la première guerre mondiale, René Didier décide de venir s’établir en Martinique. Il s’associe à William Ba’rdury, le tout premier concessionnaire d’un cinéma à Fort-de-France, et fait construire, au 34 de la rue Lazare-Carnot, une salle moderne de quatre cents places. Pour la réussite commerciale de son entreprise, René Didier s’assure bien évidemment le concours de Stellio et de ses improvisations musicales. C’est dans ces circonstances qu’en 1919 notre musicien remet le pied sur son île natale, après en être resté éloigné pendant plus de vingt ans. La formation du cinéma Gaumom comprend, outre le clarinettiste, deux musiciens recrutés sur place:

Ernest Léardée (violon) et Duverger (violoncelle). Dès son arrivée, Stellio se produit dans divers dancings (souvent appelés « casinos ») de Fort-de-France: le « Casino Bagoé » de la rue du Pavé, le « Dancing Palace » qu’il inaugure en 1919 avec Léardée au n° 5 de la rue

du Commerce. La musique du Maestro fait l’effet d’une révélation sur le public qui redécouvre avec stupéfaction le répertoire et l’ambiance des bals de Saint-Pierre. Stellio, dont le jeu fougueux, mordant, puissant et nuancé correspond si bien à la sensibilité créole, enflamme littéralement ses compatriotes. Il est de plus en plus demandé pour animer les réunions dansantes de la société martiniquaise. A partir de 1922, Stellio joue au « Sélect Tango », 68 boulevard Allègre, en alternance avec le titulaire du lieu, le clarinettiste Léon Apanon qui en avalt fait l’ouverture le samedi 8 janvier de l’année précédente. Mais les jeux des deux interprètes ne supportent pas la juxtaposition. Une rivalité se fait jour. Au bout de quelques mois, la dissension éclate et Stellio quitte le Sélect Tango avec fracas. Trois cents mètres plus loin, il ouvre sa propre salle de bal, qu’il baptise le « Quand-Même », dans un entrepôt mis à sa disposition par René Didier dans [‘enceinte de la fabrique de glace industrielle que celui ci exploite à
la Pointe Simon, en bord de mer. Cet épisode savoureux consacrera pendant des années la suprématie artistique de Stellio. En peu de temps, le Sélect Tango se vide de ses clients, tandis que le Quand-Même n’arrive pas à accueillir toute la foule des danseurs venus biguiner sur la musique de leur idole. Léon Apanon en personne, accompagné de son tromboniste Masséna, viendra un soir au Quand-Même proposer la réconciliation à son rival. Celui-ci se laissera convaincre et, pour célébrer sa victoire, composera la biguine intitulée Quand-Même, présente dans cet album. A grand renfort de publicité, la direction du Sélect Tango annonce le retour de Stellio au grand bal d’inauguration donné le samedi 5 janvier 1925 pour la réouverture du dancing. Par la suite, Stellio continuera d’y jouer régullèrement, et ce jusqu’à son départ de
la Martinique en 1929.

Vers la fin des annéés vingt, Stellio, au sommet de sa popularité, se sent bien à l’étroit dans son île. Et les Martiniquais qui reviennent de Paris rapportent des nouvelles qui font rêver. Il se prépare là-bas, pour le prestige des Colonies Françaises, une exposition comme on n’en a jamais vue. Il paraît aussi que, dans un petit bal antillais du 15e arrondissement, la biguine remporte un succès fou auprès d’une certaine clientèle d’artistes et d’intellectuels de Montparnasse. Aussi, quand Ernest Léardée fait part à Stellio de son intention de partir à Paris, le chef d’orchestre se laisse-t-il tenter par l’aventure. C’est à ce moment que deux Martiniquais:

Monsieur Blérald, voyageur de commerce, et Monsieur

Laviolette, officier de
la Marine Marchande, font le projet d’ouvrir à Paris un nouveau bal de bonne fréquentation. Là pourront se retrouver chez eux, dans une ambiance familiale, tous les Antillais qui fuient le Bal Colonial du 33 de la rue Blomet, envahi par une foule de curieux depuis qu’il fait la une des journaux. Le 14 décembre 1928 en effet, Madame Weiler, fille d’un riche industriel, a tué de trois balles de revolver son mari, ingénieur et fils du Gouverneur Militaire de Paris, au retour d’une folle nuit passée au Blomet, faisant à cet établissement une publicité dont il se serait bien passé. Léardée et Stellio s’associent à Archange Saint-Hilaire,

un fameux tromboniste revenu de Guyane deux ans auparavant, et qui les accompagne souvent au Sélect Tango. Les trois compères, ayant réuni les fonds nécessaires, engagent le violoncelliste et pianiste Victor Collat, ainsi que le batteur et chanteur Orphélien (de sou vrai nom Paul Crémas). Les cinq musiciens quittent Fort-de-France sur le « Pellerin de
la Touche »
de
la Compagnie Générale Transatlantique dans la soirée du samedi 27 avril 1929 et débarquent au Havre le jeudi 9 mai au matin. L’après-midi, ils sont à Paris où les attendent Blérald et Laviolette qui ont prévu leur hébergement dans un hôtel meublé au 9 rue Berthollet.

Une seule journée pour répéter et, le samedi Il mai au soir, ils font l’ouverture du « Bal de
la Glacière », boulevard Auguste Blanqui dans le 13′ arrondissement, devant une foule enthousiaste informée depuis longtemps de leur arrivée. En dépit de ce premier succès, le Bal de
la Glacière doit fermer au bout de quelques mois en raison des plaintes du voisinage, peu habitué à cette animation nocturne, comme nous l’a rapporté Léardée. Les musiciens se produisent alors, ûn 1929, en semaine au « Canari », 8 Faubourg Montmartre, ainsi que dans un restaurant du Quai de Bercy, « le Rocher de Cancale », transformé le samedi et

la plupart des musiciens de l’Exposition, qui enregistre le 20 novembre chez PATHÉ les six derniers titres reproduits dans cet album. L’année suivante, Stellio se vit contraint, pour des raisons financières, de fermer son établissement. Il put cependant le rouvrir à la même adresse en novembre 1932 sous un autre nom: le « Madinina Biguine ». L’objet de la présente réédition s’arrête aux trois premières années de l’activité discographique de Stellio. Mais cette activité ne fut pas moins intense par la suite, puisqu’on a pu répertorier au moins 128 faces enregistrées par le chef d’orchestre d’octobre 1929 à décembre 1938. Celui-ci devait mourir à Paris l’année suivante, le 24 juillet 1939, des suites de l’embolie qui le terrassa devant son public le 15 avril, veille de son anniversaire, alors qu’il animait un bal, rue de
la Huchette.

Les quarante premières faces enregistrées par Stellio, au delà de l’éclairage qu’elles nous apportent sur l’art de l’instrumentiste, constituent un précieux ensemble documentaire sur la musique martiniquaise du début de ce siècle; sur ses thèmes, inspirés de la chronique de l’époque; sur ses sonorités résultant à la fois de la structure des orchestres et du style des interprétations. La toute première séance en particulier nous fait découvrir ce son étonnant obtenu par la fusion intime de la clarinette, du trombone, et du violon, ce dernier étant joué parfois pizzicato, à la manière d’un banjo. Les enregistrements réalisés deux ans plus tard au moment de l’Exposition ne reconstituent que partiellement ce style originel, le trombone de Masséna se limitant le plus souvent à des effets de riffs, bien moins éloquents que les contrepoints alertes, mobiles et puissants improvisés par Saint-Hilaire. On pourra aussi reprocher à certaines des premières exécutions les défauts de leur jeunesse: un tempo mal assuré, ou des instruments insuffisamment accordés. Les interprétations vocales d’Orphélien, à la voix singulièrement féminine, surprendront parfois. Mais ces imperfections se laissent vite oublier du fait de l’extraordinaire charisme du clarinettiste, menant son orchestre à sa guise, jouant sans jamais faiblir, parfois d’un bout à l’autre du morceau, développant le thème, stimulant les musiciens, assurant le lien entre les divers instruments. Bien des contemporains de Stellio ont été stupéfaits de sa technique développée sur un instrument antique qui n’avait pas encore bénéficié de tous les perfectionnements du système Boehm, et sur lequel l’artiste employait les anches les plus dures. Le disque nous restitue aujourd’hui avec fidélité la sonorité ample et incisive, le phrasé flexible, nuancé, expressif, la richesse d’invention mélodique, la puissance de souille, l’ardeur passionnée du créateur, toutes qualités qui firent la gloire de Stellio à son époque.

Jean-Pierre MEUNIER  © FRÉMFAUX & ASSOCIÉS S.A. 1994 

Fructueux Alexandre, dit Alexandre Stellio ou tout simplement Stellio, est né le 16 avril 1885

Commune des Anses-d’Arlets Martinique

Il Joue rue de
la Huchette (Claude Luter dit avoir pris des leçons de  clarinette de Stellio), L’orsque,victime d’un infarctus, il

s’écroule en scène, le 15 avril 1939 ; il allait avoir 54 ans. Transporté à l’hôpital de l’Hôtel Dieu, tout proche, il y meurt le 24 juillet 1939 a près une longue agonie, sans même

Avoir pu écouter les six dernières faces qu’il a enregistrées quelques mois plus tôt.

La trajectoire parisienne de Stellio aura duré exactement dix ans. Une décennie seulement, durant laquelle il aura révélé les rythmes créoles aux parisiens, influencé toute une génération de clarinettistes, pesé sur l’évolution du jazz français, et surtout nous aura laissé en héritage, l’énorme production phonographique d’environ soixante disques double face, quelque cent vingt morceaux, la plupart de sa composition ou bien ses propres arrangements d’airs traditionnels.

C’est une partie de cet héritage que nous rééditons sur ce compact, afin que Stellio, l’étoile noire de la musique créole, brille à jamais dans nos cœurs et au firmament des musiciens disparus.    

Alain Boulanger 

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( 23 décembre, 1925 )

Pierre BÉRÉGOVOY -Décédé

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 Pierre BÉRÉGOVOY -Décédé

 Pierre BÉRÉGOVOY :

Homme d’état, Homme politique, Ministre, Premier ministre et Socialiste (Francais)
Né le 23 décembre 1925
Décédé le 01 mai 1993 (à l’âge de 67 ans)

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Biographie
Il est le fils d’Irène Baudelin et d’Adrien Bérégovoy, un ukrainien, capitaine blanc et menchevik. Ce dernier, né à Izioum dans la région de Kharkiv en Ukraine[1], a immigré en France, où il tint un café-épicerie. À l’âge de 5 ans, Pierre Bérégovoy est pris en charge par sa grand-mère.

Il a eu trois enfants : Catherine, Lise et Pierre. Catherine Bérégovoy-Cottineau, sa fille aînée, a été élue conseillère municipale de Clichy, sur la liste socialiste, en mars 2008[3], et est déléguée aux retraités et personnes âgées. Son fils Pierre travaille à la BNP Paribas du Mali en tant que directeur général.

Son frère, Michel Bérégovoy, est également engagé en politique. Ancien député socialiste de Seine-Maritime, il est vice-président du conseil général de Seine-Maritime. Le fils de ce dernier, Jean-Michel Bérégovoy, est un élu Verts au conseil municipal de Rouen, depuis les dernières élections, et l’épouse de Jean-Michel, Véronique Bérégovoy, est présidente du groupe Verts au conseil régional de Haute-Normandie.

Article détaillé : Famille Bérégovoy. Études
En 1937, il obtient son certificat d’études. En 1941, son père tombant gravement malade, il quitte le lycée, obtient un brevet d’études industrielles (BEI), un CAP d’ajusteur, un CAP de dessinateur industriel. Selon son gendre Georges Cottineau, Pierre Bérégovoy était aussi diplômé de l’École nouvelle d’organisation scientifique du travail.

Carrière professionnelle
En 1941 il travaille à l’âge de 16 ans pendant neuf mois à l’usine de tissage Fraenckel en tant que fraiseur. En 1942 il entre sur concours à la SNCF comme cheminot. Rencontre avec Roland Leroy. Il entre dans la Résistance via le groupe « Résistance-fer ».[réf. nécessaire]. Il s’engage également dans les jeunesses socialistes. En juin 1944 il participe à la libération de la banlieue rouennaise[réf. nécessaire]. En 1949 il entre au cabinet de Christian Pineau, ministre des Travaux publics et des Transports dans le gouvernement Henri Queuille, comme chargé des relations avec les syndicats. En 1950 il entre à Gaz de France comme agent technico-commercial à Rouen, puis obtient en 1957 sa mutation pour Paris. En 1972 il est promu chargé de mission à GDF. En 1978 il termine sa carrière comme directeur adjoint à GDF.

Engagement politique
En mai 1946, il adhère à la SFIO et créera une section syndicale tendance FO. En 1949, il dirige l’hebdomadaire socialiste La République de Normandie. En 1958, il quitte la SFIO pour participer à la fondation du futur PSU en 1959 et y devient, à partir de 1960; collaborateur de Pierre Mendès France, en charge des questions sociales. En 1967, il quitte le PSU pour adhérer à l’Union des clubs pour le renouveau de la gauche, animée par Alain Savary. En 1969, il rejoint le « nouveau Parti socialiste » au congrès d’Alfortville, En 1971, il participe au congrès d’Épinay du Parti socialiste, puis aux négociations en vue de la signature du programme commun. En 1973, il devient secrétaire national chargé des affaires sociales puis, à partir de février 1975, chargé des relations extérieures. En 1974 il participe à la campagne présidentielle de François Mitterrand. En 1977, il négocie avec le PCF « l’actualisation du programme commun »

Fonctions politiques
21 mai 1981 – juin 1982 : secrétaire général de l’Élysée après l’élection de François Mitterrand à la Présidence de la République.
Juin 1982 – juillet 1984 : ministre des Affaires sociales gouvernement Pierre Mauroy.
Juillet 1984 – mars 1986 : ministre de l’Économie, des Finances et de l’Industrie dans le gouvernement Laurent Fabius.
Mai 1988 – mai 1991 : ministre d’État, ministre de l’Économie, des Finances et de l’Industrie dans le gouvernement Michel Rocard. Converti à l’économie de marché, Pierre Bérégovoy s’attache à stabiliser le franc (« politique du franc fort »), afin de faire baisser l’inflation, ainsi qu’à libéraliser les marchés financiers et à moderniser la Bourse. Cette politique lui vaut une réputation de gestionnaire compétent auprès des milieux d’affaires.
Mai 1991 – avril 1992 : ministre d’État, ministre de l’Économie, des finances et du Commerce extérieur dans le gouvernement Édith Cresson.
Avril 1992 – Mars 1993 : Premier ministre (et ministre de la Défense du 9 au 29 mars).
Mandats locaux
Septembre 1983 – mai 1988 réélu en 1989 : maire de Nevers dans la Nièvre
Mars – mai 1993, maire de Nevers
Conseiller général d’un canton de Nevers 1985-1993
Mandats de député
1986 – réélu en 1988 et en 1993 jusqu’au 1er Mai : député de la Nièvre
Gouvernement Bérégovoy
Article connexe : Gouvernement Pierre Bérégovoy.En avril 1992, François Mitterrand le nomme Premier ministre, en remplacement d’Édith Cresson. À ce poste, il doit affronter les attaques qui visent sa majorité, notamment en raison d’instructions judiciaires pour corruption touchant des proches du président de la République. Lui-même mis en cause, il est, de plus, confronté à la persistance des difficultés économiques et au mécontentement de la gauche, qui voit en lui le symbole du ralliement des socialistes au libéralisme économique.

Il effectue cependant plusieurs réformes (création du Conseil national des politiques de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale, etc.).

Pierre Bérégovoy et la corruption
Nommé Premier ministre, Pierre Bérégovoy se présente comme le chantre de la lutte contre la corruption affairiste et politique. Lors du discours de politique générale du 8 avril 1992, qu’il prononce devant l’Assemblée nationale après la formation de son gouvernement, il déclare notamment :

« [...] Urgence, enfin, dans la lutte contre la corruption. [...] Avec le garde des sceaux, M. Michel Vauzelle, je veux publiquement apporter mon soutien aux juges qui poursuivent la fraude, sans autre passion que le droit. On soupçonne certains hommes publics de s’être enrichis personnellement de manière illégale. S’ils sont innocents, ils doivent être disculpés ; s’ils sont coupables, ils doivent être châtiés ; dans tous les cas, la justice doit passer. [...] J’apporte également mon soutien aux policiers qui travaillent consciencieusement sous le contrôle des juges pour traquer les corrupteurs. [...] Toutes les procédures seront conduites à leur terme, dès lors qu’elles révèleront des actes frauduleux commis à des fins d’enrichissement personnel. [...] S’il est des dossiers qui traînent, croyez-moi, ils ne traîneront plus. [...] Croyez-vous que je prendrais la responsabilité de tels propos devant la représentation nationale — que je respecte — et devant l’opinion publique, si je n’avais pas l’intention d’honorer tous les engagements que je prends devant vous ? »
Répondant aux invectives de certains députés, le Premier ministre déclare tout en brandissant un papier :

« Comme je suis un Premier ministre nouveau et un homme politique précautionneux, j’ai ici une liste de personnalités dont je pourrais éventuellement vous parler. Je m’en garderai bien ! [...] S’il existe encore des élus qui, à quelque niveau que ce soit et à quelque parti qu’ils appartiennent, ne respectent pas les nouvelles règles de financement de l’activité politique, qu’ils le sachent : le gouvernement sera impitoyable. »
Cet incident sera immédiatement repris et commenté par la presse qui, spéculant sur la fameuse liste, conclura au dérapage. Cela déclenche la première polémique qu’il devra affronter.

Pierre Bérégovoy est, cependant, bien vite rattrapé par le cas de Samir Traboulsi, un financier libanais, ami de la famille qui, depuis 1989, se débat avec la justice dans l’affaire Pechiney-Triangle, un délit d’initié qui semblait mettre en cause également les milieux politiques. Alain Boublil, son directeur de cabinet, est également impliqué et contraint de démissionner. Dès l’instant où Bérégovoy avait été renommé ministre des Finances en 1991, on sait maintenant[5] que, selon ses propres dires, il avait été littéralement harcelé par l’homme d’affaires qui, ne voulant pas être inculpé par le juge Edith Boizette qui instruisait l’affaire, semblait être en mesure de faire pression sur son ami. Ainsi, au moment où Samir Traboulsi est renvoyé devant un tribunal correctionnel en janvier 1993, il semble qu’il ait averti le Premier ministre qu’il dévoilerait que l’affaire dans laquelle il est incriminé aurait débuté lors du dîner d’anniversaire de mariage du couple Bérégovoy qui s’est tenu le 13 novembre 1988 au restaurant « Chez Edgar » (à Paris).

Dans le même temps, éclate l’affaire du prêt Pelat, révélée par Le Canard enchaîné, en février 1993. Il s’agit d’un prêt d’un million de francs, sans intérêt, que Pierre Bérégovoy avait reçu en 1986 de Roger-Patrice Pelat, ami intime de Mitterrand, pour l’achat d’un appartement dans le 16e arrondissement, à Paris. Or cet ami, lui-même impliqué dans l’affaire Péchiney, se retrouve au centre d’une autre affaire de corruption, concernant l’entreprise de travaux publics Heulin, du Mans, qui constituera elle-même le point de départ de l’affaire Urba.

En outre, pour ce prêt passé devant notaire et qualifié de légal par la Chancellerie, Pierre Bérégovoy n’aurait remboursé que partiellement la somme due, dont une partie prétendument « sous forme d’objets d’art et de meubles dont on ne connaît ni la nature, ni la valeur ».

Le juge Thierry Jean-Pierre, qui instruit cette affaire complexe, découvre non seulement le prêt Pelat, mais aussi les nombreuses libéralités accordées à la famille Bérégovoy : ainsi la prise en charge financière par Roger-Patrice Pelat de vacances du couple Bérégovoy, entre 1982 et 1989 ; les versements d’argent effectués à Lise Bérégovoy, l’une des filles du Premier ministre, pour qui Pelat se portait également caution auprès des banques pour des emprunts répétés ou encore des billets d’avion gracieusement offerts à la jeune femme. Le juge Jean-Pierre met également en lumière la persistance de découverts bancaires jugés « faramineux» accordés par la SDBO, la filiale du Crédit Lyonnais, aux membres de la famille Bérégovoy. Apparaît ainsi un découvert de 199 737,20 F au mois d’avril 1993. Puis, de nouveau, on trouve la trace de prêts d’argent aux membres de la famille Bérégovoy, notamment à sa fille Lise, de cadeaux à son épouse Gilberte, ainsi que des aides ponctuelles consenties à Pierre Bérégovoy entre 1986 et 1988.

Aucune action judiciaire n’est engagée contre lui et rien ne dit qu’il y avait matière mais, à la veille d’une défaite électorale annoncée, le Premier ministre, qui se voulait exemplaire au point de prendre la tête d’une croisade contre la corruption, apparaît politiquement miné par ces affaires.

Le décès de Pierre Bérégovoy
Circonstances du décès et hommages
Un mois après avoir quitté Matignon, Pierre Bérégovoy se suicide près de Nevers, le 1er mai 1993, sur la berge du canal de la Jonction. Retrouvé gravement blessé en fin d’après-midi le 1er mai 1993, il a été victime d’un traumatisme crânien causé par un tir de revolver. Les pompiers de Nevers, prévenus par téléphone à 18 h 18, arrivent sur place vers 18 h 22.

D’abord transporté à l’hôpital de Nevers, il décède dans l’hélicoptère chargé de l’emmener à l’hôpital du Val-de-Grâce.

Ses obsèques ont lieu quelques jours plus tard à Nevers, en présence du président de la République et d’autres personnalités politiques françaises. Il est enterré à Nevers.

L’enquête de police a conclu, de manière formelle, au suicide de Pierre Bérégovoy au moyen de l’arme de service de son officier de sécurité.

Le Nouvel Observateur, dans son édition du 1er mai 2008, indique :

« L’enquête de police a conclu à un suicide. Ses proches le décrivaient comme dépressif depuis la défaite de la gauche aux législatives de mars 1993 et la polémique à propos de l’achat d’un appartement à Paris grâce à un prêt à 0 % consenti par Roger-Patrice Pelat, un proche de François Mitterrand. »
De son côté, Le Monde signale dans son édition datée du 4 mai 1993[8] :

« [...] Pour toute décision importante, Pierre Bérégovoy réfléchissait longtemps avant de prendre une option et, une fois son choix arrêté, il s’y tenait et allait jusqu’au bout. Tel semble aussi avoir été le cas pour sa décision de mettre fin à ses jours. C’est la conclusion unanime à laquelle sont arrivés, dimanche, les proches collaborateurs de l’ancien premier ministre, qui l’ont accompagné, pendant dix ans, à la municipalité de Nevers. »
François Mitterrand, président de la République en exercice, a déclaré lors des obsèques de Pierre Bérégovoy :

« [...] Toutes les explications du monde ne justifieront pas qu’on ait pu livrer aux chiens l’honneur d’un homme et finalement sa vie, au prix d’un double manquement de ses accusateurs aux lois fondamentales de notre République, celles qui protègent la dignité et la liberté de chacun d’entre nous. L’émotion, la tristesse, la douleur qui vont loin dans la conscience populaire depuis l’annonce de ce qui s’est passé samedi [...] lanceront-elles le signal à partir duquel de nouvelles façons de s’affronter – tout en se respectant – donneront un autre sens à la vie politique ? Je le souhaite, je le demande et je rends juges les Français du grave avertissement que porte en elle la mort voulue de Pierre Bérégovoy. »
Michel Charasse est allé dans le même sens :

« Je serais juge ou journaliste, je ne dormirais pas bien ce soir. [...] Il a été accablé par une injustice personnelle insupportable. Depuis deux mois, il suivait un chemin de croix épouvantable[8]. »
Après sa mort, Pierre Bérégovoy reçoit des hommages tant de la gauche (ainsi Laurent Fabius dans une tribune du Monde du 4 mai ; Jacques Delors, Charles Fiterman, Bernard Kouchner, Jack Lang, Pierre Mauroy, Ségolène Royal, lors de déclarations publiques) que d’une partie de la droite. En particulier, Raymond Barre, sur France 2, salue le 2 mai « un homme courageux et responsable » :

« Courageux parce que, compte tenu de son équation personnelle, il a été amené à prendre des décisions qui devaient nécessairement susciter des réactions chez ceux dont il était le plus proche. Responsable parce qu’il mesurait la nécessité, sur le plan national et international, de prendre des mesures douloureuses et rigoureuses. »
Dominique Baudis, Alain Juppé, Alain Lamassoure, Nicolas Sarkozy et Philippe Séguin lui ont également rendu hommage.

Polémiques sur la cause du décès
Les circonstances politiques et factuelles de la disparition de l’ancien Premier ministre aiguisent l’intérêt et l’imagination.

En 1999, prenant appui sur ce cas et celui de Robert Boulin, Hamedi Karine publie sa thèse de science politique montrant que, d’une façon générale, le suicide d’un homme politique arrange tout le monde. En 2002, bien que la hiérarchie des Renseignements généraux déclare officiellement ne pas la tenir pour crédible, le quotidien Le Parisien fait état d’une note interne de ce service concluant à l’assassinat. Signée par Didier Rouch, cette note de 27 pages, intitulée « L’étrange suicide », résume une contre-enquête réalisée sous la responsabilité de l’ex-commissaire des Renseignements généraux de la Nièvre de l’époque, Hubert Marty-Vrayance. Ce dernier affirmera avoir travaillé pour le compte du directeur des RG, Yves Bertrand, qui lui aurait demandé de creuser la piste du meurtre, en parlant notamment d’un « commando » chargé de surveiller Bérégovoy. Bertrand a catégoriquement nié cette version des faits[11]. Selon ce rapport, Pierre Bérégovoy aurait été abattu par des hommes-grenouille. L’argument le plus probant concerne le calibre de la balle tueuse qui serait différent de celui de l’arme de service supposée avoir été utilisée par Pierre Bérégovoy.

Successivement, en 2003, puis en 2008, deux journalistes, Dominique Labarrière et Éric Raynaud, après enquêtes, signent chacun un livre dans lequel ils prennent parti pour la thèse de l’assassinat, affirmant que Bérégovoy aurait menacé de révéler des informations explosives.

Cependant, un documentaire présenté par Laurent Delahousse, diffusé sur France 2 en avril 2008, a rejeté cette hypothèse en prétendant lever les principales zones d’ombre sur lesquelles elle se fondait. Le documentaire apporte une explication aux deux coups de feu entendus par certains témoins : le premier aurait été un coup d’essai tiré par Pierre Bérégovoy lui-même, de manière à s’assurer du fonctionnement de l’arme dont il n’avait pas l’habitude ; il révèle également que Didier Boulaud (directeur de cabinet de Pierre Bérégovoy à l’époque) a subtilisé le répertoire de l’ancien premier ministre[17], du fait qu’il contenait des informations personnelles qu’il aurait été fâcheux de montrer à sa femme. Il accrédite finalement le fait qu’une autopsie et une analyse balistique comparative ont bien été pratiquées contrairement à certaines affirmations. Enfin, le documentaire atteste que dans les semaines qui précèdent, Pierre Bérégovoy aurait dit à son directeur de cabinet penser à imiter Roger Salengro (qui s’est suicidé parce qu’il était calomnié) et il semble avéré qu’il était traité pour un état fortement dépressif qui avait alerté ses proches. Confirmation est toutefois apportée par son épouse Gilberte qu’il ne lui a pas laissé de lettre d’adieu.

Par contre, le journaliste du Monde, Jacques Follorou, rapporte dans son livre, publié également en avril 2008, les confidences de l’ancien gendre de Pierre Bérégovoy, l’avocat Vincent Sol, concernant deux lettres que Pierre Bérégovoy lui aurait remises en main propre quelques semaines avant sa mort, dont celle, qui lui était destinée, lui demandant de s’occuper de la famille après sa mort.

Dans la même optique, l’enquête de Benoît Collombat, diffusée en mai 2008 sur France Inter, a apporté les précisions de témoins qui n’avaient pas encore parlé : le responsable des pompiers de Nevers, le lieutenant-colonel Daniel Saksik, et le docteur Alain Chantegret, responsable du SAMU de la Nièvre, premiers sur les lieux, confirment le suicide.

Un documentaire réalisé par Francis Gillery et diffusé sur France 3 simultanément en mai 2008[20], présente néanmoins certains éléments perturbants qui laissent persister le doute : rétractation ou refus de parler de certains témoins, déclarations invraisemblables du garde du corps et du chauffeur, impossibilité d’accès aux scanners effectués à l’hôpital, impossibilité d’accès à l’autopsie, police scientifique et technique écartée, aveux de gendarmes reconnaissant que l’enquête était de pure forme, cliché photographique semblant démentir la balistique officielle, apparition en 2007 d’un témoin de la scène relatant la présence sur les lieux de deux personnes manifestement militaires bloquant l’accès à la zone au moment même des coups de feu, etc.[21]. Au cours du débat ayant suivi cette diffusion, un ami intime de l’ancien Premier ministre, le journaliste Gérard Carreyrou, par ailleurs convaincu du suicide, s’étonne lui-même que pour faire taire la polémique, les autorités n’aient toujours pas publié les résultats de l’autopsie et de l’étude balistique.

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( 21 janvier, 1924 )

LÉNINE -Décédé

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LÉNINE -Décédé

Biographie de LÉNINE :

Communiste, Homme d’état, Homme politique et Révolutionnaire (Russe)
Né le 22 avril 1870
Décédé le 21 janvier 1924 (à l’âge de 53 ans)
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 http://www.dailymotion.com/video/x3u9z6

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 Théoricien politique et homme d’action, le premier des héritiers de Marx à mener une révolution à la victoire, Lénine a jeté les bases du système soviétique. Menant de pair une réflexion théorique originale et une action d’organisation intense, il fut considéré de son vivant comme le véritable père de la révolution russe. Né en avril 1870, à Simbirsk, dans une famille de la bourgeoisie intellectuelle, Vladimir Ilitch Oulianov reçut une éducation de niveau élevé. Son père, inspecteur de l’enseignement, illustre les changements sociaux profonds intervenus dans l’Empire russe après l’abolition du servage en 1861 : sa carrière professionnelle lui permet une réelle ascension sociale, consacrée par son anoblissement en 1876. L’exécution, en 1887, du frère aîné de Vladimir Ilitch Oulianov pour participation à une tentative d’assassinat contre le tsar Alexandre III va jouer un rôle déterminant dans l’engagement du jeune homme : l’échec de ce complot, fomenté par des populistes (narodniki en russe), l’incitera à entrer en contact, après ses études secondaires, avec les groupes d’obédience marxiste, à Kazan puis à Samara.

Expulsé de l’université de Kazan, Oulianov poursuit néanmoins ses études. Il est autorisé à passer ses examens à Saint-Pétersbourg, et il obtient brillamment son diplôme d’avocat. Il est admis à plaider en juillet 1892, mais passe plus de temps à militer parallèlement dans des cercles d’ouvriers et d’étudiants. Ses premiers textes politiques (sur le paysannat, sur l’économie), écrits en 1893, ne seront publiés qu’après sa mort. Il publie en 1894 Ce que sont les « Amis du peuple » et comment ils luttent contre les sociaux-démocrates, dirigé contre les populistes. À l’image de ses mots d’ordre et de sa doctrine, et aussi des affrontements de l’époque, son style est volontiers polémique, d’une ironie parfois féroce : il cherche à la fois à disqualifier des concurrents, souvent présentés comme des ennemis, et à mobiliser des militants en sa faveur lors des luttes acharnées entre organisations révolutionnaires rivales. En 1894, il rencontre sa future femme, Nadejda Kroupskaïa, qui l’accompagnera constamment dans ses combats politiques.

Après un voyage qui le mène en Suisse (où il rencontre Plekhanov), à Paris (où il voit Paul Lafargue) et à Berlin (où il a des contacts avec Liebknecht), Oulianov est arrêté en décembre 1895 à Saint-Pétersbourg. Condamné à trois ans de relégation en Sibérie, il profite de son inactivité forcée pour écrire le Développement du capitalisme en Russie (1899). Il soutient dans cet ouvrage que, en additionnant les ouvriers de la grande industrie et les salariés agricoles, son pays compte 50 millions de prolétaires et semi-prolétaires. Cette image de la classe ouvrière présentant celle-ci comme la force dominante de la société russe (alors que les statistiques officielles recensent seulement 2 millions d’ouvriers pour 128 millions d’habitants, en 1897) est appelée à légitimer la voie révolutionnaire et à confirmer la thèse de l’auteur, selon laquelle l’économie russe a subi des transformations économiques majeures : la pénétration du capitalisme y est irréversible, comme le montre le triomphe des lois du marché dans l’agriculture.

Dès lors, il est absurde d’envisager – à la façon des courants slavophiles ou populistes – une spécificité russe qui justifierait le choix d’un développement particulier, différent de celui de l’Europe occidentale. Au contraire, pour Oulianov, la Russie ne peut se passer de l’étape du capitalisme industriel, malgré l’importance du secteur agricole. Ce qui freine dans ce pays le développement capitaliste et l’essor de la civilisation, c’est l’autocratie en tant que régime politique et rapport social profondément ancré dans toute la société. La bourgeoisie russe, quant à elle, est incapable de libéraliser le régime et, contrairement à ses homologues de France ou de Grande-Bretagne, elle ne conduit pas le processus de modernisation, et le sol russe reste encombré d’institutions et de groupes sociaux moyenâgeux.

En 1898, le Parti ouvrier social-démocrate de Russie (POSDR) se constitue sans lui : étant déporté en Sibérie, il ne peut que suivre les travaux des neuf délégués réunis à Minsk, qui publient un manifeste annonçant la naissance du nouveau parti. Mais dès sa libération, en janvier 1900, Oulianov est chargé de l’organisation du journal du parti, l’Iskra (« l’étincelle »), dont le premier numéro paraît le 24 décembre 1900. Il adopte le pseudonyme de Lénine, pour la première fois en décembre 1901, dans un article de la revue Zaria (de Léna, nom d’un bagne de Sibérie où avait eu lieu une révolte durement réprimée).

La doctrine de Lénine se forme à partir de sa lecture de Marx et de sa pratique révolutionnaire, mais aussi dans le feu des polémiques contre les populistes, contre les révisionnistes, contre Rosa Luxemburg, et bientôt contre les mencheviks. Pour Lénine, les luttes de tendances ont un sens politique profond ; loin d’affaiblir le parti révolutionnaire, elles doivent servir à le renforcer en dégageant peu à peu une ligne juste, confirmée par la réalité.

Ainsi, la conception du parti selon Lénine est conditionnée par l’absence, en Russie, d’une bourgeoisie éclairée. Ce manque a des conséquences multiples : les ouvriers ne se sont pas heurtés à une bourgeoisie libérale et n’ont pas acquis, comme ceux de l’Occident, une culture politique à travers la lutte des classes. Pour eux, la conscience de classe social-démocrate ne peut venir que de l’extérieur, notamment des intellectuels. C’est au parti qu’incombe la tâche de former la conscience de classe, mais aussi de transformer le rapport de forces entre les classes. Tel un levier, le parti multiplie la force, à une condition impérative : qu’il crée et entretienne l’« unité de la volonté ».

Le parti est efficace s’il est discipliné, hiérarchisé et régulé par une division du travail sous une commande centrale. Contre Rosa Luxemburg, qui croit à la spontanéité des masses et à leurs propres moyens de lutte, notamment la grève de masse, Lénine affirme la nécessité d’un parti composé de « révolutionnaires professionnels » qui jouent un rôle dirigeant. Ainsi, la lutte des classes est moins l’effet de transformations sociales spontanées que le résultat de l’action délibérée du parti : c’est celui-ci qui guide le prolétariat en lui donnant la force que les ouvriers, dispersés, ne possèdent pas, et qui leur communique la vérité.

La question de l’organisation fut au cœur des conflits entre les courants de la social-démocratie russe. La polémique avec Martov, dont Lénine critiquait la conception « élastique » du parti – selon ses propres termes –, est à la base du bolchevisme. Lors du congrès du POSDR de 1903, c’est la conception de Martov qui l’emporta, mais les partisans de Lénine furent majoritaires (« bolcheviks ») au comité directeur, ceux de Martov étant désormais les minoritaires (« mencheviks »). Cependant, les rapports de force entre les deux tendances fluctuent.

À la veille de 1905, les mencheviks sont majoritaires, mais la révolution manquée va tout bouleverser. Lors du Dimanche rouge, Lénine se trouve en Suisse, d’où il tâche de suivre les événements. Quelques semaines plus tard, il rencontre le pope Gapone à Genève, et Lénine tente, sans succès de le convertir à ses idées : à son retour en Russie, Gapone deviendra un agent provocateur. Lénine décide à son tour de rentrer en Russie et tente de convaincre les bolcheviks de ne pas boycotter la Douma. Dans le même temps, il lutte contre les manœuvres des mencheviks et appelle à la convocation d’un nouveau congrès. Après la dissolution de la Douma par Stolypine en 1906, Lénine se réfugie en Finlande, d’où il fait paraître son nouveau journal, Proletary.

Lors du Ve congrès du POSDR, à Londres, sa ligne triomphe : contre les « opportunistes », contre les cadets, en faveur de la participation à la nouvelle Douma. Mais il est obligé de fuir la Finlande et se réfugie en Suède en 1907, puis, de là, à Genève et à Paris, où il vit des années très difficiles, tant financièrement que politiquement. Il s’installe ensuite en Pologne autrichienne, à Cracovie, près de la frontière russe, d’où il compte pouvoir influer plus directement sur ses camarades restés en Russie. Lénine dirige un nouveau journal, la Pravda ; Zinoviev est auprès de lui à Paris et à Cracovie, ainsi que Kamenev jusqu’à son retour en Russie. Lénine est également aidé par sa femme et la Française Élisabeth Armand, dite Inessa ou Inès Armand, rencontrée à Paris en 1910, qui joue souvent le rôle d’émissaire. En Russie, Staline, jusqu’à sa première arrestation en 1911, organise la parution de la Pravda, avec l’aide de Molotov, puis est remplacé par Sverdlov.

Staline, bien que déporté en Sibérie en 1913, d’où il ne reviendra qu’en 1917, avait été introduit par Lénine au Comité central en 1912, en vertu d’un droit de cooptation pourtant tombé en désuétude. Ordjonikidze travaille à l’organisation des bolcheviks. Le scandale du chef des députés bolcheviques à la Douma, Malinovski, qui se révèle être un policier infiltré, n’atteint pas Lénine, qui lui faisait pourtant confiance, contre l’avis de Boukharine.

Le monolithisme du parti s’accentue, les débats en son sein sont limités ou interdits: le parti unique doit être totalement unifié pour réaliser la cohésion de la société. Comme le notent les premiers critiques, russes (libéraux ou mencheviks) ou étrangers (ainsi Bertrand Russell), du nouveau pouvoir, le socialisme repose sur l’appareil politico-policier dont le parti est la colonne vertébrale. Lénine reconnaît lui-même que, dans une sorte de renversement de l’importance des instances sociales telles que Marx les avaient établies, il avait été de l’avant en 1917 pour prendre le pouvoir mais que le parti avait dû procéder à une véritable construction des bases économiques du socialisme. Il en est né la nécessité d’étendre l’épuration aux dignitaires du parti: la purge permanente fut alors instaurée. En 1912, la scission avec les mencheviks est consommée lors d’une conférence tenue à Prague.

La guerre qui éclate en 1914 surprend Lénine, qui la jugeait peu probable mais qui la souhaitait, s’appuyant sur les précédents des guerres franco-prussienne et russo-japonaise qui avaient débouché sur la Commune de Paris et la révolution de 1905 en Russie. Le 7 août, Lénine est arrêté pour espionnage – il se trouvait en effet en territoire autrichien – mais est libéré peu après et part aussitôt pour la Suisse. La faillite de la IIe Internationale, dont tous les chefs avaient voté les crédits de guerre et s’engageaient dans des politiques d’union sacrée, lui semble irréversible. Dès lors, le travail de Lénine va consister à faire émerger l’idée du défaitisme révolutionnaire.

En février 1915, il définit la position du parti bolchevique : « La défaite de l’armée gouvernementale affaiblit ledit gouvernement, contribue à l’affranchissement des peuples opprimés par lui et facilite la guerre civile contre les classes dirigeantes. C’est particulièrement vrai en ce qui concerne la Russie. » De nouveau, Lénine utilise sa plume pour faire circuler les thèses bolcheviques ; Kroupskaïa, Inès Armand et la femme de Zinoviev tentent alors, sans succès, d’amener la conférence internationale des femmes sur les positions de Lénine.

Après les hécatombes de l’été 1915, certains dirigeants s’approchent des idées du défaitisme – Trotski, alors à Paris – ou les embrassent – Karl Liebknecht et Rosa Luxemburg, en Allemagne. Lors de la conférence socialiste de Zimmerwald, Lénine peut grouper autour de lui Karl Radek et des délégués allemands et scandinaves. Mais son propre texte, jugé trop tranché, fut remplacé par celui de Radek pour représenter la position de la « gauche zimmerwaldienne », minoritaire face à la majorité plus modérée groupée autour de l’Allemand Ledebour, et au centre, avec Trotski. Les débats furent extrêmement houleux, et Lénine n’atteignit pas son but de faire condamner la IIe Internationale. En revanche, il signa le manifeste qui marquait, selon lui, « un pas en avant dans la véritable lutte contre l’opportunisme » en appelant les ouvriers du monde à lutter pour une paix sans annexions ni indemnités de guerre.

Le 24 avril 1916, la conférence de Kienthal déclara qu’« il est impossible d’établir une paix solide dans une société capitaliste », mais on était encore loin de l’« assaut décisif au capitalisme » dont parlait Lénine. Le 22 janvier 1917, Lénine déclare, lors d’une commémoration du Dimanche rouge : « Nous, les vieux, nous ne verrons peut-être pas les batailles décisives de la révolution future. » Quelques semaines plus tard éclatait la révolution de Février (le 27 février du calendrier julien, soit le 12 mars du calendrier grégorien). Lénine l’apprend le 15 mars, et s’occupe aussitôt de rentrer en Russie, qu’il regagne en compagnie de Radek, de Zinoviev et d’Inès Armand, entre autres, et contre l’avis des mencheviks. Ces derniers, en effet, refusent d’utiliser le moyen proposé par les autorités allemandes, lesquelles comptent sur les révolutionnaires pour achever de disloquer l’armée russe : faire passer les émigrés à travers l’Allemagne dans un wagon jouissant du statut d’exterritorialité. Au terme d’un voyage sans incident, Lénine est accueilli en triomphateur à Petrograd. Il se trouve alors à la tête de quelques dizaines de milliers d’hommes : les bolcheviks seront près de quatre cent mille à la veille d’octobre 1917.

Mais Lénine se préoccupe moins des effectifs du parti que des possibilités ouvertes par l’implosion de la société russe : il préconise une lutte immédiate pour la conquête du pouvoir par le prolétariat, en sautant ainsi par-dessus l’étape de la révolution démocratique bourgeoise. Ses célèbres Thèses d’avril (1917) lui valent le ralliement de Trotski, tandis que d’autres bolcheviks sont réticents à sa politique : Zinoviev et Kamenev se montrent hostiles à Lénine lorsque celui-ci, après avoir mis en avant le mot d’ordre « Tout le pouvoir aux soviets », prône, en octobre 1917, la prise du pouvoir insurrectionnelle par le seul parti bolchevique désormais majoritaire dans les soviets. Considérant que le capitalisme est à son stade suprême – qui est l’impérialisme – et qu’il a pris la forme d’un capitalisme monopoliste d’État (l’Impérialisme, stade suprême du capitalisme, 1916), le théoricien de la révolution déclare que l’exercice du pouvoir est à la portée des bolcheviks. Mais pour le rendre possible, il faut concentrer les moyens de contrôle, de surveillance et de violence entre les mains du parti, dominé par le bureau politique, une instance fort restreinte où il détenait un rôle hégémonique.

L’activité de Lénine se confond alors avec les événements de la révolution d’Octobre. Lénine devient, dès la prise du pouvoir, président du Conseil des commissaires du peuple. Le 14 janvier 1918, en pleine négociation du traité de Brest-Litovsk, un premier attentat vise Lénine : un tireur embusqué fait feu sur son automobile. Il est possible que cet attentat ait été organisé par des officiers tsaristes, comme le prétendit la Vétchéka, ou par l’Allemagne, insatisfaite des négociations de paix que Trotski faisait traîner pour favoriser l’établissement du gouvernement révolutionnaire. Un nouvel attentat a lieu contre lui le 30 août 1918, œuvre de la socialiste-révolutionnaire Fanny Kaplan, ce qui illustre la lutte féroce entre les bolcheviks et l’opposition ainsi que le rôle clé que tous attribuent à Lénine.

Après avoir distribué la terre aux paysans et abandonné, en mars 1918, par le traité de Brest-Litovsk, de vastes territoires aux Allemands, le régime est confronté à une guerre civile dévastatrice. Celle-ci conduit à ce qui a été appelé le « communisme de guerre » : nationalisations de tous les biens économiques, réquisitions en nature. Les bolcheviks sortent vainqueurs de la guerre civile, mais le pays est ruiné.

En 1921, Lénine change d’orientation et favorise, sous le nom de « nouvelle politique économique » (NEP), un essor restreint du marché. Mais les structures politiques du régime ne sont pas infléchies. Dans un processus engagé en octobre 1917, conduisant notamment à la dissolution de l’Assemblée constituante (en janvier 1918), les partis, les syndicats et les associations autres que bolcheviques sont interdits; les libertés publiques sont abolies. Avec la NEP, les persécutions religieuses, la mise en place d’un système concentrationnaire se poursuivent. La répression de l’insurrection des marins de Kronchtadt en mars 1921 reste un des symboles de la poursuite de la terreur.

Le monolithisme du parti s’accentue, les débats en son sein sont limités ou interdits : le parti unique doit être totalement unifié pour réaliser la cohésion de la société. Comme le notent les premiers critiques du nouveau pouvoir, russes (libéraux ou mencheviks) ou étrangers (ainsi Bertrand Russell), le socialisme repose sur l’appareil politico-policier dont le parti est la colonne vertébrale. Lénine reconnaît lui-même que, dans une sorte de renversement de l’importance des instances sociales telles que Marx les avaient établies, il avait été de l’avant en 1917 pour prendre le pouvoir mais que le parti avait dû procéder à une véritable construction des bases économiques du socialisme. Il en est né la nécessité d’étendre l’épuration aux dignitaires du parti : la purge permanente fut alors instaurée.

Lénine était partagé entre deux impératifs : pour abolir le tsarisme, il préconisait un parti centralisé, mais il voyait dans les revendications nationales un facteur de dissolution de l’Empire russe. Dans les faits, il existait dans l’Empire russe des partis révolutionnaires par nationalité (polonais, letton), mais Lénine souhaitait, au nom de la « volonté unique », une organisation centralisée et non pas fédérative du parti : il s’opposait spécialement au Bund, qui regroupait les ouvriers juifs. Cependant, lors de la guerre de 1914, il proclama qu’il fallait rendre aux peuples le droit à disposer d’eux-mêmes. Ainsi Lénine se distingue à la fois de ceux qui, comme Rosa Luxemburg, considéraient que les revendications nationales sont toujours bourgeoises et de ceux, comme les austromarxistes d’Otto Bauer, qui préconisaient l’« autonomie culturelle » des nationalités.

Une fois au pouvoir, et alors que Staline a été nommé commissaire du peuple aux Nationalités, les bolcheviks s’engagent dans une politique brutalement centralisatrice; ainsi, en 1921, ils envahissent la Géorgie, qui avait choisi l’indépendance, sous la direction des mencheviks.

En 1923, lors de la préparation de la nouvelle Constitution de l’Union soviétique, qui, à la différence de celle de 1918, se préoccupait de la structure territoriale de l’État, Staline proposa un schéma assurant une prédominance de la Russie. Certains communistes – des Géorgiens – furent indignés, et Lénine, déjà malade, en fut averti. Dans le secret des murs du Kremlin, il s’opposa sans aucun doute à Staline. Sa critique du chauvinisme grand-russe était due, pour une large part, à des considérations stratégiques. Il apparaissait que l’extension de la révolution en Europe ne serait pas aussi rapide qu’on l’avait cru, en dépit de la création de la IIIe Internationale, en 1919.

Lors du IVe congrès du Komintern, qui s’ouvre le 5 novembre 1922, Lénine s’inquiète de ce que la résolution est « entièrement imprégnée de l’esprit russe ». Il écrit le 25 décembre sa Lettre sur les nationalités, qui reflète ses inquiétudes à propos du « chauvinisme grand-russe ». Dans son dernier article, Mieux vaut moins mais mieux, publié le 5 mars 1923, Lénine affirme que « l’Orient est entré définitivement dans le mouvement révolutionnaire ». Mais s’il place des espoirs nouveaux dans la lutte en Chine ou en Inde, il considère qu’une phase de développement de ces pays « arriérés » est nécessaire, et qu’en la matière, la Russie n’est pas en tout un exemple, elle qui doit encore « bannir toutes les traces d’excès que lui a laissées en si grand nombre la Russie tsariste, son appareil capitaliste et bureaucratique ».

Dès les mois qui suivent la prise du pouvoir, des luttes de factions déchirent le parti. Bientôt, Lénine est conduit à les arbitrer, notamment entre Staline et Trotski. Selon Lénine, « Trotski ne se distingue pas seulement par les capacités les plus éminentes [...] mais il est excessivement porté à l’assurance et entraîné outre mesure par le côté administratif des choses ». Mais Trotski utilise une stratégie différente de celle de Staline. Celui-ci, devenu secrétaire général du parti en avril 1922, s’appuie sur Zinoviev, président du Komintern dès 1919, pour placer des hommes sûrs aux échelons clés du parti et de l’Internationale. Staline est un homme d’appareil. La principale critique que porte Lénine concerne d’ailleurs ce « marécage putride et bureaucratique de  »services » » dans lequel il estime, au début de 1922, que le parti s’est noyé. En mai de cette année, une première attaque cérébrale lui interdit de participer pleinement à la vie politique. Il reparaît en octobre, mais dès décembre, il ne peut que dicter ses articles. Il meurt d’une troisième attaque, le 21 janvier 1924.

Le « testament » de Lénine fut publié par un journaliste américain proche de Trotski et admirateur de la révolution russe, Max Eastman, dans le New York Herald. Il s’agit en réalité d’une lettre au congrès du Komintern, où Lénine recommande, dans un post-scriptum du 4 janvier 1923, d’écarter Staline du poste de secrétaire général du parti. Trotski désavoua Eastman, écrivant notamment que « Vladimir Ilitch n’a laissé aucun  »testament », et [que] le caractère même de ses rapports avec le parti exclut toute idée de  »testament » ». Kroupskaïa parlait de son côté des « fantaisies de Max Eastman ».

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( 16 avril, 1916 )

KNIGHT Amédée-Décédé

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KNIGHT Amédée
Ancien sénateur de la Martinique
Né le 17 juillet 1852
Décédé le 16 avril 1916
Profession Industriel
Département  Martinique

Election
Elu le 13 juillet 1899
Réélu le 7 janvier 1906
Fin de mandat le 16 avril 1916 ( Décédé )
Extraits de la table nominative :
1899 , 1900 , 1901 , 1902 à 1905 , 1906 à 1908 , 1909 à 1911 , 1912 à 1914 , 1915 à 1917 Biographie
1889-1940 (Extrait du «Jean Jolly» )1889-1940
KNIGHT (AMÉDÉE, ALEXIS, AUGUSTIN), né le 17 juillet 1852 à Saint-Pierre-de-la-Martinique, mort le 16 avril 1916 à la Martinique.

Sénateur de la Martinique de 1899 à 1916.

Amédée Knight rallia la métropole pour faire ses études à Paris. Admissible en 1868, à 16 ans, à l’Ecole navale, il entre à l’Ecole centrale à 18 ans, en 1870. En possession de son diplôme d’ingénieur, il s’occupe d’abord en France de sucrerie, de métallurgie, avant de rentrer en 1878 à la Martinique. S’associant d’abord avec son père, il fonde ensuite ses propres distilleries et divers établissements agricoles consacrés à la culture de la canne à sucre ainsi que du cacao ou du café. Cette importante position le conduit tout naturellement au conseil municipal de Saint-Pierre, où il devient adjoint au maire, puis au Conseil général où il représente le canton de Lamentin en 1893 et celui de Basse-Pointe en 1899 et qu’il préside.

Il ne lui restait plus qu’à briguer un siège de sénateur : le décès de Vincent Allegre le 18 mai 1899 va lui en fournir l’occasion ; il est élu le 13 août suivant par 197 voix contre 75 à Sainte-Luce, conservateur. Son mandat lui est renouvelé le 7 janvier 1906 par 136 voix contre 78 à Clerc sur 215 votants.

Membre de la gauche démocratique, Amédée Knight se préoccupa surtout à la Haute Assemblée des intérêts de son île, pour laquelle il fit beaucoup après la catastrophe de l’éruption de la montagne Pelée, avec l’ardeur et la passion qui caractérisaient ses interventions.

Eloigné du Sénat par la maladie, il cessa de prendre part à ses travaux au moment de la guerre de 1914.

Il devait mourir dans son île natale, le 16 avril 1916, à l’âge de 64 ans.

Extrait du « Dictionnaire des Parlementaires français », Jean Jolly (1960/1977)

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( 19 décembre, 1915 )

Aloïs ALZHEIMER -Décédé

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  Aloïs ALZHEIMER -Décédé

Aloïs Alzheimer (14 juin 1864 à Marktbreit – 19 décembre 1915 à Breslau (aujourd’hui Wrocław) est un médecin psychiatre, neurologue et neuropathologiste allemand connu pour sa description de la maladie qui porte son nom.
Biographie
Originaire d’une petite ville de Bavière, Marktbreit, il fait ses études médicales à Tübingen, Berlin, Wurtzbourg et Francfort-sur-le-Main. Il passe sa thèse dans cette dernière ville en 1887 et est nommé médecin dans l’hôpital psychiatrique de la ville. Il se marie en 1895 et a trois enfants, mais sa femme meurt en 1901. Après avoir été son assistant à Heidelberg, il suit Emil Kraepelin à Munich en 1903 et intègre son équipe de chercheurs au sein de la Clinique psychiatrique.

Il fonde l’école de neuropathologie de Munich et est nommé professeur de psychiatrie à Breslau en 1912. Il décède à l’âge de 51 ans des suites des complications rénales et cardiaques d’un rhumatisme articulaire aigu.

Le cas Auguste D.

Auguste D.Cette patiente, de 51 ans, est admise à l’hôpital de Francfort le 25 novembre 1901, atteinte d’une démence. Elle est suivie par le Dr. Alzheimer jusqu’à sa mort le 8 avril 1906. Il en examine alors le cerveau, y découvrant les anomalies des fibrilles caractéristiques de la maladie d’Alzheimer.

Il décrit pour la première fois les symptômes et l’analyse histologique du cerveau en 1906, lors de la 37e Conférence des psychiatres allemands. Par la suite, plusieurs autres médecins (Fisher en 1907, Bonfiglio en 1908, Perusini en 1909 qui réétudie le cerveau d’Auguste D.) vont confirmer sa découverte. Alzheimer publie un deuxième cas identique en 1911.

C’est le psychiatre renommé Emil Kraepelin, qui est à l’époque responsable de la chaire de psychiatrie de Munich, qui propose par la suite de désigner ce type de démence par le nom de son collègue.
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( 17 février, 1909 )

GERONIMO-Décédé

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GERONIMO-Décédé

Biographie de GERONIMO :

Indien d’amérique (Américain)
Né en juin 1829
Décédé le 17 février 1909 (à l’âge d’environ 80 ans)

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Geronimo (juin 1829 – 17 février 1909), appelé à sa naissance Go Khla Yeh (celui qui baille), était un Amérindien apache.

Né en Juin 1829 en Arizona dans la tribu des Apaches Bedonkohe à Nodoyohn Canyon, au Mexique (actuellement Clifton, Nouveau-Mexique), il n’a jamais été chef, mais en tant qu’homme-médecin et guerrier reconnu et respecté, il eut une grande influence sur les Apaches Chiricahuas. Après la mort de Tazha, le fils aîné de Cochise, Naiche, le second fils du vieux chef doit partager le contrôle de la tribu avec lui. Son beau-frère Juh était un leader de la tribu des Apaches Nednis.

Géronimo est admis au conseil de guerre des Apaches Chiricahuas en 1846. En 1858, après le meurtre de sa mère, de sa femme et de ses trois enfants par l’armée mexicaine près d’un village appelé Kas-ki-yeh par les Apaches, il commence des raids de représailles en territoire mexicain. Il venge sa famille le 30 septembre, jour de la saint-Jérôme 1859. Les cris des Mexicains invoquant saint Jérôme (Géronimo ! Géronimo !) pour leur défense, l’inspirent et il prend alors son nom : Geronimo.

En octobre 1862, il participe avec les chefs Cochise et Mangas Coloradas à la bataille d’Apache Pass. En 1871, après près de dix ans de guerre contre les États-Unis, les Apaches Chiricahuas, alors dirigés par Cochise, négocient un accord de paix se rendent sur les conseils de Tom Jeffords. Ils obtiennent la création d’une réserve sur leurs terres. En 1876, la réserve Chiricahua cependant est fermée par les autorités américaines. La plupart des Indiens sont déportés vers la réserve de San Carlos, aride et désertique mais Géronimo, Naiche et Juh réussissent à s’enfuir. Géronimo est arrêté l’année suivante au Nouveau-Mexique par l’agent John P. Clum et transféré à San Carlos. Libéré, il s’enfuit de la réserve quelques mois plus tard. Il gagne le Mexique où il vit de pillages, avant de regagner San Carlos en 1879.
En septembre 1881, peu après la mort de Nochedelklinne, un leader spirituel apache tué par les soldats, Naiche, Géronimo et Juh s’enfuient à nouveau de leur réserve. Ils lancent de violentes attaques contre les colons blancs avant de s’évanouir dans les montagnes mexicaines. En novembre 1882, ils y abattent les 22 soldats mexicains du capitaine Juan Mata Ortiz.

Les raids des Apaches débordent du côté États-Unis (en Arizona et Nouveau-Mexique) : en mars 1883, 26 colons américains sont tués. Le général George Crook est chargé de protéger la population blanche et entreprend de traquer les Apaches hostiles dans leurs repaires mexicains. Un camp découvert par les éclaireurs apaches de Crook est attaqué en mai 1883. Les leaders apaches acceptent alors le principe d’une reddition. En 1884 Geronimo s’établit de nouveau dans la réserve de San Carlos. Geronimo, en compagnie de Naiche et plusieurs membres de la tribu s’échappent plusieurs fois, vivant de pillages, avant de se rendre. L’arrestation brutale du guerrier Ka-ya-ten-nae le pousse à s’enfuir une nouvelle fois le 17 mai 1885 avec 35 hommes et 109 femmes et enfants. Depuis le Mexique, ses hommes lancent plusieurs raids meurtriers en Arizona et au Nouveau Mexique. Il est de nouveau retrouvé au Mexique par des éclaireurs Apaches en mars 1886. Pendant une conférence avec le général Crook, il accepte de regagner la réserve avec les soldats américains. Il se ravise plus tard et s’échappe dans les montagnes avec Naiche, une quinzaine de guerriers et quelques femmes et enfants.

Crook ayant démissionné, c’est le général Nelson A. Miles qui est chargé de le poursuivre avec 5000 hommes et des milliers de volontaires. 3 000 soldats mexicains sont aussi mobilisés contre les Apaches au sud de la frontière. En marge de la poursuite de Geronimo, le général Miles fait déporter en Floride les Chiricahuas vivant en paix dans la réserve de San Carlos. Pendant plus de 5 mois, Geronimo et ses partisans réussissent à passer entre les mailles du filet, utilisant la surprise, la mobilité et les connaissances des Apaches des modes de survie dans des conditions extrêmes. Épuisé, fatigué de se battre, il finit par se rendre le 4 septembre 1886 avec 16 guerriers, 12 femmes et 6 enfants. « C’est la quatrième fois que je me rends » dit-il.

Sur ordre spécial du président Grover Cleveland, il est placé sous surveillance militaire étroite en Floride avec 14 de ses braves. Le climat humide de la Floride s’avère malsain pour les Apaches habitués à celui du désert et plusieurs d’entre eux décèdent. Les survivants sont ramenés à Fort Sill, en Oklahoma, en 1887. Geronimo se convertit alors au christianisme et devient fermier. Il regrette cependant jusqu’à la fin de ses jours de s’être rendu. Il vend des souvenirs à la Louisiana Purchase Exposition en 1904, participe à la parade d’inauguration de Theodore Roosevelt en 1905

Il dicte l’histoire de sa vie en 1906 avant de mourir d’une pneumonie à Fort Sill en 1909.

Les campagnes de guérilla de Geronimo restent un parfait exemple du genre. Ses facultés à exploiter des ressources humaines limitées et les terrains difficiles font de lui un stratège et un tacticien de premier ordre.

Citations :

« Nous sommes en train de disparaître de la surface de la terre, mais je continue à croire qu’il doit y avoir une bonne raison pour que Yoséné nous ait créés. Il a donné vie à toute une variété d’espèces d’hommes. Ainsi, pour chaque espèce créée, Il désigna un pays particulier. Lorsque Yoséné créa les Apaches, Il leur donna un pays qui se situe a l’ouest. Pour la nourriture, Il leur remit des graines, des fruits et du gibier. Afin de soigner les différentes maladies, Il leur enseigna où trouver ces plantes médicinales. Puis Il leur enseigna où trouver ces plantes et comment les préparer. Il leur accorda un climat doux et tout ce dont ils avaient besoin pour se vêtir et s’abriter…Cela eut lieu au tout début de la création : car Yoséné créa simultanément le peuple apache et son pays. Et quand viendra le jour où les Apaches seront séparés de leur terre, ils tomberont malades et mourront. Combien de temps s’écoulera-t-il pour que l’on dise qu’il n’y a plus d’Apaches? »

« Quand le dernier arbre aura été abattu – Quand la dernière rivière aura été empoisonnée – Quand le dernier poisson aura été péché – Alors on saura que l’argent ne se mange pas. »

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