( 18 septembre, 1970 )

Jimi HENDRIX-Décédé

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 Jimi HENDRIX-Décédé

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Jimi HENDRIX
Biographie de Jimi HENDRIX :
Live At Monterey
Valleys Of Neptune
Axis : Bold As Love (DIGIPACK DELUXE CD + DVD BONUS EDITION LIMITÉE)
Jimi Hendrix en BD
West Coast Seattle Boy : The Jimi Hendrix Anthology Artiste, Chanteur, Guitariste et Musicien (Américain)
Né le 27 novembre 1942
Décédé le 18 septembre 1970 (à l’âge de 27 ans)

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James Marshall « Jimi » Hendrix (27 novembre 1942 – 18 septembre 1970) est un guitariste de blues et de rock américain célèbre pour ses innovations musicales lors de la période psychédelique. Son utilisation de la guitare électrique est à l’origine du Heavy Metal. Jimi Hendrix fait ses classes dans des orchestres de rythm’and’blues et en particulier en accompagnant Little Richard en tournée. Celui-ci le congédiera car il apparait un peu « encombrant ». Il s’installera alors à New-York où il forme un groupe : les ‘Rainbowflowers’, l’entité se transforme par la suite pour donner naissance à ‘Jimmy James and the Blueflames’. Repéré dans le café Wha? à Greenwich Village par Chas Chandler lors de la tournée des Animals aux USA, celui-ci propose à Jimmy (dont l’orthographe du prénom n’a pas encore changé) de venir enregistrer son premier album en Angleterre.

Jimi accepte sous condition de rencontrer celui qui apparait comme la référence guitaristique de l’époque : Eric Clapton. C’est dans l’avion au dessus de l’atlantique que James change son prénom pour « Jimi ». A son arrivée, des auditions sont organisées pour trouver les musiciens qui l’accompagneront. En hommage à Cream (le groupe d’Eric Clapton) Jimi décide d’opter pour un trio et ce sont Mitch Mitchell et Noel Redding qui sont retenus. Ce dernier, qui n’avait jamais tenu une basse de sa vie, était venu auditionner pour le poste de guitariste des New Animals.

Avant même d’avoir enregistré le moindre morceau, la formation attire toutes les attentions. Les concerts sont l’occasion de croiser les plus grandes personnalités musicales : les Beatles, Eric Clapton, etc. Faute de répertoire personnel, le premier single du Jimi Hendrix Experience sera une reprise : « Hey Joe » sort en 1966 et installe immédiatement le groupe dans la mouvance psychédélique de l’époque. Il apparaîtra la première fois en France cette même année, à l’Olympia en première partie d’un concert de Johnny Hallyday !

Le premier disque « Are you experienced ? » est plus une collection de chansons qu’un véritable album mais déjà chaque titre est marqué par la créativité et la virtuosité du musicien. Comme souvent à l’époque, l’album sortira sous une version différente pour le marché américain. C’est pour assurer sa promotion sur ce marché que Jimi participe au festival de Monterey (1967 ‘the summer of love’). Contrarié de l’ordre d’apparition des groupes sur scène, selon lequel l’Expérience succédera aux Who dont l’énergie en concert est particulièrement réputée, Jimi décide de mettre littéralement le feu et conclut son apparition par un sacrifice rituel de sa Stratocaster, enflammée avec de l’essence à briquet.

Le deuxième album de l’Experience apparait comme beaucoup plus abouti. Les morceaux s’enchainent naturellement et Hendrix dévoile également des talents d’auteur. Pour la Saint Sylvestre 1969, c’est avec une nouvelle formation que Jimi Hendrix se produit. Le Band of Gypsies est un trio composé de son ancien camarade d’armée Billy Cox et du batteur Buddy Miles. C’est le même groupe qui l’accompagnera dans sa performance au festival rock de Woodstock où il marquera les esprits par une interprétation très engagée de l’hymne national américain.

Il meurt le 18 septembre 1970. Fatigué, il dort au Samarkand Hotel avec Monika Danneman, une belle allemande rencontrée à Dusseldorf lors de la tournée allemande précédent la tournée scandinave. Elle se lève pour aller acheter des cigarettes. En revenant, Jimi dort toujours. Il manque 9 somnifères dans sa boîte. Il voulait simplement dormir un peu pour récupérer… L’ambulance arrive et le conduit à l’hopital Saint Mary Abbots. A 11h30, Jimi Hendrix, agé de 27 ans, est déclaré mort. Les obsèques ont lieu le 1er octobre dans une église baptiste de Renton. Sa famille et tous ses amis sont présents. Partionelle Wright chante quelques titres de Gospel, Freddie Mae Gauthier lit un texte de Jimi. Après la cérémonie, les plus grands noms de la musique afro-américaine font un jam.

Jimi Hendrix a révolutionné la musique, en développant la plupart des concepts essentiels aujourd’hui en musique électronique : le multipiste, la distortion, le sample. La technique de Jimi Hendrix, son traitement du son (avec notamment l’usage abondant de la distorsion et des effets les plus variés) ainsi que son approche spectaculaire de la scène font de Jimi Hendrix l’un des précurseurs du hard rock. Au-delà de ses talents d’instrumentiste qui ont fait dire de lui qu’il avait « tué » la guitare comme Charlie Parker avait tué le saxophone, Hendrix a révolutionné le monde du rock, notamment en expérimentant de nombreuses techniques d’enregistrement en studio.

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( 13 juillet, 1970 )

Luis MARIANO-Décédé

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Luis MARIANO

Luis Mariano, de son vrai nom Mariano Eusebio González y García, né le 13 août 1914 à Irun au Pays basque espagnol 

décédé d’une hémorragie cérébrale le 13 juillet 1970 à l’Hôpital de la Salpêtrière à Paris,

 (à l’âge de 55 ans) était un ténor qui vécut la majeure partie de sa vie en France.
Il accéda à la célébrité en 1945 grâce à La Belle de Cadix, opérette de Francis Lopez ou encore Le Chanteur de Mexico. Il devint alors, à la scène comme au grand écran, le prince de l’opérette.
Sa tombe à Arcangues est encore visitée et fleurie par ses fans quarante ans après sa mort.

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Luis-Mariano Eusebio Gonzalez né à Irun le 13 Août 1914. Luis-Mariano était le fils d’un mécanicien. Sa famille se réfugie en France au moment de la guerre civile espagnole. Le jeune Luis attire par le dessin entre à l’école des beaux-arts de bordeaux. De plus il chante. Reçu au concours d’entrée du conservatoire de bordeaux, il est remarqué par Jeannine Micheau, qui s’aperçoit qu’on lui fait travailler des rôles trop lourds pour lui. La cantatrice lui fait connaître Miguel Fontecha, dont les leçons lui seront bénéfiques. Luis-Mariano affronte la scène du Palais de Chaillot en décembre 1943, dans le rôle d’Ernesto de Don Pascual (au coté de Vina Bovy et Gilbert Maurin). En attendant le résultat d’une audition à l’opéra comique il chante dans des spectacles de variété à la radio. Il commence à être connu.

Il fait la connaissance de Francis Lopez et Raymond Vinci. Il crée leur première opérette « La belle de Cadix », qui devait décider de sa carrière (24 décembre au théâtre du Casino Montparnasse).Prévue pour quelque dizaines de représentations « la belle de Cadix » devait tenir l’affiche pendant deux ans. La popularité de Luis-Mariano grandit rapidement. Pendant une dizaine d’années il domine le monde de la chanson et de l’opérette. La point culminant de sa carrière peut se situer en 1951.1952 époque du « chanteur de Mexico » et du film « violettes impériales ».

Au théâtre il triomphe dans Andalousie 1947, le chanteur de Mexico 1951, chevalier du ciel 1955. Pour le cinéma, de 1945 à 1958, Mariano tourne une vingtaine de films. Le tour de chant lui permet de se produire aux quatre coins du monde: Amériques 1949, usa, Amérique du sud 1952. En 1957 et 1959, il accompagne la caravane du cirque Pinder sur les routes de France, puis il se produit à l’Olympia. Les années 1958-1960 marquent un certain tournant dans la carrière de Mariano. Les yéyés envahissent les ondes et les écrans de télévision. Si Mariano a toujours autant de succès sur les théâtres d’opérettes : la cancion d’el amor mio (Madrid 1958) le Secret de Marco Polo 1959, et surtout le Prince de Madrid (1967), il ne tourne plus et ses incursions dans la chanson se font plus rares.

Signalons toutefois une tournée triomphale en Roumanie 1966, et l’enregistrement d’un disque de chansons Espagnoles et d’un disque de chansons Napolitaines. En province il a fait des reprise très remarquées du chanteur de Mexico et de la belle de Cadix (pour le vingtième anniversaire de la création). En décembre 1969 il assure la création de la « Caravelle d’or » au Châtelet, mais terrassé par la maladie il doit abandonner son rôle au bout de quelques mois.
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( 19 mai, 1969 )

Coleman HAWKINS-Décédé

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 Coleman HAWKINS-Décédé

HAWKINS Coleman Randolph « Bean », « Hawk ». Saxophoniste américain (St Joseph, Missouri 21-11¬1904/New York, 19-5-1969). Ii fait de très sérieuses études musicales classiques au Washburn College de Kansas City, puis à Chicago. Ses premiers instruments sont le piano et le violoncelldIi commence à jouer du saxophone ténor à l’âge de neuf ans. C’est avec cet instrument qu’il fait partie de l’orchestre de son collège deux ans plus tard. Après avoir débuté dans la région de Kansas City (1920), il fait une tournée avec Mamie Smith (1922-23). Arrivé à N ew York, il joue dans diverses

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Formations dont celle de Ginger Jones, enregistre avec Fletcher Henderson’ et devient membre régulier de l’orchestre (1922-1934). Engagé par Jack Hylton, il s’embarque pour l’Europe, joue et enregistre avec divers solistes et orchestres européens (Noël Chiboust, André Ekyan, Alix Combelle, Stéphane Grappelli, Django Reinhardt, Michel Warlop, etc.). De retour à New York (1939), il prend la tête d’un orchestre au Kelly’s Stables, puis forme un big band quise produit à l’Arcadia Ballroom, au Golden ‘Gate Ballroom, à l’Apollo Theatre, au Savoy Ballroom (1939-1941). Il revient ensuite aux petites formations et s’intéresse aux travaux des jeunes musiciens : il enregistre avec Dizzy Gillespie (1944), engage Thelonious Monk, Fats Navarro, Milt Jackson, Max Roach ; il fait partie de la troupe du JATP (1946) et accomplit de nombreuses tournees en Europe; il ,apparaît au Festival de Paris (1948) ; il dirige à New York un quintette en collaboration avec Roy Eldridge, fait une tournée des bases américaines en Europe avec l’orchestre d’Illinois. Jacquet (1954); il participe à de nombreux festivals, dont celui de Cannes où il joue aux côtés de Don Byas, Stan Getz, Guy Lafitte et Barney Wilen (1958). Il enregistre avec Duke Ellington (1962) et Sonny Rollins (1963). Fait une nouvelle tournée en Europe (1967). Quelques jours avant sa mort, il apparaît à la télévision en compagnie de

Roy Eldridge.   ,

Celui qu’on ‘surnommait « The Bean » ou « Bean » ne fut pas le premier jazzman à utiliser le saxophone ténor. Il fut cependant, au sein de l’orchestre de Fletcher Henderson, le premier soliste important – il jouait aussi ,de la clarinette, du ténor en ut et du saxophone basse. Il suscitera de nombreuses vocations et d’innombrables disciples. Sa première manière, pas moins archaïque’ que celle des autres saxophonistes de l’époque, n’est pourtant pas, à proprement parler, attrayante. La présence de Louis Armstrong à ses côtés dans l’orchestre sera sans doute déterminante. Comme le jeune Satchmo, il va peu à peu s’écarter des racines contraignantes. Le staccato va insensiblement céder la place à un legato bienvenu. La sonorité rugueuse des débuts va se faire souple, moelleuse. La. phrase lyrique ne refuse plus les douces enjolivure et fait de Hawkins un incomparable joueur de

ballades. C’est ainsi qu’il enregistre, en 1939; un Body And Sou! qui sera l’une des meilleures ventes de disques de l’histoire du jazz et qui reste un chef-d’œuvre absolu. Par la suite, il se mêlera avec bonheur aux promoteurs du mouvement bebop. Les très sérieuses études musicales qu’il entreprit dès sa prime enfance lui permirent .d’évoluer sans difficulté parmi des trames harmoniques qui se voulaient plus complexes et qui rebutèrent bon nombre de ses confrères. On notera qu’à partir de cette époque il adopte. un nouveau bec qui, sans lui faire perdre de sa puissance, modifie très sensiblement sa sonorité. Reste que Coleman Hawkins, évoluant sans jamais’ se renier, a écrit quelques-unes des plus grandes pages de l’histoii’e du jazz. Son influence (sur Ben Webster,
Chu
Berry, Don Byas, Sonny Rollins, Archie Shepp, etc.) reste incom¬mensurable – M.L. 

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  • Avec F. Henderson : The Slampede (1926), Its The Talk Of The Town (1933); One Hour (Mound City Blue Blowers, 1929);
    Jamaica Shout (1933), Honeysuckle Rose. Out Of Nowhere (1937); When Lights Are Law (Lionel Hampton, 1939); Body And Soul (1939), My Ideal. The Man 1 love (1943), Rainbow Misl. Yesterdays, Just One Of Those Things, Don’t Blame Me (1944); 9:20 Special (Count Basie, 1941); Blues Wail (Tiny Grimes, 1958); Summertime (
    S. Rollins, 196
    1936-56 : Body and Soul (RCA) compilation 

  • 1944 : Rainbow Mist (Delmark)

  • 1947 : Hollywood Stampede (Capitol)

  • 1957 : The Hawk Flies High (Riverside/OJC) 

  • 1957 : World on a String (Bluebird/RCA) 

  • 1957 : Monk’s Music (Riverside/OJC)

  • 1960 : At Ease with Coleman Hawkins (OJC) 

  • 1962 : Alive! At The Village Gate (Verve) 

  • 1962 : Desafinado Impulse!

  • 1966 : Supreme (Enja)

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( 4 avril, 1968 )

Martin Luther KING-Décédé

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Martin Luther KING
Biographie de Martin Luther KING :
Homme politique, Pasteur et Religieux (Américain)
Né le 15 janvier 1929
Décédé le 04 avril 1968 (à l’âge de 39 ans)

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Martin Luther King est né à Atlanta, en Géorgie, le 15 janvier 1929. Sa mère, Alberta Williams, institutrice avant son mariage, était la fille d’Adam Daniel Williams, pasteur pendant dix-sept ans de l’Eglise baptiste Ebenezer et pionnier de la résistance aux discriminations raciales : membre de la National Association for the Advancement of Colored People, il avait lutté pour obtenir un collège secondaire pour les Noirs et fait boycotter un journal raciste. Son père, Martin Luther King Senior, était également pasteur, et il succéda d’ailleurs dès 1931 à Adam Williams dans la responsabilité de la paroisse. Le milieu où le jeune Martin Luther King (Martin Luther King Junior) allait grandir était donc celui d’une bonne classe moyenne. Tout en étant très bagarreur et très émotif, il connut effectivement une enfance paisible imprégnée de morale évangélique.

Martin Luther King a ignoré le ghetto et la misère, les rats et la vermine, qui étaient et restent le lot de plusieurs millions de Noirs américains et il eut toutes les facilités pour entreprendre de bonnes études. Son père, fils d’un ouvrier asservi de plantation, avait su s’élever dans la société, acquérant à la fois une influence de responsable spirituel et une aisance matérielle certaine. Martin Luther Jr savait qu’on attendait de lui une réussite analogue.

De fait, le jeune homme fit des études brillantes. En 1944, il entrait au Morehouse CoUege d’Atlanta, pensant devenir médecin ou avocat. Malgré le souhait de ses père et grand-père, il ne désirait pas devenir pasteur à son tour, se sentant mal à l’aise avec l’émotivité excessive qu’il percevait dans les églises réservées aux Noirs. Toutefois, l’enseignement de certains de ses professeurs qui étaient pasteurs lui prouva qu’une carrière religieuse pouvait être intellectuellement satisfaisante, et il finit par embrasser cette voie. Il fut ordonné dans le temple de son père à Atlanta en 1947, et nommé assistant de cette paroisse.

Toujours étudiant à Morehouse, Martin Luther King eut une activité très dense au sein de la National Association for the Advancement of Colored People (N.A.A.C.P.), organisation créée en 1909. Car s’il bénéficiait d’une sécurité matérielle, il n’en connaissait pas moins l’insécurité morale qui frappait tous les Negres et, comme son père, il voulait faire progresser la situation de ses frères de peau. Il quitta Morehouse en 1948, avec une licence de lettres, pour le Crozer Theological Seminary de Chester, en Pennsylvanie, où il était l’un des six Noirs dans un groupe de cent étudiants. En 1951, il obtint une licence de théologie et décida de poursuivre des recherches à l’Université de Boston, tandis qu’il continuait à suivre des cours de philosophie à l’Université de Harvard. A partir de 1953, il se consacra à la rédaction d’une thèse : « Comparaison de la conception de Dieu chez Paul Tillich et Henry Nelson Wieman ». Il obtint le doctorat de troisième cycle de théologie systématique en juin 1955.

King possédait une solide érudition. Le théologien « social » Walter Rauschenbusch avait marqué sa pensée, tout comme Henri-David Thoreau, Hegel, Tillich, et … Gandhi. Il se définissait comme « personnaliste », et il ne faisait point de doute pour lui que l’Eglise devait jouer un rôle actif dans l’établissement de la justice sociale. Il avait également lu Marx, ce qui, dans les Etats-Unis de l’époque, n’allait pas de soi.

En 1952, Martin avait fait la connaissance de Coretta Scott, pédagogue de formation et chanteuse. Cela avait abouti à leur mariage, le 18 juin 1953, et, en septembre 1954, tous deux s’installaient à Montgomery (Alabama), ville habitée par cinquante mille Noirs et quatre-vingt mille Blancs, où Martin Luther King prit la succession d’un « pasteur de choc », dans une des églises baptistes noires qui comptaient beaucoup de familles aisées et d’intellectuels.

Le 17 mai 1954, la Cour Suprême des Etats-Unis avait décrété que dans l’éducation, droit majeur de l’homme, la ségrégation était contraire à la Constitution. Il s’agissait d’un événement important, qui ouvrait une brèche dans le mur soigneusement élaboré du mépris racial , mais l’intégration était encore loin d’être réalisée, surtout dans les Etats du Sud. Afin d’intéresser ses paroissiens aux problèmes du peuple noir, et surtout afin de les amener à faire pleinement usage de leurs droits civiques, King suscita très vite un comité d’action sociale et politique, et il invita les membres de la communauté à adhérer à la N.A.A.C.P. qui avait été pour beaucoup dans la décision de la Cour Suprême. Mais c’est le ler décembre 1955 que se produisit l’événement qui allait orienter toute sa carrière de pasteur.

Ce jour-là, en effet, une couturière noire de cinquante ans, Mme Rosa Parks, refusa de céder sa place assise dans l’autobus à un Blanc, comme les lois de l’Alabama le lui enjoignaient. La police l’interpella, et elle se serait retrouvée en prison si un témoin de la scène n’avait payé immédiatement sa caution. Martin Luther King fut averti et, scandalisé, il décida avec son ami le pasteur Ralph Abernathy d’organiser le soir même une réunion au temple, avec tout ce que la communauté noire de Montgomery pouvait compter de membres influents, pasteurs, avocats, médecins, syndicalistes… Un syndicaliste ayant suggéré un boycott des autobus, l’idée fut discutée et, progressivement, adoptée. Les pasteurs annonceraient la décision à l’office du dimanche. Un tract serait distribué à la population de couleur.

Le lundi 5 décembre, les Noirs ne devraient pas prendre l’autobus pour aller au travail, à l’école, à la ville ! Le lundi matin, chacun était anxieux : les Noirs prendraient-ils ou non l’autobus ? Ils ne le prirent pas, et les conducteurs se promenèrent tout seuls, car les Blancs s’étaient eux-mêmes abstenus par crainte des troubles ! Les taxis, en revanche, étaient pleins, les rues étaient encombrées de bicyclettes et de piétons. On marchait. Certains, qui avaient quinze ou vingt kilomètres à effectuer pour se rendre à leur travail, marchèrent même beaucoup. Mais on souriait, on applaudissait, on s’interpellait. C’était la levée en masse de la piétaille ! La police aurait voulu arrêter les meneurs… mais qui était meneur ?

Dans la journée, Mme Parks fut condamnée à dix dollars d’amende pour violation des lois locales de ségrégation. Le soir, une grande assemblée se tint. Martin Luther King, parlant plusieurs orateurs, s’écria : « Nous en avons assez d’être maltraités et opprimés. Nous avons été trop patients. Une des gloires de la démocratie, c’est qu’elle donne au peuple le droit de protester. Nous le ferons, mis sans violence ni haine. L’amour du prochain sera notre règle ». Les applaudissements et les reprises en choeur de ses phrases l’interrompaient constamment. On décida que le boycott serait prolongé jusqu’à ce que des pratiques humiliantes cessent d’être imposées aux Noirs dans les autobus. On créa aussitôt une nouvelle organisation, l’Association pour le Progrès de Montgomery, et King en fut nommé président.

L’action dura trois cent quatre-vingt deux jours ! A maintes reprises, les autorités firent pression sur King pour qu’il mette fin au boycott. Le 26 janvier 1956, on l’arrêta sous le fallacieux prétexte d’excès de vitesse. Quatre jours plus tard, un attentat fut commis contre son domicile, manquant de déclencher une réaction noire violente qu’évita de justesse King en faisant appel à la raison. En mars, on intenta un procès au pasteur pour violation des lois anti-boycott, et il fut condamné à cent quarante jours de prison et cinq cents dollars d’amende. Cette lutte, Martin Luther King l’a racontée dans « Combats pour la liberté ».

Pendant des mois, les Noirs, unis comme ils ne l’avaient jamais été, s’entraidèrent ainsi pour des services de taxis bénévoles, permettant le transport quotidien de quarante deux mille personnes, ou s’encouragèrent les uns les autres à circuler à pied et à se tenir prêts à être jetés en prison. Au bord de la faillite, la compagnie d’autobus fut finalement obligée d’accepter la fin des mesures discriminatoires. Mais la victoire ne s’arrêtait pas là : dès novembre 1956, la Cour Suprême des Etats-Unis avait déclaré inconstitutionnelles lois imposant la ségrégation dans les transports ! Le 21 décembre, les Noirs purent ainsi prendre les autobus dans mêmes conditions que les Blancs, sous la protection d’une loi anti-ségrégation. Pour eux, c’était la prise de la Bastille !

Dès lors, Martin Luther King allait apparaître comme le leader national du mouvement de résistance. En janvier 1957, les leaders noirs de dix Etats du Sud se rencontraient pour former l’organisation qui s’appellera Southern Christian Leadership Conference (S.C.L.C.), et King en fut élu président. Pour commencer, cette organisation décida de concentrer son attention sur la discrimination pratiquée dans les transports ailleurs qu’à Montgomery malgré la nouvelle loi, et l’accession des Noirs au droit de vote.

Figure de proue du mouvement noir, King parcourut, en 1957, des dizaines de milliers de kilomètres et prononça deux cent huit discours. On l’appelait « le nouveau Moise » ou « le nouveau Gandhi ». Un thème revenait comme une obsession dans toutes ses allocutions : la défense des droits civiques. Et pour obtenir ces droits, proclamait-il, il fallait que les Noirs commencent par acquérir le respect d’eux-mêmes. Preuve de la popularité grandissante de King : en mars 1957, Kwame Nkrumah l’invitait aux cérémonies qui marquèrent l’indépendance du Ghana.

A son retour d’Afrique, les deux mouvements de lutte, la S.C.L.C. et la N.A.A.C.P., décidaient d’organiser une manifestation à Washington, le 17 mai 1957, pour le troisième anniversaire de la décision de la Cour Suprême supprimant la ségrégation dans les écoles. Vingt-cinq à trente mille Noirs et quelques Blancs, massés devant le mémorial de Lincoln, écoutèrent les orateurs qui réclamaient la fin de la ségrégation raciale. King fut ovationné. Un mois plus tard, il était reçu, en compagnie de Ralph Abemathy, par le vice-président Nixon. Puis, le 23 juin, c’était au tour du président Eisenhower de lui accorder une audience. Mais dans les deux occasions, on ne lui fit que des réponses très vagues, qui aboutirent à une loi affirmant le droit de vote des Noirs mais n’offrant guère d’espoirs d’application immédiate. Le langage de King, lui, était ferme et exigeant.

En septembre 1958, mois de la sortie en librairie de « Combats pour la liberté », Martin Luther King fut insulté, brutalisé et arrêté par des agents de police. Il fut vite relâché, un inconnu ayant payé sa caution. Mais, peu après, une femme noire exaltée, que des campagnes de diffamation contre le pasteur avaient convaincue que celui-ci était communiste, lui plantait un coupe-papier en acier dans la poitrine. La pointe s’arrêta tout contre l’aorte, et c’est miracle que King ne soit pas mort. Pendant sa convalescence, invité par Nehru, il se rendit avec sa femme en Inde, sur les traces de Gandhi.

Le progrès vers l’égalité raciale restait bien lent, surtout dans le Sud des Etats-Unis. Presque partout, on se contentait de gestes symboliques, par exemple quelques élèves noirs dans une grande école qu’on proclamait « intégrée ». De ce fait, la patience des Noirs était mise à rude épreuve, et à partir de 1959, les « Musulmans Noirs », qui refusaient de faire appel, comme King, à la conscience des Américains blancs et prônaient la violence, commencèrent, sous la direction d’Elijah Muhammad et surtout de Malcolm X, cette autre grande figure de l’Amérique noire, à acquérir une large audience, surtout dans les ghettos noirs des grandes villes du Nord.

A la fin de 1959, les King quittaient Montgomery, où Martin Luther, étant donné ses fonctions à la tête de la S.C.L.C., ne pouvait plus assurer un service pastoral normal, et ils rejoignirent Atlanta. Montgomery avait été le premier épisode de la révolte noire. Greensboro fut le deuxième. Dans cette ville de Caroline du Nord, autre Etat des plus racistes des U.S.A., quatre étudiants noirs s’installèrent, le ler février 1960, dans un buffet réservé aux Blancs et refusèrent d’en partir. Une station de radio transmit l’information. Aussitôt, des dizaines d’étudiants vinrent en renfort à leurs camarades : les « sit-ins » venaient de faire leur apparition comme tactique de masse.

Ce mouvement allait s’étendre à plus de cent villes et mobiliser soixante-dix mille protestataires. Injuriés, les manifestants restaient silencieux. Frappés, ils ne rendaient pas les coups. Même quand des jeunes Blancs s’amusaient à tirer les cheveux des filles noires ou à écraser des cigarettes allumées sur leur cou, celles-ci ne répondaient pas. Tous priaient et supportaient tout dans la dignité.

Il y eut des centaines d’arrestations. Martin Luther King n’avait pas été directement à l’origine de cette action, mais il allait d’un lieu à un autre, soutenant les résistants, se joignant à leurs démonstrations, se faisant arrêter avec eux. Il expliquait : « Pour que la résistance non-violente ait un sens, il faut que cela soit dirigé vers la réconciliation. Notre but final est la création de la communauté d’amour fraternel. Les tactiques non-violentes sans l’esprit de la non violence peuvent devenir une sorte de violence ». Cette forme de lutte contre la ségrégation permit d’accomplir à un rythme accéléré l’intégration dans les restaurants, sur les plages, dans les piscines, dans les bibliothèques, dans les églises…

En 1960 toujours, des jeunes de la S.C.L.C. organisaient un groupe distinct pour l’action, et ils l’intitulaient « Comité des Etudiants Non-violents » (S.N.C.C. ou Snick), groupe qui, sous l’impulsion notamment de Stokely Carmichael, allait évoluer cinq à six ans plus tard en s’éloignant de la non-violence. C’est l’année aussi où King fut accusé de fraude fiscale, accusation dont il fut lavé mais qui le toucha beaucoup moralement. Le leader insistait toujours plus sur la Luther King avait été parmi les quelques vingt et un mille personnes arrêtées dans les Etats du Sud, tandis que quelques progrès étaient apparus en direction de l’intégration et des droits des électeurs, et que des comités paritaires poursuivaient des négociations dans plus de cent localités.

Kennedy mort, en était-ce fini des espoirs des Noirs américains ? Lyndon B. Johnson poursuivit, heureusement, les efforts de son prédécesseur, et le 2 juillet 1964, une nouvelle loi sur les droits civiques était votée. Ce texte s’attaquait à la non-participation politique des Noirs, interdisait la discrimination dans les lieux publics, faisait désormais relever les infractions du ministère fédéral de la justice et non plus des juridictions locales, et créait une commission pour étudier les cas de discrimination dans le travail. Aucune loi n’était allée jusqu’à présent aussi loin dans le sens de l’égalité raciale. Pourtant, au même moment, des émeutes noires éclataient un peu partout : New-York, Jersey-City, Dixmoor, Philadelphie… Les jeunes des ghettos des grandes villes américaines du Nord, en effet, avaient dépassé la frontière du désespoir. Ils n’avaient ni passé ni avenir : ils se jetaient dès lors dans la violence la plus aveugle.

En septembre 1964, King était invité par Willy Brandt à Berlin, et il était reçu en audience par le pape Paul VI. A son retour, il soutenait la candidature de Johnson à la présidence des Etats-Unis… et apprenant son élection pour le prix Nobel de la Paix, qu’il allait recevoir à Oslo le 10 décembre 1964.

Par l’intermédiaire du Prix Nobel, Martin Luther King devenait pour le monde entier le symbole de cette révolte noire qu’il était déjà pour le Sud des Etats-Unis, le symbole de la lutte pour la justice par des moyens non-violents. Mais si sa célébrité faisait le tour de l’univers… elle était en train de mourir aux portes des quartiers misérables des métropoles du Nord, dont les habitants entendaient déjà un autre rêve : celui du « Black Power » (Pouvoir noir), celui d’une Amérique sans les Blancs.

Dans la plupart des villes industrielles du Nord et de l’Est, la main-d’oeuvre noire, fuyant le Sud pour trouver des conditions de vie plus humaines, s’était entassée dans des quartiers qui avaient vite ressemblé à l’enfer. Education au rabais. Pas ou peu de fondation professionnelle. Des débouchés en quantité très limitée. Très fort chômage. Revenus inférieurs. Généralisation de l’assistance sous ses pires formes. Conditions sanitaires critiques. Très forte densité. Dégradation de la vie familiale… Au bout, que pouvait-il y avoir, sinon la révolte ? Que pouvait-il y avoir, sinon une haine accumulée contre les Blancs, même si, à la différence du Sud, il n’y avait pas, dans le Nord, de lois racistes ?

En mars 1965, Martin Luther King remporta son dernier succès avec la marche de Selma à Montgomery. Le gouverneur Wallace, de l’Alabama, ne voulait pas abandonner sa politique ségrégationniste, malgré les directives gouvernementales. Une première marche de protestation fut donc organisée, mais elle fut brutalement arrêtée par la police locale, qui fit soixante blessés parmi les manifestants.

Martin Luther King lança alors un appel à tous les partisans des droits civiques pour recommencer, en masse cette fois. Le 21 mars, trente cinq mille « pélerins » rejoignirent Montgomery ! Toutefois, King, proposant un boycott national des produits de l’Alabama, ne fut pas suivi. Pire ! il devenait à présent évident que les jeunes Noirs doutaient désormais des possibilités de l’action non-violente, et ils étaient de plus en plus nombreux à se tourner vers la réaction violente à l’injustice, en se réclamant du « Black Power ».

Alors que la non-violence avait permis des changements progressifs dans le Sud, les conditions avaient empiré dans le Nord, où la misère économique rejetait les Noirs encore plus que des lois racistes ne pouvaient le faire. Ayant méconnu la réalité des ghettos du Nord, King se trouva tout à coup en face d’une Amérique Noire qui lui échappait et qui risquait de sombrer dans le meurtre. Il n’apparaissait plus que comme un « bourgeois moraliste », un « oncle Tom » manié et téléguidé par le pouvoir blanc, et les émeutes allaient embraser l’Amérique pendant quelques années…

Martin Luther King avait conscience de tous les espoirs qui avaient été mis en lui, et il ne voulait pas décevoir. Aussi fit-il l’apprentissage des ghettos noirs, quand bien même il s’apercevait qu’on l’écoutait moins. Progressivement aussi, il découvrit que le mal n’était pas seulement dans les coeurs, pas seulement dans les institutions, mais qu’il était également dans les choix politiques. Jusqu’ici, il avait cru au système américain : il commençait à présent à le critiquer. C’était tout le système qui était empreint de racisme, un racisme subtil et quotidien.

En 1966, Martin et Coretta King s’installèrent dans un quartier noir de Chicago. Suivant l’exemple de Danilo Dolci en Sicile, King rassembla des chômeurs pour restaurer des logements inhabités. Le propriétaire le fit poursuivre en justice. Il organisa une grève des loyers avec des locataires exploités. Les classes supérieures s’indignèrent : il avait touché au sacro-saint droit de propriété ! Il aggrava son cas en proposant au maire des mesures qui furent qualifiées de socialistes : construction de logements sociaux dispersés dans la cité, amélioration des transports, augmentation de 100 % du budget scolaire pour des écoles vraiment intégrées… S’adressant au gouvernement fédéral, il réclama un revenu annuel minimum garanti par tête, des lois interdisant la ségrégation pour les ventes et locations de logements, l’augmentation des subventions pour l’éducation, les services sanitaires et sociaux… Il voulait que la République fasse pour ses anciens esclaves ce qu’elle avait fait pour ses anciens combattants. Toutefois, toutes ces initiatives ne rencontrèrent que peu d’échos.

Au début, les militants du « Black Power » refusèrent de collaborer avec King comme celui-ci le souhaitait malgré les divergences ; mais devant ses efforts, ils finirent par accepter. King glorifia avec eux le pouvoir créateur du Noir, faisant imprimer sur des milliers d’affiches « Black is beautiful ». Puis, le 4 avril 1967, il lançait une « Déclaration d’Indépendance à l’égard de la guerre du Vietnam », faisant valoir que cette guerre empêchait tout effort sérieux contre la misère aux U.S.A. et dans le monde, et que surtout, elle était un acte criminel.

Pendant l’été 1967, Martin Luther King se rendit encore à Cleveland apporter son soutien à Carl Stokes, un Noir candidat à la mairie. Mais celui-ci, craignant de perdre quelques électeurs blancs… refusa de le rencontrer. Stokes fut cependant élu. Les émeutes, pendant ce temps, continuaient. Le pasteur proposa des moyens non-violents de protestation : « Bloquer le fonctionnement d’une cité sans destruction est plus efficace qu’une émeute. Cela obligera l’administration et le Parlement à chercher des remèdes plus radicaux que des mesures de police ». On ne l’écouta pas.

Ne désespérant pas, Martin Luther King, alors qu’il était une nouvelle fois emprisonné à Birmingham avec d’autres leaders, commença à préparer avec ceux-ci l’organisation d’une « Marche des Pauvres » de tout le pays vers Washington pour le printemps 1968. Sa foi dans la non-violence restait entière : « Dans un monde dont la culture et l’esprit sont tellement en retard sur la capacité technologique, au point que nous vivons chaque jour au bord de l’anéantissement nucléaire, la non-violence n’est plus un choix pour l’analyse intellectuelle : c’est un impératif pour l’action ». Signe de sa radicalisation, il fit un discours à New-York, à la mémoire de W.C.B. Du Bois, Noir américain éminent, devenu communiste, et mort, exilé volontaire, au Ghana. Le 31 mars 1968, à la cathédrale épiscopalienne de Washington, il accusait : « On a libéré les Noirs, mais on ne leur a pas donné de quoi se payer le car jusqu’à la maison ».

C’est alors que, tout en préparant la « Marche des Pauvres », Martin Luther King alla participer aux manifestations des éboueurs grévistes de Memphis (Tennessee). Depuis huit semaines, ceux-ci, dont une majorité de Noirs, étaient en grève, et il y avait eu des violences : mort d’un jeune homme tué par la police, arrestations en grand nombre. Les leaders se demandaient s’il fallait tout arrêter ou continuer. King vint donc, pour marcher avec les travailleurs dont la dignité était en cause. Le soir du 3 avril, il parla au temple maçonnique de la ville : « Comme tout le monde, j’aimerais vivre une longue vie. La longévité, c’est appréciable. Mais ce n’est pas à cela que je pense maintenant. Je veux seulement faire la volonté de Dieu. Il m’a permis de monter sur la montagne. J’ai regardé au-delà et j’ai vu la Terre Promise. Mes yeux ont vu la gloire de la venue du Seigneur ».

Le lendemain en fin d’après-midi, Martin Luther King se trouvait sur le balcon de sa chambre d’hôtel. Il appela un ami qui passait sur le trottoir : « Bien entendu, tu joues « Seigneur, prends ma main » ce soir à la réunion. Joue-le bien, pour moi ». A ce moment, on entendit un coup de feu. King eut la gorge trouée. Il mourut une heure plus tard.

Comment juger aujourd’hui l’action de Martin Luther King ? Le principal résultat de son combat se situe au plan législatif : les Noirs peuvent en appeler maintenant à l’arsenal des textes fédéraux, et la ségrégation n’est plus légale nulle part aux Etats-Unis. Pendant une dizaine d’années, la communauté noire américaine s’est mobilisée autour d’une même stratégie ; elle a fait bloc, elle a pris en main son destin comme jamais auparavant. Certes, King s’est vu abandonné dans les dernières années de sa vie par toute une partie de son peuple, parce qu’il avait trop tardé à faire une analyse politique de la société américaine et qu’il n’avait pas pris conscience assez tôt de la réalité des ghettos du Nord. Ce n’est vraiment qu’à partir de 1967, avec la guerre du Vietnam, qu’il réalisa que « son rêve » ne s’harmonisait pas avec la société d’un John Kennedy ou d’un Lyndon Johnson.

Les textes qu’il a publiés dans Où allons-nous et La seule révolution témoignent de son évolution. Mais, d’une part, il n’est pas certain que le Martin Luther King « politisé » eut pu réaliser ce que le Martin Luther King des années 1955-1964 a pu faire par son pouvoir charismatique et religieux. D’autre part, qui, depuis, a pu faire mieux que lui ? Le « Black Power », après des débuts retentissants, s’est progressivement tu, et les « Panthères Noires » elles-mêmes en sont venues à préférer des actions sociales à une lutte armée impossible…

King a été le levier qui a soulevé la communauté noire et l’a mise dans la rue pour le juste combat. Il a montré que la non-violence active pouvait gagner.

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( 10 décembre, 1967 )

Otis REDDING-Décédé

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 Otis REDDING-Décédé

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Otis REDDING

Biographie de Otis REDDING :

Artiste, Chanteur et Musicien (Américain)
Né le 09 septembre 1941
Décédé le 10 décembre 1967 (à l’âge de 26 ans)
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Otis Redding (9 septembre 1941 – 10 décembre 1967). L’un des chanteurs de soul américain les plus importants. Mort à 26 ans dans un accident d’avion, il laissa derrière lui une œuvre de quelques années, extrêmement dense.

Né dans la ville de Dawson, Géorgie, il a passé toute son enfance à Macon (Géorgie) dont il deviendra plus tard le maire d’honneur. Son père cumulait un temps partiel de prêtre et gagnait sa vie sur la base de l’armée de l’air. Comme beaucoup de chanteurs Noirs-Américains, l’influence religieuse de sa famille fut prédominante dans ses chansons.

Très vite le petit Otis doit quitter l’école pour subvenir aux besoins de la famille. Entre autres petits boulots, pour 6 dollars la matinée il est batteur pour les groupes de gospel du dimanche matin.

Otis grandit, reste longtemps à Macon évoluant entre sa vie familiale, capitale, auprès de sa femme Zelma. Sa rencontre avec Johnny Jenkins est une étape importante. Ce guitariste blanc survolté qui jouait la guitare à l’envers lui propose de rejoindre son groupe, les Pinetoppers. À ce moment Otis n’est encore qu’un membre parmi d’autres et Jenkins la star de la scène R’nB locale.

Mais son association avec Jenkins permet à Otis de rencontrer l’agent de celui-ci : Phil Walden. Otis convainc la maison de disques grâce à « These Arms of Mine », ballade soul qui permet au chanteur noir d’exprimer le trémolo de sa voix, avec excès et succès. Ce sont ces ballades qui assurèrent les succès d’Otis dans un premier temps (« That’s what my heart needs », « Pain in my heart », jusqu’au langoureux « I’ve been loving you »…)

Alors que les titres plus durs et plus rythmés, les cuivres jouant toujours un rôle fondamental, connaissent un succès moindre.

Avec Mr Pitiful, les choses changent pour le chanteur. Le titre lui permet de rentrer dans le top ten des chansons R’nB. Selon la légende, Otis surnommé Mr Pitiful à cause de sa voix mélancolique aurait crée cette chanson en quelques minutes avec l’aide de son arrangeur Steve Cropper.

En 1965 l’album Otis Blue sort. L’album le plus complet de la carrière du chanteur comprenant notamment « Respect » (qui devint un succès fulgurant d’Aretha Franklin), « I’ve been loving you », « Ole Man Trouble », et de nombreuses reprises comme Satisfaction (des Rolling Stones) à la genèse controversée, « Shake » (de Sam Cooke, « My girl » (Smokey Robinson), « Down in the Valley » (Solomon Burke]].

Il ne reste plus que quelques annés à vivre à Otis. Avec « Try a little tenderness », Otis arrive au comble de la maîtrise de son art. Une chanson qui commence comme une ballade et se termine dans la furie des grands cuivres et des grosses caisses. Le chanteur soul a unifié sous un même titre ses deux genres familiers, la ballade et soul virevoltée.

De sa collaboration avec Carla Thomas en 1967, on peut surtout retenir les titres « Lovey, Dovey » et surtout le volcanique « Tramp », enchaînant insulte sur insulte. Plus tard la même année, Redding a joué à l’extrêmement influent Festival international de musique pop de Monterey.

Après une opération de la gorge, Otis peut à nouveau rechanter. Au mélancolique « Fa-fa-fa-fa-fa (sad song) », symbole de ses années « pitifull » et mélancoliques répond le truculent « The Happy Song ». Dans un mélange des genres étonnant, Otis veut d’ailleurs reprendre beaucoup de ses chansons en accélérant les ballades et en bridant ses chansons endiablées.

Il n’en aura pas le temps. Le 10 décembre 1967 l’avion personnel d’Otis Redding avec à son bord les membres des Bars-Kays s’écrase dans un lac du Wisconsin. Il n’y a qu’un seul survivant, Otis est mort, trois ans jour pour jour après la mort de Sam Cooke, l’une de ses grandes idoles avec les Beatles et Bob Dylan.

De nombreux tubes sortiront après sa mort, comme « Match Game » et bien sûr « Sittin’ on the Dock of the Bay » Si cette chanson est aujourd’hui celle que le grand public associe le plus volontiers au nom d’Otis, ce n’est pas seulement à cause de la mort tragique de l’auteur, survenue quelques jours après son enregistrement. Pour beaucoup il s’agit d’un virage pop qu’aurait pu prendre la carrière d’Otis, au sommet de sa gloire.

Ses fils Dexter et Otis ont fondé avec leur cousin Mark Locket le groupe de funk/disco « The Reddings » à la fin des années 1970.

En 2002, a été érigée une statue dans la ville où il a passé son enfance, Macon (Géorgie) .

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( 9 octobre, 1967 )

CHE GUEVARA-Décédé

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CHE GUEVARA-Décédé

CHE GUEVARA

Né le 14 juin 1928
Décédé le 09 octobre 1967 (à l’âge de 39 ans)

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Ernesto Rafael Guevara de la Serna est né le jeudi 14 juin 1928 à Rosario, Argentine. Il est le premier fils de l’architecte Ernesto Guevara Linch, de descendance espagnole et irlandaise de par sa mère, et de Celia de la Serna et de la Llosa, descendante d’une famille fortunée. Ernesto ou « Teté », comme le surnommeront ses parents, a quatre frères et sœurs : Roberto, Celia, Ana María et Juan Martín. Le couple Guevara-de la Serna, s’est marié en 1927 puis s’en est allé vivre à Puerto Caraguatay, dans la province de Misiones, où ils ont une exploitation d’herbe à mate. Celia étant enceinte, ils décident de se rendre à Buenos Aires en bateau sur le río Paraná, pour que le bébé naisse en toute sécurité. Mais le 14 Juin 1928, le bateau doit faire une halte dans le port de Rosario, province de Santa Fe. L’accouchement de Celia se déroule plus tôt que prévu, et le bébé vient au monde dans la maternité de l’Hôpital Centenario. Ses parents le prénomment Ernesto Rafael.

A la fin de l’année 1929, la famille s’installe dans la rue Alem, quartier de San Isidro, à Buenos Aires. C’est là que naîtra le 31 décembre la sœur de Ernestito, Celia. Le 2 Mai 1930, Ernesto qui n’a pas encore deux ans tombe malade. Il souffre de sa première crise d’asthme. En 1931, la famille déménage dans un faubourg élégant de la capitale, rue Bustamente y Peña, où naîtra Roberto, le 18 Mai 1932. En raison des problèmes de santé de Ernesto, la famille va changer plusieurs fois de résidence, jusqu’à ce qu’un médecin ne leur conseille de se rendre à Alta Gracia, dans la province de Córdoba. Le climat plus sec de cette région est favorable à Ernesto, et ils décident donc de louer une maison à Villa Carlos Pellegrini. La maison de deux étages s’appelle « Villa Chiquita », et c’est là que va naître Ana María.

Les problèmes de santé de Ernesto conduisent sa mère Celia à se charger de son éducation primaire. Puis il suivra normalement les cours à l’école San Martín, puis au collège Manuel Solares. En Mars 1942 il commence ses études secondaires au Collège National Déan Funes, à Córdoba, à environ 45 kilomètres de Alta Gracia. La famille Guevara-de la Serna va vivre à Alta Gracia jusqu’au début de 1943, année où Ernesto fait connaissance des frères Granado et Ferrer, avec lesquels il se liera d’amitié pour très longtemps. Au cours de l’été, ils déménagent une fois encore pour habiter une maison dans la rue Chile à Córdoba. C’est au mois de Mai que naît Juan Martín.

En 1946, la famille déménage à Buenos Aires pour aller vivre dans un appartement de la grand-mère paternelle. Quand la grand-mère, Ana Isabel, tombe gravement malade, Ernesto la veille durant 17 jours, et à sa mort, il annonce qu’il étudiera la médecine au lieu des études d’ingénieur qu’il avait envisagé.

Ernesto est jugé inapte pour le service militaire en raison de sa maladie. En 1947 il commence ses études de médecine et montre peu d’intérêt envers la politique et les mouvements de protestations des étudiants, même si ses parents, et plus particulièrement sa mère, sont des militants anti-péronistes. Mais à la fin de l’année il fait connaissance de Berta Gilda Infante, connue sous le nom de Tita. Elle est membre de la Jeunesse Communiste Argentine. Ils deviennent vites bons amis et Ernesto lit avec elle les textes marxistes et ils discutent de la réalité politique de l’époque.

C’est en Octobre 1950, qu’il décide de faire son premier voyage en Amérique Latine, en passant par le Chili, le Pérou et la Colombie. Il est le spectateur attentif des problèmes sociaux des pauvres de ces pays, et cite dans ses notes la phrase de José Marti : « Je veux unir mon destin à celui des pauvres du monde ». Le 29 Décembre 1951, il part avec son ami Alberto Granados à travers le continent sud-américain. Mais la moto sur laquelle ils font le voyage, une Norton 500 c.c., les lâche et ils doivent travailler, soit comme assistant médecin ou effectuant des petits boulots, pour continuer leur périple.

Ernesto revient à Buenos Aires en Août 1952 pour poursuivre ses études de Médecine. Il reçoit le titre de Docteur en Médecine et Chirurgie le 11 Avril 1953 à l’Université de Buenos Aires. Le 7 Juillet 1953 il part une nouvelle fois en voyage à travers l’Amérique du Sud et Centrale. Il est accompagné par Carlos Ferrer « Calica ». Il observe en Bolivie les changements sociaux apportés par le Mouvement Nationaliste Révolutionnaire arrivé au pouvoir. Puis ils visitent le Pérou, l’Equateur, le Panamá et le Costa Rica, où ils font la connaissance des cubains Calixto García et Severino Rosell, qui avaient participé à l’assaut du Cuartel Moncada. Ils poursuivent le voyage et visitent le Nicaragua, le Honduras et le Salvador, pour finalement arriver au Guatemala en 1953.

Au Guatemala, le Che poursuit sn éducation politique à travers l’amitié qu’il lie avec l’économiste et exilée péruvienne d’origine indienne, Hilda Gadea Ontalia, ancien membre du Parti Apriste (APRA, Alianza Popular Revolucionaria Americana). Il se lie d’amitié également avec un groupe de révolutionnaires cubains, qui le 26 Juillet 1953 prirent part à l’assaut du Cuartel Moncada. Parmi eux se trouve Nico López, qui baptisera Ernesto du surnom de « Che ».

Il se tient au courant auprès d’eux des actions entreprises et prend la ferme décision de poursuivre la lutte dès la libération de Fidel Castro et d’autres camarades. Ernesto Che Guevara se met en contact avec le Parti Guatémaltèque du Travail et officie comme médecin dans les syndicats. Il participe activement à la politique interne du pays pour la défense du gouvernement démocratique et révolutionnaire de Jacobo Arbenz. Mais après l’invasion organisée par la CIA, Arbenz tombe en Septembre 1954.

En tant qu’argentin et en raison de sa position en faveur du gouvernement de Arbenz, Ernesto Che Guevara ne peut rester plus longtemps au Guatemala, et après avoir demander asile auprès de l’Ambassade d’Argentine, le Che décide de se rendre à Mexico, où il travaillera comme photographe et à l’Hôpital Général. Un mois plus tard il est rejoint par Hilda Gadea et Nico López.

Un jour, de visite chez María Antonia Gonzales, au Numéro 49 de la rue José Amparán, Ernesto fait connaissance de Raúl et Fidel Castro. María Antonia est une cubaine résidant à Mexico, qui collabore efficacement avec les révolutionnaires exilés. Au cours de cette réunion, le Che reste à converser durant une dizaine d’heures avec Fidel, durant lesquelles ils échangent tout type d’opinions. Le leader de la révolution cubaine lui explique les raisons de sa lutte contre le dictateur Batista. A la fin de cette conversation le Che fait dès lors parti du groupe.

Il se marie le 8 Août 1955 avec Hilda à Tepotzotlán, près de Mexico. Hilda est enceinte et le futur parrain est Raúl Castro. Le 15 Février 1956, naît Hilda Guevara Gadea. Ernesto reste 57 jour dans la prison Miguel Schultz après avoir été arrêté par la police mexicaine dans la hacienda « Santa Rosa », Popocatépetl, à 35 kilomètres de la capitale, qui était le camp d’entraînement des révolutionnaires cubains qui préparaient une attaque contre Cuba, et qui étaient dirigés par le Général Alberto Bayo, un ancien colonel de l’Armée Républicaine pendant la Guerre Civile en Espagne.

Le Che a toujours caché ses activités révolutionnaires à ses parents, et il leur envoie une lettre les informant de sa situation et leur annonçant sa séparation avec Hilda. Le Dimanche 25 Novembre 1956, de l’embouchure du río Tuxpán au Mexique, Ernesto Che Guevara s’en va avec le « Granma » avec 81 autres hommes à bord, un yacht d’une capacité de 25 personnes seulement, que Fidel Castro avait acheté à une entreprise nord américaine.

Une semaine plus tard, le Dimanche 2 Décembre, ils débarquent à Los Cayelos, à l’est de Cuba, commençant la guérilla révolutionnaire dans les montagnes de la Sierra Maestra. Dès le début, le Che se distingue en tant que combattant de la lutte révolutionnaire à Cuba contre la tyrannie du dictateur Fulgencio Batista. Le 1er Mars 1958, est diffusée pour la première fois « Radio Rebelde », une radio créée par le Che.

A la fin du mois d’Avril 1958, Ernesto est envoyé depuis Jibaro, dans la Sierra Maestra, à la tête du commando de la 8ème Colonne vers la région centrale du pays. Ils arrivent jusqu’à la Sierra del Escambray, province de Las Villas, où ils vont monter un camp de base. Le Che participe avec beaucoup d’ardeur aux combats et plus particulièrement à la Bataille de Santa Clara le 1er Décembre 1958, laquelle s’avère très importante dans leur objectif principal : faire tomber la dictature et faire triompher la Révolution Cubaine. Le 1er Janvier 1959, Cuba est libéré, et Batista part en exil.

Le 2 Janvier, Camilo Cienfuegos Gorriarán entre dans La Havane, paralysée par une grève générale. Le lendemain le Che y fait son entrée, et le Dimanche 8 Janvier, Fidel Castro entre victorieusement dans la capitale. Les parents du Che arrivent le Lundi à Cuba, 6 ans après la dernière rencontre avec leur fils. Le 21 Janvier, Hilda Gadea et Hildita viennent vivre à La Havane.

En égard aux services rendus à Cuba, Ernesto Che Guevara est déclaré citoyen cubain par le Conseil des Ministres le Lundi 9 Février 1959. Au mois de Mars 1958, Ernesto avait fait la connaissance à Escambray une jeune cubaine de 22 ans, Aleida March Torres, et le 2 Juin 1959 le mariage est célébré après que le divorce fut prononcé entre le Che et Hilda Gadea le 22 Mai 1959.

Du 12 Juin au 5 Septembre, Ernesto Che Guevara est en mission pour le gouvernement cubain en Egypte, Soudan, Inde, Birmanie, Indonésie, Ceylan, Japon, Maroc, Yougoslavie et en Espagne. Durant plusieurs années il rempli des fonctions officielles au sein du gouvernement cubain. Parmi ces différentes charges gouvernementales, militaires et économiques, il est nommé Chef des Forces Armées Révolutionnaires, Chef de l’Industrie et de la Réforme Agraire, et le 26 Novembre 1959 il occupe le poste de Président de la Banque Nationale de Cuba.

Le 4 Mars 1960, dans un attentat organisé par la CIA, le bateau belge « La Couvre », qui apportait des armes à Cuba, explose dans le port de La Havane. Le lendemain, Alberto Korda prend la célèbre photo du Che en hommage aux victimes de l’attentat, et au cours de la cérémonie Fidel Castro prononce cette phrase qui restera dans l’histoire : « Patria o muerte. ¡Venceremos! » (La Patrie ou la mort. Nous vaincrons !).

Le Che préside de nombreuses missions officielles au nom du Gouvernement Révolutionnaire. Du 22 Octobre au 9 Décembre, il est à la tête de la mission économique de Cuba qui est de visite en URSS, Tchécoslovaquie, RDA et République Populaire de Chine. Le 19 Octobre 1960, Les Etats-Unis décrètent l’embargo commercial de Cuba. Le 17 Novembre, pendant son séjour en Chine, vient au monde Aleida Guevara March, ou « Aliusha », à La Havane. C’est là également que naîtront ses autres frères.

Le 3 Janvier 1961 les Etats-Unis rompent leurs relations diplomatiques avec Cuba. Le 23 Février 1961, le Che est nommé Ministre de l’Industrie et Membre du Conseil Central du Plan. Le 20 Mai 1962 naît son fils,Camilo, nom qu’il lui donne en hommage à son camarade Camilo Cienfuegos, qui mourut tragiquement dans un accident aérien. Du 17 au 20 Avril 1961, Ernesto Che Guevara occupe le commandement militaire de Pinar del Río pendant l’attaque de mercenaires sur la Plage Girón, dans la Baie des Cochons (Bahía de los Cochinos), au cours de laquelle 1500 contre révolutionnaires cubains tentent d’envahir l’île dans une opération organisée et financée par la CIA. Les révolutionnaires mettront en déroute les mercenaires en moins de 72 heures.

Le 4 Août, le Che est à la tête de la délégation cubaine lors de la Conférence des Amériques de Punta del Este en Uruguay. La délégation est reçue à l’Aéroport National de Carrasco par des milliers de personnes chantant des slogans anti-yankees et aux cris de « vive la Révolution Cubaine ». En Octobre 1962 et jusqu’en Novembre de la même année, Ernesto occupe le commandement militaire des troupes de Pinar del Río pendant la Crise d’Octobre.

Lors de sa présence à Cuba, le Che œuvre dans de nombreuses tâches : il est l’initiateur du Travail Volontaire dans tout le pays, de l’organisation des Forces Armées Révolutionnaires (FAR) ; il est le fondateur de la revue Verde Olivo, où il écrit de nombreux articles ; il est l’auteur de différents livres et essais. Les œuvres du Che les plus connues sont : « Diario de Bolivia », « Discurso en Argel », « Discours lors de la XIXème Assemblée Générale des Nations Unies », « El cuadro, columna vertebral de la revolución », « El Socialismo y el Hombre en Cuba », « La Guerra de Guerrillas », « Mensaje a los Pueblos del mundo a través de la Tricontinental », « Pasajes de la Guerra Revolucionaria », « Reforma Universitaria y Revolución », « Sobre la construcción del Partido », « Solidaridad con Vietnam del Sur », « Táctica y Estrategia de la Revolución Latinoamericana ».

Le 14 Juin 1963 naît le quatrième enfant du Che, le troisième avec Aleida. C’est une fille qui sera appelée Celia, en hommage à sa mère. Le 19 Mars 1964, vient au monde Omar Pérez, fruit de la relation extraconjugale que Ernesto a eu avec Lidia Rosa López. Du 20 Mars 1964 au 13 Avril, le Che est à la tête de la délégation cubaine pendant la conférence de l’ONU pour le Commerce et le Développement à Genève, en Suisse. Du 15 au 17 Avril, il est en visite en France, Algérie et Tchécoslovaquie. Il visite l’URSS du 5 au 19 Novembre et participe au 47ème Anniversaire de la Révolution d’Octobre. Il préside à nouveau la délégation cubaine lors de l’Assemblée Générale de l‘ONU à New York du 9 au 17 Décembre. Puis il se rend en Algérie.

En Janvier 1965, Ernesto Che Guevara est en République de Chine, puis au Mali, Congo (Brazzaville), Guinée, Ghana, Dahomey, Tanzanie, Egypte, Algérie et revient à La Havane le 14 Mars. Sa dernière intervention publique à Cuba a lieu le 15 Mars quand il fait un compte rendu de ses voyages à l’étranger devant ses collaborateurs de Ministère de l‘Industrie. Afin de poursuivre plus en avant ses idéaux libertaires, il sollicite de la Direction de la Révolution Cubaine son détachement des responsabilités qui le lient à Cuba, pour reprendre la lutte armée en solidarité avec les peuples du monde.

Le 1er Avril 1965 il écrit des lettres d’adieux à ses parents, ses enfants et Fidel Castro, et s’en va pour le Congo. C’est dans ce pays qu’il apprendra la mort de sa mère. Un an plus tard, le Jeudi 3 Novembre 1966, Ernesto Che Guevara arrive à La Paz, en passant par Madrid et Sao Paulo. Il entre clandestinement en Bolivie sous le nom de Adolfo Mena González, fonctionnaire péruvien de l’Organisation des Etats Américains et possède au cas où, un passeport uruguayen au nom de Ramón Benítez Fernández.

Le 7 Novembre il se trouve dans une hacienda de Ñancahuasú où, avec un petit groupe de combattants boliviens, cubains et autres nationalités, il fonde l’Armée de Libération Nationale de la Bolivie (Ejército de Liberación Nacional de Bolivia). Pendant son séjour en Colombie, il est connu en tant que « Comandante Ramón », et également « Fernando el sacamuelas ». Mais 11 mois plus tard, après avoir été fait prisonnier et sérieusement blessé, Ernesto Che Guevara est exécuté, le Dimanche 8 Octobre 1967 à 13h10, par des soldats boliviens dirigés par des agents de la CIA, dans la petite école du village de La Higuera, province de Chuquisaca.

Le 18 Octobre 1967, su la Place de la Révolution, Fidel Castro informe le demi million de cubains présents de la mort du Commandant Ernesto Che Guevara : « Tu as disparu physiquement, mais ton image et tes idéaux restent et resteront présents en nous, parce que ceux-là ils ne pourront jamais les tuer avec des balles ».
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( 17 septembre, 1967 )

John COLTRANE-Décédé

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 John COLTRANE-Décédé

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John COLTRANE
Biographie de John COLTRANE :
Artiste, Compositeur, Musicien et Saxophoniste
Né le 23 septembre 1926
Décédé le 17 juillet 1967 (à l’âge de 40 ans)

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John William Coltrane était un saxophoniste de jazz, compositeur et chef de formation américain, né à Hamlet en Caroline du Nord le 23 septembre 1926 et mort à Huntington, New York, le 17 juillet 1967.

Il fut, après Charlie Parker dans les années 1940 et 1950, considéré comme le saxophoniste le plus révolutionnaire et le plus influent de l’histoire du jazz, meneur du courant avant-gardiste dans les années 1960, et l’un des artistes les plus importants de la musique de la deuxième moitié du XXe siècle.

Coltrane a toujours cherché à se dépasser sur tous les plans. Il envisageait sa musique comme une quête spirituelle, semblant vouloir atteindre le divin. Sur le plan technique, il explorait de nouveaux modes d’expression, cherchant de nouvelles sonorités, de nouveaux timbres et de nouvelles façons d’étendre la tessiture et la dynamique du saxophone. Sur le plan stylistique, il est parvenu à élargir les horizons du développement thématique et harmonique de cet instrument en combinant l’improvisation à la chaleur du timbre, à la dynamique et au rythme.

John Coltrane est le fils d’Alice Blair et John Robert Coltrane. Son père était tailleur et musicien amateur. Il savait jouer du violon et du ukulélé. Sa mère, qui avait étudié la musique et l’enseignement au Livingston College, chantait et jouait du piano dans la chorale de son père, un révérend de l’Église africaine méthodiste épiscopale Zion.

Quand le petit John atteint ses trois ans, sa famille s’installe à High Point, où il passe toute son enfance. À l’âge de douze ans, il est éprouvé par la mort de son père, suivie de celle de son grand-père, le révérend Blair, puis de celle de son oncle. Sa mère se trouve dans l’obligation de trouver un emploi. John, quant à lui, entre dans l’ensemble communautaire du révérend Steele en tant que clarinettiste. La même année, il achève ses études élémentaires et entre à l’école secondaire. En 1942, à l’âge de 15 ans, il joue de la musique dans l’ensemble de son école, d’abord à la clarinette, puis au saxophone alto.

Le 31 mai 1943, il termine ses études secondaires et obtient son diplôme. Le 11 juin, il déménage à Philadelphie afin de poursuivre ses études à la Orenstein School of Music, où il reçoit l’enseignement de Mike Guerra. Pour subvenir à ses besoins, il travaille dans une raffinerie de sucre. À dix-sept ans, avec une formation musicale déjà solide, il entre aux Granoff Studios pour y parfaire sa formation.

En 1944, Coltrane laisse son emploi précédent pour travailler dans une usine de produits alimentaires. La même année, sa mère et sa cousine Mary (qui lui a inspiré, plus tard, une composition) le rejoignent à Philadelphie. En 1945, âgé de dix-huit ans, il fait sa première apparition sur la scène du jazz, à l’alto, dans le grand ensemble de Jimmy Johnson. La même année, il est mobilisé pour faire son service militaire. On l’envoie à Hawaii, où il joue de la clarinette dans l’ensemble de la Marine américaine. C’est là qu’il fait sa première session d’enregistrement. En juin 1945, ayant obtenu son congé de la Marine, il rentre à Philadelphie et se joint à l’ensemble de Joe Webb, à l’alto.

Au début de 1947, Coltrane joue quelque temps de l’alto avec l’ensemble de King Kolax, puis il se joint au groupe d’Eddie « Cleanhead » Vinson au ténor, instrument dont il joue pour la première fois. Un voyage en Californie avec cet ensemble lui donne l’occasion de faire le bœuf avec Charlie Parker.

En 1948, Coltrane se remet à l’alto, dans l’ensemble de Jimmy Heath. Il commence alors à consommer de nombreuses drogues. L’année suivante, il travaille une fois avec Bud Powell, à New York, puis, en compagnie de Jimmy Heath, il se joint au grand ensemble de Dizzy Gillespie, dans lequel il joue de l’alto tout en continuant de s’exercer au ténor. Au mois de mai 1950, Gillespie dissout son grand ensemble et forme un groupe réduit, avec Coltrane à l’alto et au ténor. En 1951, Coltrane retrouve Charlie Parker. Il ne subsistera de cette rencontre qu’une photo. Au mois de mai, il quitte définitivement le groupe de Gillespie.

De retour à Philadelphie, il joue avec divers groupes et fait les bars pour subvenir à ses besoins pendant qu’il poursuit sa formation aux Granoff. Il finit par se joindre à l’ensemble de l’altiste de rhythm and blues Earl Bostic, avec lequel il ne restera que quelque temps. Une tournée de l’ensemble de Bostic en Californie donne à Coltrane l’occasion de faire la connaissance d’Eric Dolphy, une rencontre qui eut une importance déterminante dans sa vie. Par la suite, il joue avec Miles Davis et Sonny Rollins à l’Audubon Ballroom de New York. À cette époque, John consomme de l’alcool et se drogue plus que jamais, notamment à l’héroïne. Sous l’influence du saxophoniste Yusef Lateef, qu’il a rencontré à Philadelphie, il s’intéresse à la philosophie et à la spiritualité orientales.

En 1953, Coltrane se joint à l’ensemble de sa première idole, l’altiste ellingtonien Johnny Hodges. L’année suivante, au mois de juin, il rencontre sa future épouse, Juanita Grubbs. Celle-ci est convertie à l’islam et, pour cette raison, s’est rebaptisée Naïma.

Bien que l’on trouve des enregistrements de Coltrane datant de 1946, sa carrière discographique s’étend en fait sur une période de douze ans, de 1955 à 1967, période durant laquelle il a remodelé le jazz moderne et influencé des générations de musiciens.

Le 2 juillet 1955, Coltrane quitte le groupe de Hodges, probablement à cause de ses problèmes de drogue et d’alcool. Au début d’octobre 1955, il reçoit un appel du trompettiste Miles Davis, qui s’apprêtait à former un nouveau quintet.

« Il y avait donc à présent Trane au saxophone, Philly Joe à la batterie, Red Garland au piano, Paul Chambers à la basse, et moi à la trompette. Et plus vite que je n’aurais pu l’imaginer, la musique que nous faisions ensemble est devenue incroyable. C’était si bon que ça me donnait des frissons, comme au public. Merde, c’est très vite devenu effrayant, tellement que je me pinçais pour m’assurer que j’étais bien là. Peu après que Trane et moi nous soyons mis à jouer ensemble, le critique Whitney Balliett a écrit que Coltrane avait « un ton sec non dégauchi qui met en valeur Davis, comme une monture grossière pour une belle pierre ». Très rapidement, Trane est devenu bien plus que ça. Il s’est lui-même transformé en diamant. Je le savais, comme tous ceux qui l’entendaient. »

— Miles Davis avec Quincy Troupe, L’Autobiographie p. 209 (1989)

Le 3 octobre 1955, Coltrane épouse Naima et entre dans le Miles Davis Quintet. Ce premier quintette classique, dont l’existence fut brève, produisit des enregistrements mémorables (comme ‘Round About Midnight, avant d’être dissout au mois d’avril suivant).

Au printemps 1956, Coltrane fait la connaissance du pianiste McCoy Tyner à Philadelphie. En juin, il déménage à New York avec sa femme et sa belle-fille, Antonia. Cette dernière porte, comme sa mère, un prénom musulman, celui de Saida (ou Syeeda, en anglais).

En 1957, à cause de ses problèmes d’alcool et de drogue, Miles remplace John Coltrane par Sonny Rollins. Coltrane retourne donc habiter chez sa mère, avec sa famille, à Philadelphie. Dans les notes de pochette de A Love Supreme, qu’il signe lui-même, Coltrane précise : « au cours de l’année 1957, j’ai fait l’expérience, grâce à Dieu, d’un éveil spirituel qui m’a mené à une vie plus riche, plus remplie, plus productive. À cette époque, j’ai humblement demandé que me soient donnés les moyens et le privilège de rendre les gens heureux à travers la musique. »

« Maintenant que Coltrane était clean, c’était un peu comme s’il était investi d’une mission : il me disait qu’il avait assez déconné comme ça, qu’il avait perdu trop de temps, pas suffisamment prêté attention à sa propre vie, à sa famille, et surtout à son jeu »

— Miles Davis avec Quincy Troupe, Miles. L’Autobiographie (1989)

En pleine forme et parfaitement remis, il signe un contrat avec Prestige Records. En juillet, il travaille avec Thelonious Monk au Five Spot Cafe de New York. C’est suite à cette collaboration avec le génie musical qu’était Monk que Coltrane se mit à développer son style de jeu dense caractéristique, faisant déferler à toute allure sur ses auditeurs des torrents de notes entrelacées et convoluées ; un style que le célèbre critique de jazz Ira Gitler appelle, avec justesse, nappes de sons (sheets of sounds, en anglais).

Le 23 août 1957, John, Naïma et Saïda emménagent dans un appartement près de Central Park West, dans Manhattan. Le 25 décembre, Coltrane retrouve le groupe de Miles Davis, puis, l’année suivante, signe un contrat d’enregistrement avec Atlantic Records.

Après avoir enregistré les chefs-d’œuvres Milestones et Kind of Blue, avec le Miles Davis Sextet, il enregistre le vertigineux Giant Steps, son premier album en tant que leader sur le label Atlantic. En 1960, il fait la connaissance de la pianiste Alice McLeod dans une réception à Détroit. En mars, il part en tournée en Europe avec Miles Davis. Son style révolutionnaire y est fort mal accepté, il se fait siffler lors d’un concert à l’Olympia de Paris. C’est à Baltimore, en avril, que Coltrane officie pour la dernière fois au sein du groupe de Miles Davis.

Il forme ensuite son propre quartet, avec Steve Davis à la contrebasse, Steve Kuhn au piano et Pete LaRoca à la batterie. Ces derniers sont rapidement remplacés par McCoy Tyner au piano et Elvin Jones à la batterie. À l’automne, Reggie Workman vient remplacer Steve Davis à la contrebasse.

Outre Giant Steps, il enregistre pour le label Atlantic plusieurs disques, tous considérés comme la quintessence de l’art coltranien, dont My Favorite Things, et Olé avec Eric Dolphy dont les influences hispaniques évoquent l’album de Miles Davis et Gil Evans, Sketches of Spain.

À cette époque, il découvre le saxophone soprano dont il aime la beauté du timbre. Il admettra plus tard que cette découverte va modifier sa conception du saxophone ténor, l’aidant à explorer toute l’étendue de l’instrument.
Le maître de l’avant-garde 

Durant la dernière période de sa carrière, Coltrane affiche un intérêt croissant pour le free jazz, dont Ornette Coleman et Don Cherry sont les principaux représentants à la fin des années 1950. Par la suite, il figurera comme l’un des pères spirituels de ce mouvement qui s’inscrit dans la révolution sociale et politique que connaissent les États-Unis au début des années 1960.

En 1961, Coltrane signe un contrat d’enregistrement décisif avec Impulse! qui débute par l’enregistrement de l’album Africa/Brass, avec un orchestre élargi sur des arrangements de McCoy Tyner et d’Eric Dolphy. Le producteur du label enregistre ensuite le groupe de Coltrane au Village Vanguard du 1er au 5 novembre. Il y est accompagné une nouvelle fois d’Eric Dolphy mais aussi d’Ahmed Abdul-Malik, le bassiste de Monk, qui joue du tampura sur le morceau India. Dans ces magnifiques performances, Coltrane révèle toute sa puissance, en particulier dans une historique version fleuve de Chasin’ the Trane.

Peu après ces concerts, Coltrane se rend en Europe, en compagnie d’Eric Dolphy, McCoy Tyner, Reggie Workman et Elvin Jones, où il reçoit un nettement meilleur accueil que lors de son précédent séjour avec Miles Davis.

Le 11 avril 1962 ont lieu les premiers enregistrements (The Inch Worm et Big Nick) du classic quartet composé de McCoy Tyner au piano, Jimmy Garrison à la basse et Elvin Jones à la batterie. L’album Coltrane publié par Impulse! est constitué du matériel enregistré lors de ces premières séances, avec notamment une version remarquable du standard Out Of This World.

« À l’époque, j’étais en pleine crise. J’ai fait une idiotie. Je n’étais pas satisfait de mon bec, je l’ai donné à réparer mais il revenu fichu. Ça m’a découragé parce que je ne pouvais plus obtenir certains effets – cette espèce de trucs plus rapide que j’essayais d’atteindre – et je devais me limiter. (…) C’était tellement clair que j’étais incapable de jouer. Dès que je commençais à jouer, je pouvais entendre la différence et ça me décourageait. Mais au bout d’un an environ, j’avais oublié. »

— John Coltrane, Entretien avec Frank Kofsky de l’été 1966

Coltrane enregistre le 26 septembre 1962 un album en compagnie de Duke Ellington où il revient à une certain orthodoxie dans son style. L’album Ballads, l’une de ses plus grosses ventes, enregistré à la même période à la demande de Bob Thiele confirme ce mouvement.

« Ces ballades qui sont sorties étaient tout à fait celles que j’appréciais à l’époque. Je les ai choisies. C’était comme quelque chose qui était enfoui dans mon esprit, depuis ma jeunesse sans doute, et j’avais besoin de les jouer. C’est arrivé à un moment où ma confiance dans mon instrument avait baissé, j’avais besoin de faire le vide. »

— John Coltrane, Entretien avec Frank Kofsky de l’été 1966

En novembre, le nouveau quartet se rend en Europe pour la première fois.

En mars 1963, il enregistre un nouvel album en compagnie de Johnny Hartman, un chanteur de jazz, dans le prolongement de ses deux précédents albums studio.

À l’été 1963, il quitte son ménage avec Naïma et emménage avec Alice McLeod. Le 15 septembre, quatre fillettes noires sont tuées dans un attentat à la bombe sur l’église baptiste de la 16e rue à Birmingham (Alabama). Suite à cette tragédie, Coltrane enregistre, le 18 novembre, la pièce Alabama en mémoire des enfants assassinés.

En avril 1964, Coltrane renouvelle son contrat avec Impulse! Records puis enregistre Crescent, l’un des albums les plus aboutis de toute sa carrière. Le 29 juin, Eric Dolphy meurt, à Berlin, en Allemagne, des suites de complications diabétiques. La mère d’Eric fait cadeau de la clarinette basse de son fils à John Coltrane. Le 26 août, Alice donne naissance à leur premier fils, John Coltrane Jr. Leur second naîtra le 6 août de l’année suivante. Ils le baptiseront Ravi, d’après le nom du sitariste hindou Ravi Shankar, dont Coltrane admire la musique. En novembre, ces derniers se rencontrent à New York.

Le 9 décembre 1964, le John Coltrane Quartet enregistre le chef-d’œuvre A Love Supreme (Un Amour Suprême), considéré comme l’un des albums les plus importants de l’histoire du jazz. L’album rencontre un succès commercial immédiat, faisant définitivement de Coltrane le chef de file du jazz moderne. Son impact dépasse largement le seul univers du jazz.

En juin 1965, Coltrane enregistre Ascension en compagnie de jeunes musiciens provenant du free comme Archie Shepp ou Pharoah Sanders, qui intégrera le groupe régulier de Coltrane dans les semaines qui suivront.

« Cela m’aide. Cela m’aide à rester vivant par moments parce que physiquement, le rythme auquel je vis est si dur et j’ai pris du poids, c’est parfois devenu un peu dur physiquement. J’aime bien avoir quelqu’un à côté de moi quand je ne peux plus obtenir cette force. J’aime avoir cette force dans le groupe, de toute façon. Et Pharoah est très fort dans son esprit et le sera encore. C’est le genre de chose que j’aime. »

— John Coltrane à propos de Pharoah Sanders, Entretien avec Frank Kofsky de l’été 1966

En décembre 1965, McCoy Tyner quitte le groupe, insatisfait de la nouvelle orientation de la musique de Coltrane. Il sera remplacé par Alice McLeod. Il est suivi peu après par Elvin Jones en 1966, suite à l’arrivée du batteur Rashied Ali. Les deux piliers de son classic quartet expliqueront leur départ par des raisons similaires : en désaccord avec les nouvelles orientations musicales de leur leader, de plus en plus tourné vers le free jazz, ils quittent le groupe au motif qu’ils ne s’entendaient plus jouer.

Le 28 mai 1966, la nouvelle formation est enregistrée au Village Vanguard. L’album Live At The Village Vanguard Again! présente deux titres connus du répertoire de Coltrane (Naima et My Favorite Things), mais dans des versions fort différentes de celles du précédent quartette, laissant critique et public face à une certaine incompréhension.

Du 8 au 24 juillet, le groupe part au Japon effectuer une tournée où l’accueil réservé à leur musique est nettement plus favorable qu’aux Etats-Unis. Les concerts des 11 et 22 juillet 1966 seront publiés après la mort du saxophoniste sous le titre de Live In Japan.

Au mois d’août, John épouse Alice McLeod, divorçant en même temps de Naima, qui ne lui avait pas donné d’enfants.

Le 15 février 1967, Coltrane retrouve les chemins du studio en quartette (sans Pharoah Sanders) et enregistre des morceaux qui sortiront pour la plupart en 1995 sur Stellar Regions. Le 22 février, Coltrane rentre en studio en compagnie de Rashied Ali pour produire une série de duos, publiés en 1974 sous le titre de Interstellar Space : Coltrane profite de l’absence de contexte harmonique pour explorer de nouvelles voies en termes d’improvisation, comprenant même l’atonalité.

Expression, le dernier album pensé comme tel de son vivant, a été enregistré lors de cette période. Il demandera à Nat Hentoff de ne pas rédiger les notes de pochette, précisant que « la musique devait parler d’elle-même. »

Le 19 mars 1967, Alice et John ont un troisième fils, qu’ils baptisent Oran.

Le 23 avril, le groupe de Coltrane se produit à deux reprises à l’Olatunji Center of African Culture, situé sur la 125e rue à Harlem, qui avait ouvert ses portes le 27 mars. Coltrane est le premier à s’y produire. Le premier des deux concerts, qui constitue l’ultime enregistrement Live du saxophoniste, a été publié par Impulse! en 2001.

Le 7 mai, au Famous Ballroom de Baltimore, Coltrane donne ce qui s’avèrera être son dernier concert. Les concerts annoncés alors sont annulés en raison de la santé déclinante de Coltrane.

En mai, Coltrane est pris d’une intense douleur dans la région de l’estomac alors qu’il rend visite à sa mère. De retour à New York, il subit une biopsie, mais ne se fait pas traiter. Selon sa femme, Coltrane aurait rejeté les propositions d’opération des médecins, dont les chances de succès étaient faibles. Il passe ses journées à réécouter ses dernières séances d’enregistrement.

Le 14 juillet, il rencontre son producteur pour choisir le matériel de ce qui deviendra son premier album posthume, Expression. Deux jours plus tard, aux petites heures du matin, il est conduit d’urgence à l’hôpital. Le 17 juillet, John Coltrane décède à quatre heures du matin d’un cancer du foie. Il est considéré comme un Grand-Maître du saxophone Jazz.

Lors de ses obsèques, le 21 juillet, les formations d’Albert Ayler et d’Ornette Coleman rendent un ultime hommage au saxophoniste.
Citations 

« Le jazz – appelons-le ainsi – est selon moi une expression des idéaux les plus élevés. Par conséquent, il contient de la fraternité. Et je crois qu’avec de la fraternité il n’y aurait pas de pauvreté, il n’y aurait pas de guerre. »

Entretien avec Jean Clouzet et Michel Delorme en 1963

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Discographie John Coltrane
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* 1946 et 1954 : First Giant Steps – RLR Records
* 1951 : Trane’s First Ride – LP Oberon
* 1956 : Tenor Conclave – Prestige/OJC
* 1957 : Dakar – Prestige/OJC
* 1957 : Coltrane – Prestige/OJC
* 1957 : Cattin’ with Coltrane and Quinichette – Prestige/OJC
* 1957 : Wheelin’ and Dealin’ – Prestige/OJC
* 1957 : Blue Train – Blue Note
* 1957 : Traneing In – Prestige/OJC
* 1957 : Plays the Blues – Prestige/OJC
* 1957 : The Believer – Prestige/OJC
* 1957 : Lush Life – Prestige/OJC
* 1957 : The Last Trane – Prestige/OJC
* 1957 : The Complete Lee Kraft Sessions
* 1958 : Soultrane – Prestige/OJC
* 1958 : Settin’ the Pace – Prestige/OJC
* 1958 : Black Pearls – Prestige/OJC
* 1958 : Standard Coltrane – Prestige/OJC
* 1958 : Bahia – Prestige/OJC
* 1958 : The Stardust Session – Prestige/OJC
* 1958 : Coltrane Time – Blue Note
* 1959 : Giant Steps – Atlantic
* 1960 : Coltrane Jazz – Atlantic
* 1960 : The Avant-Garde avec Don Cherry – Atlantic
* 1960 : My Favorite Things – Atlantic
* 1960 : Coltrane Plays the Blues – Atlantic
* 1960 : Coltrane’s Sound – Atlantic
* 1961 : Olé Coltrane – Atlantic
* 1961 : The Complete 1961 Village Vanguard Recordings – Impulse!
* 1961 : Live at the Village Vanguard: the Master Takes – Impulse!
* 1961 : The Complete Africa/Brass Sessions – Impulse!
* 1961 : The Complete Copenhagen Concert
* 1962 : Coltrane – Impulse!
* 1962 : Ballads – Impulse!
* 1962 : Bye Bye Blackbird – Pablo
* 1962 : Duke Ellington & John Coltrane – Impulse
* 1963 : John Coltrane and Johnny Hartman – Impulse!
* 1963 : Live at Birdland – Impulse!
* 1963 : Newport ’63 – Impulse!
* 1963 : Afro Blue Impressions – Pablo live -sorti en 1977-
* 1964 : Crescent – Impulse!
* 1964 : A Love Supreme – Impulse!
* 1965 : The John Coltrane Quartet Plays – Impulse!
* 1965 : Dear Old Stockholm – Impulse!
* 1965 : Transition – Impulse!
* 1965 : Living Space – Impulse!
* 1965 : Ascension – Impulse!
* 1965 : New Thing at Newport – Impulse!
* 1965 : Sun Ship – Impulse!
* 1965 : First Meditations – Impulse!
* 1965 : Live in Seattle – Impulse!
* 1965 : Om – Impulse!
* 1965 : Kulu Sé Mama – Impulse!
* 1965 : Meditations – Impulse!
* 1966 : Live at the Village Vanguard Again! – Impulse!
* 1966 : Live in Japan – Impulse!
* 1967 : Interstellar Space – Impulse!
* 1967 : Expression – Impulse!
* 1967 : Stellar Regions – Impulse!
* 1967 : The Olatunji Concert – Impulse!

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Anthologies
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* 2007 : Interplay – Prestige/Universal, 5 cd

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Avec Miles Davis
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* 1955 : The New Miles Davis Quintet
* 1956 : Workin’ with the Miles Davis Quintet
* 1956 : Steamin’ with the Miles Davis Quintet
* 1956 : Relaxin’ with the Miles Davis Quintet
* 1956 : Cookin’ with the Miles Davis Quintet
* 1956 : ‘Round About Midnight
* 1958 : Milestones
* 1958 : Jazz at the Plaza
* 1958 : Miles & Monk at Newport (sorti en 1963)
* 1959 : Kind of Blue
* 1961 : Someday My Prince Will Come

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Avec d’autres artistes
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* Paul Chambers, 1956 : Whims Of Chambers (Blue Note)
* Thelonious Monk
o 1957 : Thelonious Monk with John Coltrane
o 1957 : Thelonious Monk quartet with John Coltrane at Carnegie Hall
* Art Taylor, 1957 : Taylor’s Wailers
* Michel Legrand, 1958 : Legrand Jazz
* The Red Garland Quintet with John Coltrane, 1957-58 : Dig It!
* George Russell, 1958-59 : New York, N.Y.
* Julian Cannonball Adderley, 1959 : Cannonball Adderley Quintet in Chicago (Verve) =
Cannonball & Coltrane (Mercury)
* Duke Ellington, 1962 : Duke Ellington & John Coltrane

Mano Radio Caraïbes 

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( 19 juin, 1966 )

VÉRY Emmanuel-Décédé

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  VÉRY Emmanuel-Décédé

Emmanuel VÉRY-HERMENCE
(1904 – 1966)

Informations générales
Mandats à l’Assemblée nationale ou à la Chambre des députés
Biographie

Informations générales
M. Emmanuel VÉRY-HERMENCE

Né le 31/03/1904 à SAINTE-MARIE (MARTINIQUE – FRANCE)
Décédé le 19/06/1966 à PARIS (PARIS – FRANCE)

Mandats à l’Assemblée nationale ou à la Chambre des députés
10/11/1946 – 04/07/1951 : Martinique – Socialiste
17/06/1951 – 01/12/1955 : Martinique – Socialiste
02/01/1956 – 08/12/1958 : Martinique – Socialiste
30/11/1958 – 09/10/1962 : Martinique – Socialiste
18/11/1962 – 19/06/1966 : Martinique – Socialiste

BIOGRAPHIE

Biographie de la IVe République

VÉRY (Emmanuel, Auguste, Irénée, dit Hermence)
Né le 31 mars 1904 à Sainte-Marie (Martinique)
Décédé le 19 juin 1966 à Paris XVIIème (Seine)

Député de la Martinique de 1946 à 1958

Hermence Véry fait ses études à la faculté de médecine de Toulouse et y obtient son diplôme de médecine coloniale. Il exerce au début des années trente à la Martinique. En 1936, il adhère à la fédération socialiste qui vient d’être réorganisée et est élu conseiller général SFIO du canton de Trinité. L’année suivante, il devient président de l’assemblée départementale et le demeure jusqu’à la guerre. Depuis 1940, le haut-commissaire nommé par Pétain, l’amiral Robert, maintient les Antilles françaises dans l’obédience du gouvernement de Vichy. Au début de l’année 1943, Hermence Very entre au Comité de Libération de la Martinique, constitué par le député-maire de Fort-de-France, Victor Sévère, et participe à la libération de l’île par une population en liesse en juin 1943. Il s’engage alors dans les Forces françaises libres (FFL), et combat en France, ce qui lui vaut la croix de guerre.
Vice-président du Comité de Libération et réélu conseiller général de la Martinique en septembre, Hermence Véry est tout désigné pour mener la liste SFIO lors des élections à l’Assemblée nationale constituante, en octobre 1945. Mais avec 5 091 voix, soit 35 % des suffrages exprimés, il est battu par le candidat communiste Léopold Bissol (56,4 %), dans la deuxième circonscription. S’il ne se représente pas en juin 1946 à la seconde Assemblée nationale constituante, il tente à nouveau sa chance en novembre. Le département de la Martinique ne constitue plus qu’une seule circonscription. Hermence Véry a pour principal adversaire la liste communiste menée par le député-maire sortant de Fort-de-France, Aimé Césaire. Il est élu avec 12 647 voix, soit 22,9 % des suffrages exprimés, mais est devancé par les deux communistes, Césaire et Bissol, qui remportent 63 % des suffrages. En février 1947, il entre à la commission de la famille, de la population et de la santé publique et y siège jusqu’en 1951. Il appartient à celle des moyens de communication (1948-1950), à celle du ravitaillement (1949-1950), enfin à celle de l’intérieur (1950-1951), commission dont il est le secrétaire en 1950 et 1951. Il est également nommé juré à la Haute Cour de Justice en 1948. Il est également élu secrétaire de l’Assemblée nationale, le 11 janvier 1949.
Son activité législative est importante. Au cours de cette première législature de la Quatrième République, il dépose trois propositions de loi, deux propositions de résolution, trois rapports et trois rapports supplémentaires. Ces initiatives parlementaires portent, en particulier, sur les sinistres de la Martinique frappée par diverses catastrophes naturelles (novembre 1948 et novembre 1950) et sur le statut des personnels des services de conditionnement dans les Antilles, qu’il souhaite voir aligné sur celui de la métropole (juin et décembre 1950, février 1951). Il intervient régulièrement dans les débats sur l’Outre-mer, dans le but d’éviter les inconvénients de l’assimilation, tels que les impôts, mais qu’ils bénéficient aussi d’une législation sociale de progrès. Le 16 mars 1951, il déclare : « Je vous dit en toute liberté, en toute indépendance, que le gouvernement a parfois manqué de sollicitude à l’égard de nos départements d’Outre-mer. Il est même exact que, lors de certains votes, ma conscience a pu hésiter. Mais j’ai toujours voté pour le gouvernement (…) parce que au-dessus de notre département, il y avait la mère patrie. (…) Il est probable que les populations subiraient cet état de chose sans maugréer si elles avaient seulement le sentiment qu’on leur applique les mesures sociales métropolitaines parallèlement aux charges, mêmes accrues. Mais elles se rendent compte, au contraire, que rien n’est fait, semble-t-il, pour leur épargner l’humiliation et la suprême injure d’être considérées comme des Français de seconde zone, alors qu’elles ont toujours revendiqué la première place au moment des devoirs périlleux. Je dis bien Français de seconde zone, car pour tous les avantages résultant des lois sociales, on invoque je ne sais quel particularisme pour les restreindre et même les supprimer ». Il intervient à l’occasion de huit débats différents, défend deux amendements et, le 17 mai 1950, remplit les fonctions de rapporteur d’une proposition de résolution relative à la situation des fonctionnaires des territoires d’Outre-mer, à la suite des grèves. En séance, il vote avec le groupe socialiste le départ des ministres communistes du gouvernement Ramadier (4 mai 1947), le statut de l’Algérie (août 1947), la ratification du plan Marshall (juillet 1948), la création du Conseil de l’Europe et le Pacte atlantique (juillet 1949) et refuse un statut particulier aux écoles privées des houillères nationalisées (mai 1948). En revanche, il est autorisé par son groupe à ne pas accorder sa confiance au gouvernement Queuille, parce que ce dernier n’a toujours pas promulgué l’instauration du collège unique Outre-mer pour les prochaines élections (12 mai 1951).
En juin 1951, Hermence Véry, bien que battu aux cantonales de 1949, mène à nouveau la liste socialiste en Martinique. Dans sa profession de foi, il proclame son attachement à la République et propose des réformes économiques et sociales immédiates. Avec 11 062 voix, soit 16,8 % des suffrages exprimés, il est réélu. Mais, en comparaison avec l’année 1946, l’écart se creuse avec ses adversaires communistes, Césaire et Bissol, qui se maintiennent avec 62,8 %, alors que lui-même perd des voix au profit de la nouvelle liste du Rassemblement du peuple français (RPF). Il est membre de la commission de la justice et de la législation (1951-1955) et retrouve celle de l’intérieur (1951-1954), dont il est à nouveau le secrétaire. Il continue à œuvrer en faveur des départements ultramarins, notamment en défendant la rémunération de leurs fonctionnaires (septembre 1951, avril 1952 et juillet 1953) et en réclamant l’application du crédit agricole mutuel prévu en 1947. Pour ce faire, il dépose six propositions de loi, trois propositions de résolution et deux rapports. Il intervient à dix reprises en séance pour dénoncer, notamment, la discrimination raciale dans le traitement des fonctionnaires en poste Outre Mer (10 juin 1953), pour interpeller le gouvernement sur la situation sociale après les grèves d’août 1953, lui reprochant de ne pas tenir ses promesses. Et il met en garde l’Assemblée en ces termes : « N’abusez ni de notre patience, ni même de notre patriotisme. A défaut de révolte ou de toute idée séparatiste, vous obtiendrez la désaffection, le dégoût et le mépris pour ceux qui ne continuent la belle tradition de la France » (6 janvier 1954). Au cours de son second mandat, il défend quatre amendements et remplit les fonctions de rapporteur d’une proposition de loi concernant la rémunération des fonctionnaires des départements d’Outre-mer, combat qui lui est cher. Membre du Grand Orient de France, appartenant à la loge Tradition maçonnique de Paris, il soutient le combat laïque des socialistes et s’oppose à la loi Marie-Barangé favorable à l’enseignement privé. Avec le reste de son groupe, il approuve la création de la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA, décembre 1951), et investit le gouvernement de Pierre Mendès France (17 juin 1954). Alors que le projet d’une Communauté européenne de défense (CED) déchire le parti socialiste, et que lui-même le désapprouve en signant Contre la petite Europe cléricale et réactionnaire avec d’autres camarades, il se montre discipliné et vote avec Guy Mollet la ratification du traité, qui est néanmoins rejetée (10 août 1954).
En janvier 1956, Hermence Véry, qui a été élu maire de Sainte-Marie en 1953, conduit une liste d’Union républicaine, apparentée au Front républicain de Pierre Mendès France et de Guy Mollet. Dénonçant « la politique réactionnaire et l’immobilisme des partis de droite », et « la démagogie » du PCF qu’il qualifie de « parti national étranger », il réclame le relèvement du salaire minimum, une réforme fiscale et l’ouverture de grands travaux, entre autres. Avec 22 017 voix, soit 29,3 % des suffrages exprimés, il est élu et réduit l’écart avec ses éternels adversaires communistes (62,4 %), Césaire et Bissol, qui ont mené contre lui une campagne calomnieuse qui semble avoir choqué certains électeurs. Il revient à la commission de la justice et de la législation (1956-1957), et à celle de l’intérieur (1956-1958) où il retrouve son poste de secrétaire. Le 14 février 1956, il est nommé secrétaire de l’Assemblée nationale, poste qu’il a déjà occupé de 1949 à 1951. Et il entre également à la commission des boissons en octobre 1957, parce qu’une grave crise du rhum se fait sentir dans les Antilles et qu’il veut suivre son projet de loi autorisant le service des alcools à en acheter (mars 1956). Durant la dernière législature de la Quatrième République, il dépose deux propositions de loi et un rapport. Il intervient en séance, le 13 mars 1956, pour dénoncer les quotas qui frappent les productions de canne à sucre et de rhum, « sous prétexte » de défendre les productions métropolitaines, et qui provoquent une hausse du chômage au moment même où la Martinique connaît une importante poussée démographique. Il reprend aussi sa lutte pour améliorer le régime d’assurances sociales (février 1956) et les salaires des fonctionnaires (novembre 1956) dans les départements d’Outre-mer. Il défend un amendement tendant à fixer dans les départements d’Outre-mer, un fonds national de solidarité au même taux que dans la métropole et à l’étendre aux non-salariés (3 mai 1956). Avec son groupe, il investit le gouvernement socialiste de Guy Mollet le 5 février 1956, et soutient sa politique algérienne en lui accordant les pouvoirs spéciaux (mars 1956), qu’il renouvelle d’ailleurs au gouvernement de Félix Gaillard (novembre 1957). Il ratifie le traité de Rome instaurant la Communauté économique européenne (CEE) et l’Euratom (juillet 1957). Lors de la crise de mai 1958, qui entraîne la chute de la Quatrième République, il est retenu dans son département. Les 1er et 2 juin, alors que le groupe socialiste se divise, il s’abstient de participer aux votes sur l’investiture du général de Gaulle et sur les pleins pouvoirs que celui-ci réclame. Néanmoins, ce même 2 juin, il vote la révision constitutionnelle avec Guy Mollet et les partisans du Général.
Hermence Véry est réélu député socialiste de la Martinique en novembre 1958, au second tour, avec 10 673 voix, soit 47,1 % des suffrages exprimés. Il en est de même en novembre 1962, dès le premier tour, avec 13 278 voix, soit 62,1 % des suffrages exprimés. Dans ses campagnes électorales, il lutte contre les velléités indépendantistes des progressistes et des communistes, et préconise une véritable assimilation, grâce à la départementalisation. Le député-maire de Sainte-Marie décède en cours de mandat, le 19 juin 1966, à l’âge de soixante-deux ans.

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( 21 octobre, 1965 )

MALCOLM X-Décédé

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MALCOLM X

Biographie de MALCOLM X :
Homme politique (Américain)
Né le 19 mai 1925
Décédé le 21 février 1965 (à l’âge de 39 ans)
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Il y a 40 ans, le 21 février 1965, Malcolm X, l’une des figures les plus puissantes du mouvement noir aux USA était assassiné Orateur de talent, doté d’un esprit brillant et intuitif, ainsi que d’une grande probité morale et intellectuelle, l’ex-leader de la « Nation of Islam » ne se contentait pas de discours incantatoires. Son engagement sans relâche au service de sa communauté et des droits de l’Homme reflétait la personnalité d’un homme courageux, vertébré par de fortes convictions, et une foi inébranlable en Dieu. Nous tenterons de retracer à travers cet hommage, le parcours de ce militant exceptionnel, et d’expliquer les raisons de son assassinat.

Au crépuscule d’un jour de mai 1924, la vie intra-utérine de Malcolm fut tirée de sa douce quiétude par les violences des militants du Ku Klux Klan, abreuvés d’une haine des Noirs qu’ils dissimulaient sous la blancheur immaculée de leurs cagoules. Telle une horde sauvage, ils brisèrent les vitres de la maison familiale pour en découdre avec un père absent ce jour-ci, et dont l’épouse enceinte, terrorisée par la lâcheté de ces cavaliers, ignorait encore qu’elle portait dans son ventre les prémisses du destin fulgurant d’un fils, digne héritier de la lutte des Noirs aux USA. Malcolm Little naîtra quelques jours plus tard, le 19 mai 1925 à Omaha dans l’Etat du Nebraska. Il était le septième d’une famille de huit enfants. Son père Earl avait déjà trois enfants issus d’un premier mariage. Il était pasteur, militant de l’Association universelle pour le progrès fondée par Marcus Garvey qui estimait que seul un retour en Afrique des Noirs d’Amérique leur permettrait d’être de véritables hommes libres. Sa mère Louise était une antillaise qui avait la particularité d’avoir le teint clair en raison du viol de sa mère par un blanc. D’où les cheveux roux et la peau rougeâtre de Malcolm surnommé « red » (le rouquin). Ce qui inspirait à ce dernier un sentiment de répulsion, il avait ainsi appris « à haïr chaque goutte de sang qu’il tenait de l’homme blanc qui avait violé sa grand-mère. »

Sa famille résida plusieurs années à Omaha avant de s’installer à Milwaukee. Une ville qui sera le théâtre du premier traumatisme subi par Malcolm au cours d’une nuit de cauchemar. Il avait en effet à peine 5 ans lorsque les cavaliers récidivistes du Ku Klux Klan imposèrent impunément leur terreur. Ils mirent le feu à leur maison afin de sanctionner l’engagement du père au service d’idées jugées révolutionnaires : « Je me rappelle que nous nous retrouvâmes dehors, en pleine nuit, en caleçon, pleurant et hurlant de toutes nos forces. Les policiers, les pompiers blancs étaient là ; ils regardèrent la maison brûler jusqu’à ce qu’il n’en restât rien. » Des violences qui marqueront à jamais Malcolm. De Milwaukee, la famille Little fut contrainte de déménager à Lansing dans l’Etat du Michigan. La jeune existence de Malcolm semble être vouée à la damnation, comme pour mieux creuser le sillon d’une destinée qui lui donnera son viatique pour l’histoire.

L’année 1931 fut marquée pour lui par l’image d’une mère, nerveuse et bouleversée. Cet état psychologique fut suscité par une vision : celle de la mort de son mari, qui se confirma au cours de cette même année. La promesse du sang des cavaliers imprécateurs du Ku Klux Klan fut tenue. Le décès du père de Malcolm, dont la famille avait déjà été décimée par le meurtre de cinq de ses six frères par ces mêmes racistes, marqua le nouvel acte d’une tragédie qui frappa la dynastie Little et que rien ne vint conjurer.

Enlevé à sa famille

Le tempérament d’une mère courage émergea alors sous le coup de ce destin funeste. Confrontée sans aide à l’éducation de ses enfants, la veuve Little en perdit le goût de la vie. L’ultime épreuve fut infligée par l’assistance sociale qui s’empressa d’arracher tous les enfants à l’affection de leur mère. Seule et sous le choc de ce drame, elle perdit la raison avant d’être internée à l’hôpital psychiatrique de Kalamazoo. Malcolm X se souvient en 1957 d’une de ses visites : « Je ne peux pas vous dire ce que j’éprouvai alors. La femme qui m’avait mis au monde, choyé, conseillé, puni, aimé, ne me reconnaissait pas. Je la regardais. Je l’écoutais ‘’parler.’’ Mais je ne pouvais rien pour elle. Je crois vraiment que, si jamais famille fut détruite par l’Assistance publique, c’est bien la nôtre. Cette désintégration du foyer n’était pas nécessaire. Mais les gens de l’assistance, les tribunaux et leurs médecins nous ont donné le coup de grâce. Et nous n’étions pas les seuls dans ce cas . »

Malcolm est un adolescent sans repère, dévoré par un terrible sentiment d’injustice. Il erre dans les dédales d’une vie mouvante, d’où se profile comme un déterminisme, un horizon sans énigme qui se confond avec la couleur de son épiderme. Après un passage auprès d’une famille d’accueil blanche, le jeune adolescent atterrit dans une maison de détention à Mason, dirigée par un couple de notables blancs du Michigan : les Swerling. Cette maison de détention constituait en fait une escale avant l’entrée dans une maison de redressement. Mais grâce aux relations de Mme Swerling, Malcolm fut inscrit dans un lycée à Mason échappant ainsi à la maison de redressement. Evoquant son séjour chez le couple Swerling, Malcolm écrivait : « Devant moi, ils parlaient de tout et de rien, comme on dit n’importe quoi devant son canari. Ils parlaient même de moi, ou des niggers, comme si je n’étais pas là, comme si je ne comprenais pas le sens de ce mot. Mais ce n’était pas par méchanceté… ils ne leur est jamais venu à l’esprit que j’étais capable de comprendre, que je n’étais pas un toutou, mais un être humain. »

Au lycée blanc de Mason, Malcolm se distingua rapidement par de brillants résultats, notamment dans ses matières de prédilection que sont la littérature et l’histoire. Son professeur d’Anglais qui l’appréciait particulièrement, interrogea un jour Malcolm (à l’occasion d’une conversation après la classe), sur la profession qu’il souhaiterait exercer plus tard. Malcolm répondit « avocat » avec la naïveté d’un adolescent pour qui le rêve et l’ambition n’avaient pas de couleur. Le professeur Ostrowski invita alors le jeune élève « ambitieux » à faire preuve de plus de réalisme en le conseillant de s’orienter vers un métier manuel plus conforme à son « statut de noir ». Ce fut alors que Malcolm comprit que le noir de sa peau déterminerait plus son futur professionnel que ses bons résultats scolaires. Il décida de quitter sans regret le lycée pour rejoindre sa demi-sœur Ella à Boston. Paradoxalement, avec le recul, Malcolm jugera salvateurs les propos du professeur Ostrovski : « Je remercie Allah de m’avoir envoyé à Boston à ce moment- là, sinon je serais sans doute un chrétien noir au cerveau bien lavé. »

Au bout de l’arrestation le destin

Nouvellement arrivé à Boston, « red » ne tarda pas à préférer le ghetto au quartier de la classe moyenne noire où résidait sa demi-sœur Ella. Malcolm affiche son mépris pour ces Noirs qui aspirent à être plus blancs que blanc. Il est hanté par sa négritude dont il ne parvient pas à dessiner les contours. Sa mémoire est tourmentée par les récits de l’histoire de ses ancêtres déracinés de la terre mythique d’Afrique. Il se mit à la recherche d’un emploi et rencontra Shorty qui l’introduisit dans le milieu des cabarets de nuit de la région. Il devint cireur de chaussures dans les bals du Roseland. Il astiqua les chaussures de grands « jazzmen » tels que Duke Ellington ou Lionel Hampton. Pour l’anecdote Malcolm ne manqua jamais de rappeler avec humour, que le grand musicien Duke lui doit toujours « quinze cents pour un cirage ». Ce travail était en fait une couverture. La brosse à reluire de Malcolm dissimulait une autre activité beaucoup moins reluisante : celle de vendeur de Marijuana. Mais le rouquin dont les ambitions de délinquants se trouvaient à l’étroit à Boston, entreprit d’élire domicile dans le fameux quartier d’ Harlem à New York. Sur les nouveaux lieux de ses « exploits » d’apprenti caïd, Malcolm connut la consécration. Rompu à toutes les combines de la rue, il se construisit une réputation de petit prince de la pègre, doté néanmoins d’un véritable code d’honneur. Auréolé de ce titre, Malcolm consuma sa vie entre les filles faciles et la drogue. Mais le trône de ‘’red’’ est très convoité. La disgrâce le guette dans le ghetto. Au cœur de Harlem, Malcolm fut rapidement pris dans un règlement de compte entre les différents gangs du milieu. Menacé dans sa vie, Malcolm se replia sur Boston où il monta, en association avec son ami de toujours Shorty, une petite équipe de cambrioleurs. Son retour à Boston ne fut que la poursuite de sa vie nihiliste. Avec sa nouvelle équipe de malandrins, Malcolm étoffa son palmarès de nageur en eaux troubles, avant que son arrestation ne lui fît boire la tasse. Contrairement au film de Spike Lee, l’arrestation de Malcolm X n’a pas eu lieu alors qu il était en train de se défriser les cheveux. La véritable arrestation de Malcolm s’est déroulée ainsi : « J’avais donné à réparer une montre volée. Mes armes faisaient partie de mes vêtements, comme mes cravates. J’avais mis mon pistolet dans un étui accroché à mon épaule, sous mon manteau. J’appris par la suite que le propriétaire de la montre avait indiqué la réparation dont elle avait besoin. Une très belle montre, c’est pourquoi je l‘avais gardée pour moi. Et tous les horlogers de Boston étaient alertés. Le juif attendit d’être payé avant de poser la montre sur le comptoir. Puis il donna le signal. Un autre type apparut, du fond de la boutique, et se dirigea vers moi. Il avait la main droite dans la poche. C’était un flic, évidemment.

- Passez au fond, dit-il d’une voix calme.

- Je m’apprêtais à obéir lorsqu’un autre Noir, innocent celui-là, entra dans le magasin. J’appris plus tard qu ‘il avait fini son service militaire justement ce jour-là. Le flic pensa que c’était un associé, et se tourna vers lui.

Je demeurais là, armé, immobile, pendant que l’inspecteur, me tournant le dos, interrogeait l’autre Noir. Encore aujourd ‘hui je suis persuadé que même alors Allah était avec moi. Je n’ai pas essayé de le descendre. Et c’est ce qui m’a sauvé la vie. Je me souviens que l’inspecteur s’appelait Shark. Je levai les bras en l’air et lui fis signe :’’ Prenez mon pistolet’’ dis-je. Je le regardais faire. Il était comme hébété. En voyant entré l’autre noir, il n’avait plus pensé que je pouvais être armé. Il était vraiment très ému parce que je ne l’avais pas descendu. Mon arme à la main, il donna le signal. Deux autres inspecteurs sortirent de leurs cachettes. Ils m’avaient donc tenu en joue. Un faux mouvement et ils auraient tiré. J’ai du revenir mille fois dans mon esprit sur cette journée où j’ai échappé à la mort. C’est pourquoi je suis convaincu que tout est écrit. »

La révélation en prison

Après son arrestation, Malcolm est jugé et condamné à 10 ans de prison en février 1946. Son tempérament fougueux souffre de l’enfermement. Il ne lui reste qu‘ à méditer ses rêves de liberté dans l’exiguïté de sa cellule. Dans la prison de Charleston, il se prend d’amitié avec un détenu très respecté nommé Bimbi qui le fascine par son savoir et sa grandiloquence. En 1948, Malcolm est transféré à la prison de Concord, où il reçoit une lettre de ses frères Philbert et Reginald qui lui affirment « avoir découvert la religion naturelle de l’homme noir et lui demande de ne plus manger de porc. » Ils concluent la lettre en lui annonçant : « Que Dieu venu en Amérique était apparu à un homme nommé Elijah Mohammed. » L’année suivante, Malcolm est à nouveau transféré dans la ‘’confortable’’ prison de Norfolk dans le Massachusetts. Les détenus ont un accès sans autorisation à une bibliothèque qui avait été léguée par un millionnaire du nom de Parkhurst. Malcolm dévore tous les livres qui se présentent à lui et recopie dans son intégralité le dictionnaire. La découverte de la lecture éveille en Malcolm : « le désir profond, latent, de vivre intellectuellement. » Servi par une mémoire phénoménale, et de grandes facultés d’apprentissage, Malcolm acquiert rapidement une solide culture qui lui permet d’effectuer en prison des exposés sur l’historien grec Hérodote, le philosophe Socrate ou encore sur Shakespeare. Son esprit qui jadis divaguait sous l’effet de la drogue, exulte désormais au rythme de ses prestations intellectuelles. Il renoue également en prison avec sa négritude.

Au service de la « Nation of Islam »

A sa sortie de prison en 1952, Malcolm se précipite vers le bain turc afin d’enlever le relent de prison qui « lui collait à la peau. » Il s’installe à Détroit chez son frère Wilfried et occupe un poste dans le magasin de meuble de ce dernier. Le soir après le travail, Malcolm part prêcher dans le ghetto la doctrine véhiculée par Elijah Mohammed au sein de la « Nation Of Islam ». Il est nommé l’année suivante assistant pasteur du temple numéro 1 de Detroit. Le rouquin se prénomme désormais Malcolm X, abandonnant ainsi définitivement son nom d’esclave. Ce X, symbole de l’inconnu en mathématique, enclenche la quête identitaire de Malcolm dont l’anonymat est compté. Le recrutement de Malcolm par les Blacks Muslims constitue une véritable aubaine. Il contribue rapidement au prestige et au développement de cette organisation. La « Nation of Islam » fut véritablement créée en 1930 à Detroit par un commerçant du nom de W D. FARD qui mourut en 1934. Un autre hurluberlu, Elijah Poole succède à Fard, et substitue son nom d’esclave Poole par celui de Mohammed. La « Nation of Islam » insiste sur le comportement moral de ses adeptes et prône la séparation des races blanches et noires. Les origines de L’Islam aux Etats-Unis remontent en fait à l’arrivée des premiers esclaves d’Afrique dont certains étaient musulmans. En août 1966, dans sa préface du livre de Georges Breintman, Malcolm X, le pouvoir noir, Claude Julien rapporte le témoignage d’un correspondant du TIMES qui relate sa réception chez un riche blanc où le service domestique était assuré par des esclaves musulmans : « James Cooper (1794-1866) possédait en Géorgie cinq cents esclaves dont une douzaine au moins étaient musulmans. » Il écrivit à propos de l’un deux : « Sali Bul Ali est un strict mahométan ; il ne boit pas d’alcool, respecte certains jeûnes, en particulier celui du Ramadan. » Claude Julien poursuit en signalant : « qu‘un esclave musulman atteignit une incontestable notoriété : un certain Job, né en 1701 ou 1702 sur les rives de la Gambie, fut capturé en 1730 et expédié au Maryland où il travailla dans une plantation de tabac, s’évada, fut capturé et emprisonné. Des abolitionnistes achetèrent sa liberté et lui payèrent le voyage jusqu’en Angleterre, où il fut reçu à la Cour royale. Il rentra chez lui vers 1735 et s’adonna au commerce. Il savait le Coran par cœur. »

Le dévouement de Malcolm X et ses qualités de tribun font merveille. Il connaît une ascension fulgurante au sein de la « Nation of Islam » devenant l’objet de sollicitations régulières de la presse américaine.

En 1958, il se marie avec Betty X dans l’Indiana. De cette union naîtront 4 filles : Atilah Kubilah, Ilyasah, et Amilah. Betty disparaîtra (ironie d’un sort cruel) en 1997 suite à un incendie provoqué dans sa maison par son petit-fils prénommé Malcolm !

Trahi par les siens

La popularité de Malcolm X suscite alors beaucoup d’envieux et de jalousies parmi les dirigeants de la « Nation of Islam » dont certains s’emploient à le discréditer en faisant circuler des rumeurs d’enrichissement personnel.

Durant l’automne 1963, Elijah Mohammed profite d’une déclaration ambiguë de Malcolm X sur la mort du président Kennedy pour le suspendre 90 jours de la « Nation of Islam ». Malcolm X transforme cette suspension en une rupture. Il crée la « Muslim Mosque » (La Mosquée Musulmane) en 1964, avant de programmer son départ pour la Mecque afin de s’initier à la connaissance d’un Islam authentique. Il rencontre le docteur Chawarbi, un imminent savant musulman en poste à l’ONU qui lui remet une lettre approuvant sa candidature au pèlerinage, facilitant ainsi l’obtention d’un visa pour l’Arabie Saoudite. Au cours de ce voyage, il rédige le 20 avril 1964 à Djeddah (Arabie Séoudite) une lettre qui dépeint l’atmosphère chaleureuse et fraternelle entre toutes les races unies autour de L’Islam : « Dans le monde musulman, je venais de voir pour la première fois de ma vie des hommes à la peau blanche se conduire avec moi comme des frères. » Il est également surpris de sa notoriété et du prestige que rencontre dans le monde son combat. Il est l’hôte du prince Faycal d’Arabie Saoudite, ainsi que de prestigieux chefs d’Etats africains

A son retour de la Mecque, Malcolm X fonde l’organisation pour l’unité afro-américaine. Il prend conscience de l’intérêt de donner une dimension internationale à la lutte des Noirs aux USA. Il entreprend une autre tournée en Afrique, ponctuée par des visites de la casbah de Casablanca et de celle d’Alger, suivie d’une autre tournée au Proche-Orient. La pensée de Malcolm s’enrichit et s’ouvre sur l’universalisme. Il abandonne définitivement le projet séparatiste avec la société américaine au profit d’une transformation du système américain à même d’assurer l’émancipation de la communauté noire.

Sa rupture avec la « Nation of Islam » était en fait prévisible. Le 1er juin 1964, il déclare au magazine Jeune Afrique : « Si j’ai quitté le mouvement des Blacks Muslims, c’est parce que j’estimais qu’il était trop sectaire et que ce sectarisme finissait par paralyser son action militante. » Cette évolution idéologique forgera en partie la grandeur de Malcolm X dont la disparition précoce annihilera la nécessaire maturation d’une pensée encore naissante. Le 13 février 1965, il regagne les USA après un long périple en Europe marqué par une interdiction d’accès du territoire français par les autorités françaises qui ont agi visiblement sous la pression du gouvernement américain. Cette décision a provoqué l’indignation de Malcolm X, qui devait s’exprimer dans un rassemblement en faveur de la lutte des Noirs aux USA, organisé par des parisiens, des Afro-américains, ainsi que des militants des Caraïbes, et d’Afrique. Une interdiction d’autant plus scandaleuse, que Malcolm X avait effectué un séjour plutôt réussi en France en novembre 1964.

Il sera assassiné le 21 février 1965 dans la salle de bal Audubon. Son corps sera criblé de 13 chevrotines et de plusieurs balles : « J’ai toujours pensé que je mourrais de mort violente et j’ai fait mon possible pour m’y préparer » pressentait Malcolm X. Deux membres des Black Muslim : Norman 3x Butler, Thomas 15 X Johnson, et Talmadge Hayer seront condamnés à la prison à vie, le 14 avril 1966 pour le meurtre de Malcolm X. Ses obsèques se déroulèrent devant une foule immense. Malcolm X fut enterré au cimetière de Farncliff à New-York. Sur la plaque de son cercueil fut gravé : « El Hadj Malik ‘’El-Shabazz-19mai1925-21février1965. » Sa fille de 6 ans Attilah exprima avec candeur son chagrin à travers une lettre : « Cher papa, je t’aime tant, mon Dieu, mon Dieu, comme je voudrais que tu ne sois pas mort. »

Qui sont les véritables commanditaires de l’assassinat de Malcolm X ?

Jusqu’à ce jour les commanditaires de l’assassinat de Malcolm X n’ont jamais été clairement identifiés. Cependant, l’hypothèse d’une action concertée entre Le « FBI » et la « Nation Of Islam » n’est pas à exclure. Ces deux milieux avaient en effet quelques intérêts à la liquidation de Malcolm X. Depuis 1964, date de sa rupture avec la « Nation of Islam », Malcolm X ne se privait pas de dénoncer la corruption et le charlatanisme des dirigeants de cette organisation. Dans un entretien accordé le 8 janvier 1965 au Young Socialist, il déclare que : « La « Nation Of Islam » ne prend aucune autre part dans la lutte des noirs de ce pays pour changer leurs conditions, si ce n’est celle d’offrir une force morale pour amener nos gens à cesser de se saouler ou de se droguer. C’est insuffisant une fois sobre, vous restez pauvre(…) Tous ces militants déterminés ont été paralysés par une organisation qui ne prend aucune part active dans aucun combat. » Pire encore pour la « Nation of Islam », dans un discours daté du 3 avril 1964 prononcé à l’église méthodiste de Cory, Malcolm X soulignait son impuissance en offrant une alternative politique crédible à la lutte des Noirs : « Pour terminer, j’aimerais vous dire quelques mots de la « Muslim Mosque » que nous avons récemment fondée à New-York. C’est vrai nous sommes musulmans, notre religion est l’Islam, mais nous ne mélangeons pas notre religion et notre politique (nous ne les mélangerons plus). Une fois nos offices terminés, nous nous engageons, en tant que musulmans, dans l’action politique, l’action économique et l’action sociale et civique. Nous y participons en tous lieux, en tous temps, et de toutes les façons aux côtés de tous ceux qui luttent pour mettre un terme aux maux politiques, économiques et sociaux, qui affligent notre communauté. » D’autre part, quelques jours avant son assassinat, Malcolm X menaça au cours d’un meeting à Détroit organisé par l’Afro-American Broadcasting Compagny de faire des révélations sur les dirigeants de la « Nation of Islam » : « Ils ont ouvert la polémique contre moi et qui plus est, tenté de me réduire au silence, parce qu’ils n’ignorent pas ce que je sais sur leur compte. A mon avis, ils devraient me connaître assez bien pour savoir qu’ils ne parviendront sûrement pas à me faire peur. Mais lorsque je révèlerai ce que je sais, il est des faits relatifs à la Nation of Islam qui vous scandaliseront, lorsque vous en aurez connaissance. »

Le tournant idéologique de Malcolm X dérange

Dans une correspondance rédigée depuis Lagos (capitale du Nigéria) le 10 mai 1964, Malcolm X confirme clairement son évolution qui l’amène à transcender le clivage racial entre Noirs et Blancs : « ‘Le Coran fait au monde et au musulman une obligation de prendre le parti de ceux dont les droits humains sont violés, quelle que soit la conviction religieuse des victimes. La religion de l’Islam tient à cœur les droits de tout le genre humain, sans distinction de race, de couleur ou de croyance. Pour elle, tous (et chacun) sont membres d’une seule et même famille, la famille humaine. »

Cette évolution de la pensée de Malcolm X s’accompagne d’une nouvelle stratégie politique. Il décide de projeter la question du statut des Noirs américains au delà des frontières américaines, à travers la recherche de soutiens et de relais à son combat sur une scène internationale marquée alors, par l’émergence de nouvelles nations en lutte contre toutes les formes d’impérialisme et de colonialisme : « La seule façon dont nous nous libérerons passe par notre identification avec les peuples opprimés du tiers monde.(…) quand les 22 millions d’Américains noirs s’apercevront que nous avons le même problème que les opprimés du Vietnam du Sud, du Congo et de l’Amérique Latine – étant donné que les opprimés constituent la majorité et non la minorité sur cette terre, nous serons amenés à envisager notre problème en majorité capable de revendiquer et non plus en minorité réduite à la mendicité. » (Meeting à New-York, salle Audubon, le 20 décembre 1964)

Le tournant idéologique opéré par Malcolm X (abandon du projet fantaisiste de séparatisme, passage du nationalisme noir à l’universalisme, déplacement de la lutte des Noirs à un niveau plus politique) conférait à son combat une efficacité et un réalisme qui faisait de lui un opposant redoutable à certains cercles du gouvernement américain. Malcolm X ne manquait jamais de fustiger la politique étrangère américaine. Sur le plan intérieur, il renvoyait dos à dos les partis républicain et démocrate en plaidant pour un vote noir indépendant, ainsi qu ‘il a annoncé au cours du Harvard Law School Forum le 16 décembre 1964 : « Il faut que nous acquérions une meilleure compréhension de la science politique et que nous nous fassions inscrire sur les listes électorales. Nous ne devons pas prendre, de quelque façon que ce soit, fait et cause pour l’un quelconque de ces partis. A mon avis, nous devrions limiter notre action politique à la situation donnée, sans du tout chercher à nous identifier ou à nous vendre à l’un des deux partis, mais en nous engageant dans une action politique consacrée au bien des êtres humains et destinée à en finir avec toutes ces injustices. » L’évolution idéologique de Malcolm X enlevait en fait tout argument de « diabolisation » à ses ennemis qui souhaitaient le confiner dans une marginalisation stérile. Bénéficiant d’une aura internationale, il devenait un interlocuteur et un acteur politique crédible de la société américaine. Ce qui explique qu’il était sous la surveillance permanente du FBI et de la CIA dont Malcom X n’avait de cesse de dénoncer : « On nous surveillait. Nos téléphones étaient sur table d’écoute. Aujourd’hui encore, si je devais parler au téléphone de bombarder l’empire State Building, je vous garantis que ce gratte-ciel serait cerné dans les cinq minutes ». Le journaliste Alex Haley (auteur du fameux roman Racine transposé en feuilleton à l’écran) avec qui il rédigea son autobiographie, rappelait qu’avant de rentrer chez lui, Malcom X prononçait la formule rituelle « Allo ! allo ! le FBI, vous êtes branchés ? Parfait, ici Malcolm X. »

Cette surveillance du FBI n’est que le compartiment d’un programme de contre-espionnage mis en place en 1956 et surnommé le Cointelpro. Ce programme qui avait été initialement élaboré en direction des sympathisants et militants du parti communiste américain, sera prioritairement orienté en 1967 vers les mouvements noirs. Le FBI a ainsi défini en des termes pour le moins explicites la mission du Cointelpro qui : « est de démasquer, briser, fourvoyer, discréditer, ou au moins neutraliser les activités des organisations nationalistes noires qui prêchent la haine. » L’objectif du Cointelpro tel qu‘il a été assigné en 1967, visait à l’époque un des principaux mouvements nationalistes noirs influencé par Malcolm X : les Blacks Panthers, (Blacks Panthers Party fondé en Californie par deux étudiants en droit : Huey P.Newton et M.Bobby Seale). Certes ce programme intervient deux années après la mort de Malcolm X, mais il démontre la volonté notoire du FBI de recourir à toutes les méthodes de répression y compris le crime pour étouffer toute voix contestataire noire du système américain.

L’ignoble Hoover, responsable du FBI durant cette période n’avait-il pas rédigé une note qui annonçait clairement que : « Le Cointelpro doit empêcher la naissance d’un messie qui pourrait unifier et électriser le mouvement nationaliste noir (…) Il faut faire comprendre aux jeunes Noirs modérés que, s’ils succombent à l’enseignement révolutionnaire, ils seront des révolutionnaires morts (…) ne vaut-il pas mieux être une vedette sportive, un athlète bien payé ou un artiste, un employé ou un ouvrier plutôt qu‘un Noir qui ne pense qu’à détruire l’establishment et qui, ce faisant, détruit sa propre maison, ne gagnant pour lui et son peuple que la haine et le soupçon des Blancs ! »

Malcolm X qui se définissait comme le Noir « le plus en colère de l’Amérique » reste une des figures les plus emblématiques de la lutte des Noirs contre l’oppression, et le racisme. Il a inscrit son nom dans le panthéon des personnalités musulmanes du siècle précèdent. Sa méfiance viscérale de tous les pouvoirs honorait un homme pour qui la défense de son idéal avait le prix du sacrifice. Son combat désintéressé et sans compromission était marqué du sceau de la foi en Dieu. Ainsi dans son autobiographie, il concluait le dernier chapitre sur ces paroles : « Si je meurs en ayant apporté la plus petite lumière, la plus petite parcelle de vérité, si je meurs en ayant pu contribuer à détruire le cancer raciste qui ronge la chair américaine, alors, tout le mérite en revient à Allah. Ne m’imputez que les erreurs. » Rien, pas même l’ombre de la mort, ne venait altérer la détermination d’un homme mû par de puissantes convictions et dont la bravoure n’avait d’égale que son immense humilité. La rigueur morale de son engagement demeure un modèle dont feraient bien de s’inspirer certaines associations musulmanes membres du CFCM, qui restent figées dans une mentalité tribale. Elles préfèrent, au détriment de l’intérêt général de la « communauté », s’investir dans une course au leadership, susceptible d’offrir un strapontin à même d’assouvir les ambitions personnelles d’individus dénués de modestie et dominés par un besoin irrépressible de faire briller leur pâle étoile. Mais l’Imâm Ali n’affirmait-il pas : « Aktar Masâri al-uqûl tahta burûq al-matâmi ! » Que d’effondrements sous les éclairs des ambitions !
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( 15 février, 1965 )

Nat « King »COLE-Décédé

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 Nat « King »COLE-Décédé

COLE Nathaniel Adams Nat « King ». 

Chanteur, pianiste et chef d’orchestre américain (Montgomery, Alabama, 17-3-1917 / Santa Monica, Californie, 15-2-1965). Fils de pasteur et initié au jazz par son frère qui joue de la contrebasse, il fait donc ses débuts au sein des Eddie Coles Solid Swingers. En 1936, il quitte son aîné pour accompagner la revue « ShufRe Along ». Installé en Californie, il s’y produit d’abord en piano solo. 1939 : avec Oscar Moore (g) et Wesley Prince (b), il forme les King Colés Swingsters que complète la chanteuse Bonnie Lake. L’année suivante, le trio enregistre avec Lionel Hampton et, célèbre, obtient une émission de radio quotidienne sur NBC. Le pianiste continue d’enregistrer avec les meilleurs jazzmen, participe aux tournées du Jazz At The Philharmonie (en 1946 sous le pseudonyme de Short y Nadine) et fait partie en 1946 du Metronome Ali Stars. Parallèlement, le trio change, et devient quartette avec un joueur de bongos (Jack Constanzo) : à la basse, Johnny Miller (1943), Joe Comfort (1949-50) et Charlie Harris (1952) succèdent à Red Callender ; les guitaristes sont successivement Irving Ashby (1947) et John Collins (1952-56) et les batteurs, Lee Young et Bunny Shawker. En 1956, le trio enregistre avec, en solistes invités, Harry Edison, Willie. Smith, Juan Tizol et Stuff Smith. Mais peu à peu Ia popularité du chanteur de charme éclipse le pianiste de jazz et c’est comme soliste vocal que King Cole est la vedette d’un disque avec l’orchestre de Count Basie. Devenu à force de hits une star hollywoodienne, il participe à de nombreux films, dont « The Blue Gardenia» « 

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La Femme au gardénia », Fritz Lang, 1953), « Istanbul» (1956) et « Saint Louis Blues» (1958), où il joude rôle de W. C. Handy. Il meurt des suites d’un cancer à la gorge. Chanteur au timbre doux et d’une rare profondeur, aux inflexions tendres ou ironiques, et d’une exceptionnelle précision rythmique, il a un répertoire aussi éclectique que sa carrière : des standards et classiques du jazz aux rengaines Ies plus sirupeuses en passant par tous les sucées de Broadway et emprunts à la chansonnette latino-américaine. Quant au jazz proprement dit, la portion de sa carrière qui le concerne se situe entre 1940 et 1950. Influencé par Earl Hines et Teddy Wilson, il a développé un style pianistique fait.de broderies véloces et subtiles à la main droite ponctuées de brusques accords joués à la main gauche, le tout enveloppé d’un swing nerveux et vivace. Là aussi, son répertoire s’étend jusqu’à des thèmes insipides qu’il réussit à aviver sans trop les transformer, d’où son succès auprès du grand public. Enfin, la formule de son trio, fondé sur l’habile entrelacement piano¬guitare, n’allait pas manquer de faire école. (Sa veuve, Marie Cole, a publié sa bio¬graphie en 197.1.) – C.B.

En trio: Sweet
Lorraine (1940), Straighten Up And Fly Right (1943), Route 66(1945); You Can 
. Depend On Me (International Capitol Jazzmen, 1945); 1 Want To Be Happy (Lester Young, 1945); Body And Soul (JATP, 1946); piano solo: Poor Butterfly (1947), Down By The Old Mill (1952). 

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COLE Richard Richie. Saxophoniste (alto, ténor et baryton) américain (Trenton, New Jersey, 29-2-1948). Son père tient un club de jazz. Dès cinq ans, fasciné Discographie

Albums

  • 2006 Unforgettable [Castle]

  • 2006 Best of Nat King Cole [Cherished Class] 

  • 2005 Mona Lisa [Pulse]

  • 2005 Christmas Song [Bonus Tracks]

  • 2003 Stepping out of a Dream

  • 2003 Nat King Cole at the Sands [Bonus Tracks] 

  • 2003 In the Beginning [Bonus Tracks] 

  • 2002 Sharing the Holidays With Nat King Cole and Friends 

  • 2002 Nat King Cole at the Sands [Reissue] 

  • 2002 Got a Penny

  • 2002 Embraceable You [Prestige]

  • 2002 Destination Moon

  • 2001 Jazz at the Philharmonic

  • 2001 After Midnight [Bonus Tracks]

  • 1999 Live at the Circle Room

  • 1996 Christmas Song [CEMA]

  • 1995 Merry Christmas from Cole & Fitzgerald

  • 1995 Magic of Nat King Cole

  • 1995 Live

  • 1995 Favorite Ballads [Excelsior]

  • 1995 Christmas with Nat and Ella

  • 1995 Christmas Is for Kids

  • 1995 32 Live Original Songs

  • 1994 Sweet Georgia Brown

  • 1992 Christmas Song

  • 1991 Sweet Lorraine [Huub]

  • 1991 Canta Español

  • 1990 Spanish, Vol. 2

  • 1990 Spanish, Vol. 1

  • 1989 Nat King Cole: The Great Films and Shows 

  • 1989 Let’s Pretend

  • 1988 Christmas with Nat « King » Cole

  • 1987 Unreleased Nat King Cole

  • 1984 Trio Days

  • 1981 Walkin’ My Baby Back Home

  • 1981 Nat King Cole: The Cool Cole 

  • 1978 Nat King Cole Sings His Songs from « Cat Ballou » 

  • 1974 Love Is Here to Stay

  • 1971 White Christmas

  • 1969 There, I’ve Said It Again

  • 1969 Smile

  • 1967 Thank You, Pretty Baby

  • 1967 Sincerely

  • 1967 Beautiful Ballads

  • 1966 Nat King Cole Sings Hymns and Spirituals 

  • 1966 Nat Cole at J.A.T.P., Vol. 2 

  • 1966 Nat Cole at J.A.T.P., Vol. 1 

  • 1966 Great Ones!

  • 1965 Songs from Cat Ballou and Other Motion Pictures 

  • 1965 L-O-V-E

  • 1964 Let’s Face the Music!

  • 1964 I Don’t Want to Be Hurt Anymore 

  • 1963 Where Did Everyone Go?

  • 1963 Top Pops

  • 1963 Those Lazy-Hazy-Crazy Days of Summer 

  • 1963 Sings My Fair Lady

  • 1963 Nat King Cole Sings the Blues, Vol. 2 

  • 1962 Ramblin’ Rose [Capitol]

  • 1962 Nat King Cole Sings the Blues, Vol. 1 

  • 1962 More Cole Español

  • 1962 Dear Lonely Hearts

  • 1961 Touch of Your Lips

  • 1961 String Along with Nat « King » Cole 

  • 1961 Nat King Cole Sings/George Shearing Plays 

  • 1960 Wild Is Love

  • 1960 Tell Me All About Yourself

  • 1960 Nat King Cole at the Sands 

  • 1960 Magic of Christmas

  • 1960 Every Time I Feel the Spirit 

  • 1959 Welcome to the Club

  • 1959 Mis Amigos

  • 1958 Very Thought of You

  • 1958 To Whom It May Concern

  • 1958 Swingin’ Side

  • 1958 St. Louis Blues

  • 1958 Cole Espanol & More, Vol. 1

  • 1957 This Is Nat « King » Cole

  • 1957 Love Is the Thing (And More) 

  • 1957 Love Is the Thing

  • 1957 Live 1957 Broadcast

  • 1957 Lester Young-King Cole Trio

  • 1957 Just One of Those Things [LP] 

  • 1957 Just One of Those Things

  • 1957 After Midnight

  • 1956 Piano Style of Nat King Cole [LP] 

  • 1956 Piano Style of Nat King Cole 

  • 1956 Ballads of the Day

  • 1955 Vocal Classics

  • 1955 Sings for Two in Love [12-Inch LP Version] 

  • 1955 Penthouse Serenade [12-Inch LP Version] 

  • 1955 Nat « King » Cole Sings

  • 1954 Sings for Two in Love (And More) 

  • 1952 Penthouse Serenade [10-Inch LP Version] 

  • Image de prévisualisation YouTube 

  • 1952 Penthouse Serenade

  • 1950 Nat King Cole at the Piano 

  • 1948 King Cole Trio, Vol. 3

  • 1946 King Cole Trio, Vol. 2

  • 1944 King Cole Trio [Capitol]

  • (I Love You) For Sentimental Reason, février 1947

  • Nature Boy, mai/juin 1948

  • Mona Lisa, juillet/août 1950

  • Too Young, juin/juillet 1951

  • Mano Radio Caraïbes 

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