( 12 juillet, 2001 )

Paul Eugène Magloire-Décédé

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 Paul Eugène Magloire-Décédé

 Paul Eugène Magloire Né le 19 Juillet 1907 –

Décédé  le 12 juillet 2001- a été un dirigeant militaire haïtienne de 1950 à 1956.

Paul Eugène Magloire, 30ème président d’Haiti et 33ème chef d’état (les gouvernements militaires éphémères on été exclus du comptage) naquit le 19 Juillet 1907 à Quartier-Morin, commune du Cap-Haitien, dans le Département du Nord. Fils du général Eugène Magloire et de son épouse née Philomène Matthieu, le jeune Paul fit ses études secondaires classiques au Lycée Philippe Guerrier du Cap-Haitien. Après une brève carrière dans l’enseignement, il s’enrôla en 1930 à l’Académie Militaire de Port-au-Prince. Il en sortit un an plus tard et reçut sa première commission comme sous-lieutenant. Il sera promu lieutenant en 1933.

En 1935, il se retrouva au Cap-Haitien comme sous-commandant de ce district militaire, position qu’il maintint jusqu’en 1938 quand il fut promu au grade de capitaine et au poste de commandant de ce même district. L’année suivant, il reçut un diplôme de l’École de Droit de Port-au-Prince.

En 1941, il fut transféré à Port-au-Prince au poste de commandant du Pénitencier National (aussi connu sous le nom de Grand Prison), et en 1944, devint le chef de la police de Port-au-Prince. La même année, il fut promu Major et nommé commandant des forces militaires du département de l’Ouest.

A Port-au-Prince, il se frotta avec l’élite haïtienne, se familiarisa avec le mécanisme de l’engrenage politique et arriva même à maîtriser les rouages. Deux occasions lui auraient été donc présentées pour mettre à profit son apprentissage et son expérience politiques.

La première se présenta aux premiers jours de Janvier 1946, quand la population se souleva contre le président Elie Lescot, il entra en scène, et appuyé par un petit groupe d’officiers, finit par convaincre le président en difficulté d’abandonner le pouvoir aux mains d’une junte de trois membres dont lui-même (les deux autres étant le colonel Frank Lavaud et Antoine Lévelt). Au sein de ce gouvernement provisoire, il occupa la fonction de ministre de la Sécurité et de la Défense Nationale. Il occupa la même fonction quand le même triumvirat refit son apparition en 1950, à la suite du coup d’état contre Estimé.

Si, en 1946, Lavaud fut le personnage dominant de la junte, en 1950, cette dernière se retrouva entièrement au service du colonel dont les actions, depuis 1946, ne visait que l’accession à la présidence. Ainsi, quelques mois après le coup d’état et dans le but de se faire élire aux élections devant lieu le 8 Octobre 1950, Magloire démissionna de la junte et se déclara candidat à la présidence. Seul candidat d’importance, le « colonel qui a une histoire, beaucoup d »ambitions et pas de parti » (Constitutions et luttes de pouvoir tome 2, p. 308), et qui se trouve appuyé par l’armée et l’élite mulâtre écartée des affaires de l’état à la suite des événements de 46, devint une force incontournable qui triompha facilement de son opposant, un architecte d’obédience estimiste nommé Fénélon Alphonse, devenant ainsi le premier président haitien élu au suffrage universel.

Après trois jours de festivités, le colonel reçut l’écharpe présidentielle le 10 Décembre 1950, armé d’une constitution fraîchement adoptée (voir: 28 Novembre), et résolu d’ouvrir les portes du gouvernement aux classes négligées après 1946. Certains se plaisent à dire que Haiti connut sa période de gloire et son âge d’or pendant son mandat, période également qualifiée de « kermesse ». Il faut donc admettre que, à coté de sa politique de conciliation des classes, le président Paul Eugène Magloire se démena pour doter le pays d’une certaine infrastructure. La stabilité politique qui marqua au moins les premières années de son régime, la modernisation du pays qui attirèrent des contingents de touristes et bon nombre de capitaux étrangers stimulèrent l’économie. C’est dans ce contexte de boom et dans une atmosphère de pompe et de faste qu’il célébra les cent-cinquante ans (le tri-cinquantenaire) de l’Indépendance en Janvier 1954.

Magloire prêta aussi une certaine attention aux classes défavorisées en construisant dans les quartiers populaires des cantines et autres oeuvres à caractère social. Il n’a pas pu cependant réaliser tous ses projets. Par exemple, il n’a pas pu finaliser la construction du barrage de Péligre qui, de son bassin de 69 mètres de haut et 328 de largeur, devrait irriguer toute la plaine de l’Artibonite et faire fonctionner une centrale électrique.

Sur le front politique, Magloire gouverna d’une main ferme en acceptant très peu de dissidences. Par exemple, il musela ses opposants, et dans certains cas les persécuta ou les emprisonna. François Duvalier lui-même, dut, à plusieurs reprises, se mettre à couvert, et Fignolé, le populiste leader des années 50, fut emprisonné. Sa manière de court-circuiter ses opposants, les syndicalistes et les protestateurs lui a valu le titre de « kanson fè » (pantalon de fer). Mais la repression n’atteignit ni l’ampleur ni l’aveuglement de celle instaurée par le régime de 1957.

Quand, en Décembre 1956, Magloire accepta, à contre-coeur, de démissionner sous la poussée de revendications populaires et par suite du manque de support de quelques-uns de ses frères d’armes, le pays fut plongé dans une crise qui persista au-delà des gouvernements provisoires qui s’ensuivirent et de l’élection de 1957. A son départ d’Haiti, il demeura quelque temps à la Jamaïque avant de se rendre aux Etats-Unis où il résiderait jusqu’en 1986.

Quoiqu’il ne s’est presque jamais adressé directement au peuple haïtien pour l’inviter à s’opposer au régime de 1957, le gouvernement de François Duvalier l’accusa, dans les premières années du régime, d’avoir organisé l’opposition et le rendit responsable des premières vagues d’incursions des opposants et de la tentative du coup d’état du 29 Juillet 1958. Pour ce, il fut déchu de sa citoyenneté haïtienne. Celle-ci ne sera retablie qu’après le départ de Jean-Claude Duvalier en 1986. A son retour en Haiti, cette même année. il reçut du CNG dirigé par le général Henri Namphy, un accueil digne d’un ancien chef d’état. Il devint même un conseiller spécial de ce dernier.

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